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Smecta, fézolinétant, géfapixant… La revue « Prescrire » publie une liste de 108 médicaments « à éviter »... |
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Plus d’une centaine de médicaments sont jugés plus dangereux qu’efficaces par la revue médicale « Prescrire », qui appelle à les éviter à tout prix, dans son dernier bilan publié lundi 1er décembre 2025. © HENRIQUE CAMPOS / Hans Lucas via AFP
La revue médicale indépendante « Prescrire » a rendu public, lundi 1er décembre, son bilan des médicaments « à éviter à tout prix ». Au total, 108 traitements figurent sur cette liste, dont 89 commercialisés en France.
Dans un nouveau bilan publié lundi 1er décembre 2025, la revue médicale indépendante Prescrire cible 108 médicaments, dont 89 sont commercialisés en France. Elle appelle à les éviter pour mieux soigner.
Une balance bénéfices-risques « défavorable »
« Les principales raisons qui font qu’une balance bénéfices-risques est défavorable sont expliquées au cas par cas. Quand de meilleures options existent, nous les exposons brièvement. Parfois, il s’agit d’une situation clinique, grave ou non, pour laquelle aucun autre traitement avec une balance bénéfices-risques favorable n’est connu, et nous le mentionnons aussi », précise la revue.
Certains sont pointés du doigt de longue date, comme le Smecta, présent dans de nombreux foyers et utilisé contre les diarrhées, les brûlures gastriques ou les reflux gastro-œsophagiens. Or, il est jugé largement inefficace par la revue et potentiellement toxique par la présence de plomb dans sa composition.
Cette année, quatre traitements font leur entrée dans la liste, couvrant un large champ, de la cardiologie à la gynécologie. Il s’agit de l’andexanet alfa, de la chondroïtine, de le fézolinétant et du géfapixant. Ils « exposent à des effets indésirables disproportionnés au regard d’une absence de démonstration d’efficacité clinique, d’une efficacité incertaine ou trop modeste par rapport à un placebo », résume la revue.
Le fézolinétant peut entraîner de graves hépatites, selon la revue
Si l’andexanet alfa, de l’américain Alexion, n’est pas disponible en France, les trois autres sont susceptibles de se retrouver dans de nombreuses armoires à pharmacie, puisqu’ils répondent à différentes affections chroniques.
Le chondroïtine est proposé dans le cadre du traitement de l’arthrose (rhumatismes). Outre le manque de preuve d’efficacité clinique, Prescrire affirme qu’il expose à des effets indésirables parfois graves, dont des troubles cutanés, des troubles digestifs, des sensations vertigineuses et de rares angiœdèmes et œdèmes de Quincke.
Le fézolinétant, commercialisé sous le nom Veoza par le laboratoire néerlandais Astellas, est utilisé pour éviter les bouffées de chaleur aux femmes ménopausées. Or, selon Prescrire, la balance bénéfice-risque est défavorable : il peut entraîner, chez certaines femmes, de graves hépatites. Un risque qui ne justifierait pas d’utiliser ce médicament tout juste arrivé dans l’arsenal des gynécologues.
Enfin, le géfapixant est autorisé chez les patients gênés par une toux chronique réfractaire ou d’origine inexpliquée. Il a une efficacité incertaine sur ces toux, et au mieux modeste, expose Prescrire. Et il peut entraîner des troubles du goût très fréquents, des infections respiratoires dont des pneumonies ainsi que des lithiases urinaires.