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Saumur. Les fondateurs du restaurant Les Ménestrels reviennent sur 33 ans d’une vie... |
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Saumur. Les fondateurs du restaurant Les Ménestrels reviennent sur 33 ans d’une vie
Les époux Catherine et Christophe Hosselet, fondateurs du restaurant gastronomique Les Ménestrels, passent le relais. Ils reviennent sur ces trente-trois années d’aventure.
Ils auront vécu trente-trois ans d’une belle aventure et s’apprêtent à tourner la page. Catherine et Christophe Hosselet, qui tiennent le restaurant les Ménestrels à Saumur, vont quitter à la fin du mois salle et fourneaux pour une nouvelle vie. Ils se souviennent parfaitement de ces premiers jours de mai 1986, quand ils ont pris les manettes de cet établissement créé de toutes pièces par Yves Touzé, le propriétaire de l’hôtel mitoyen Anne-d’Anjou.
« Nous tenions une petite auberge près de Restigné dans l’Indre-et-Loire. Il était client chez nous et nous avait proposé de prendre le restaurant qu’il voulait créer »
. C’est ainsi que les jeunes époux Hosselet, à 25 et 29 ans, se sont retrouvés à la barre du premier restaurant gastronomique de Saumur. « Nous n’avions pas conscience de ce qui nous attendait. Et surtout on était loin d’imaginer faire trente-trois ans ici »
, assure Catherine, qui ne regrette rien pour autant.
« Dès le départ, nous avons misé sur la qualité des produits »
Très vite, dans cette ancienne ruine de la rue Raspail, les gourmets ont trouvé la table à leur goût. « Dès le départ, nous avons misé sur la qualité des produits
, se souvient le chef Christophe Hosselet. Au fil des années, nous nous sommes toujours remis en question. Nous avons changé notre façon de faire la cuisine »
. Le couple a en effet dû s’adapter à l’évolution de la clientèle et faire évoluer sa carte pour se mettre au goût du jour. « On a des cartes beaucoup plus courtes qu’au départ. Avant, on faisait tout, le pain, les chocolats… »
Le restaurant a toujours tourné grâce à une équipe de huit à dix personnes.
À l’heure de passer le relais, Christophe et Catherine Hosselet se remémore cette autre époque où leur restaurant accueillait beaucoup de repas d’affaires. Ce temps marqué du sceau du XXe siècle où les marchés se concluaient à la fin d’un bon repas, avec cigares et digestifs.
Place aux jeunes
Il y en a eu des moments de doute, en trente-trois années d’activité. « On a avancé, ensemble, avec l’équipe, en se nourrissant de ce que nous apportaient nos salariés et les retours des clients. On a construit l’identité du restaurant. Si on est encore là , c’est grâce à cette rigueur. Et ça n’a pas toujours été facile. On est fiers de ce qu’on a fait »
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Au rang des beaux souvenirs liés à ce choix de vie exigeant, Catherine Hosselet évoque la première personnalité qu’elle a servie dans son restaurant. « Jean Marais, qui avait laissé un petit mot dans le livre d’or »
. Plus récemment, c’est Jude Law qui est venu en famille. Feu Léon Zitrone n’a quant à lui pas laissé une bonne image de lui en ces lieux… La relation avec « tous les clients gentils inconnus qu’on adore »
a également nourri la restauratrice, qui peine à comprendre qu’elle va changer de vie. « J’aime mon métier »
, explique aussi Christophe Hosselet. Il rêve d’une retraite sur la côte atlantique. « On va vivre autrement et laisser la place aux jeunes »
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