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REPORTAGE. À La Réunion, la vanille est malmenée par les crises climatiques

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photo  patrick fontaine cultive de la vanille depuis 30 ans à` la re´union.  ©  ouest-france, jéromine doux 1

Patrick Fontaine cultive de la vanille depuis 30 ans à` La Re´union. © Ouest-France, Jéromine Doux

Le cyclone Garance a endommagé près de 50 % de la production de vanille de La Réunion. Depuis quelques années, les gousses sont malmenées par les épisodes de sécheresses intenses ou les plus diluviennes.

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À quelques centaines de mètres du littoral, au milieu de la forêt de Mare Longue, à Saint-Philippe (Réunion), Patrick Fontaine attrape la feuille d’un plant de vanille. « Ça c’est bon à jeter, lance l’agriculteur de 57 ans, chapeau de paille sur le crâne et bottes en plastique aux pieds. Les feuilles sont devenues molles. On va peut-être pouvoir récupérer quelques gousses, mais le plant est fichu. »

Depuis le passage du cyclone Garance le 28 février 2025, le « paysan » comme il se définit, déplore « 50 à 60 % de pertes » sur son exploitation. « Le cyclone Belal, en janvier 2024 avait déjà bien secoué notre vanille. Mais Garance (le 28 février dernier) a fini le travail », lance l’agriculteur du sud de La Réunion, qui possède 37 ha, dont 8 de vanille et produit en moyenne 1,5 tonne de gousses.

Sur son exploitation comme sur celles des 200 petits producteurs réunionnais, les épisodes de sécheresse extrêmes et les pluies diluviennes de ces dernières années mettent aussi à mal la production. D’autant qu’il faut attendre en moyenne quatre ans pour récolter les premières gousses après avoir planté. « Par le passé, on a connu des climats exceptionnels, avec des sécheresses sévères. Mais aujourd’hui, ça n’a plus rien d’exceptionnel. Depuis 4 à 5 ans, on ne sait jamais comment la météo va évoluer », souligne Patrick Fontaine, installé depuis une trentaine d’années.

Une production divisée par trois en 2024

Pour Isaac Mitchell, technicien agricole de l’association de valorisation de la vanille de l’île de La Réunion, « le surplus d’humidité engendre une perte de liane à cause de la pourriture et des champignons qui se développent. Et les sécheresses prolongées diminuent la production de fleurs et donc de gousses. »

En 2024, alors que l’île a connu une forte sécheresse de juillet à novembre, la filière a vu chuter sa production. Selon les chiffres de l’association, qui représente la moitié des planteurs, la quantité récoltée est passée de plus de 3 tonnes en 2023 à moins d’une tonne l’année suivante. Et le cyclone Garance, le 28 février dernier, a impacté « 50 % des plants à l’échelle de l’île », indique le technicien agricole. Aujourd’hui, les parcelles sont donc, pour la grande majorité, en renouvellement.

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Des adaptations

Pour permettre aux agriculteurs d’avoir des plants plus résistants au changement climatique, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) travaille sur des variétés hybrides, et notamment plus résistantes à la sécheresse. « Nous souhaitons proposer de la diversité aux agriculteurs afin que la totalité de la production ne soit pas décimée en cas d’épisode climatique extrême », souligne Carine Charron, généticienne au Cirad et responsable de la collection de vanilliers du Centre de ressources biologiques.

Pour s’adapter, Patrick Fontaine a, lui, investi dans une cuve de 100 000 litres qu’il remplit avec de l’eau de pluie. Pour limiter les dégâts causés par les cyclones, il envisage par ailleurs de mixer davantage les cultures et de se servir de ses canneliers – particulièrement résistants aux vents violents – comme de brise-vent autour des plants de vanille. « On sait aussi que si on descend tous les plants, les dommages seront moins importants. C’est ce qu’on fait au moment de chaque saison cyclonique », poursuit le producteur qui commercialise environ 70 % de sa production sur place et est fier de perpétuer cette production locale. « C’est à La Réunion qu’on a inventé la pollinisation de la vanille », rappelle Patrick Fontaine.

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1 % de la vanille mondiale

Pour autant, la plupart des producteurs ne vivent pas de la vanille. « La grande majorité fait aussi du maraîchage, de la canne, du miel… La vanille est rarement la principale source de revenus mais les agriculteurs y sont attachés », souligne Carine Charron. L’île française produit en moyenne 1 % de la vanille mondiale. Et la production ne « cesse de diminuer. » « Il y a de moins en moins de fleurs, indique Carine Charron. La baisse est très importante depuis une vingtaine d’années. »

Heureusement, grâce à un positionnement haut de gamme et à son indication géographique protégée « Vanille Bourbon », la vanille de La Réunion reste un produit prisé. Elle est vendue entre 1000 et 2 000 € le kg selon les variétés et les méthodes de production. Elle est commercialisée en direct, dans les boutiques de producteurs, dans les épiceries fines et les boutiques touristiques locales ainsi que dans certains restaurants.

Une partie de la production est aussi envoyée en France métropolitaine, où elle est vendue dans les épiceries fines, magasins bio et pâtisseries haut de gamme et arrive parfois au Japon ou en Europe du Nord. Pour autant, la vanille de La Réunion souffre de la concurrence voisine. À Madagascar, qui produit 80 % de la vanille au niveau international, les gousses sont vendues en moyenne entre 65 et 165 € le kilo.

 
À La Réunion, Jéromine DOUX.    Ouest-France  

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