Accueil Info Info Maine-et-Loire RÉCIT. « Le parquet est foutu, les murs vont pourrir » : les inondations ont bouleversé la vie en Maine-et-Loire

RÉCIT. « Le parquet est foutu, les murs vont pourrir » : les inondations ont bouleversé la vie en Maine-et-Loire

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Il était 16 h, le 16 février 2026, quand le Maine-et-Loire a basculé en vigilance rouge pour les crues. Rapidement, le niveau de l’eau est monté. Plus vite et plus haut que prévu, rappelant les inondations majeures du siècle dernier. Toute la vie a été chamboulée : routes fermées, maisons évacuées, commerces à l’arrêt… Avec des dégâts parfois impressionnants. Retour sur deux semaines historiques.

Les moins de 30 ans ont donc vécu « leur » crue. Celle « du siècle » avait marqué leurs parents, en 1995, en Maine-et-Loire. Celle de février 2026 risque aussi de rester longtemps dans les mémoires. Parce que l’eau s’est invitée, depuis plus de deux semaines, dans notre quotidien. Parce qu’elle a transformé les paysages, modifié les itinéraires et visité des maisons sans frapper à la porte.

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Plus elle monte, plus elle chamboule. Des habitants obligés d’évacuer, des commerces contraints de fermer, des vies parfois bouleversées… Personne, ou peut-être seulement les plus anciens, ne s’attendait à revivre de telles inondations. Encore moins le 5 février, quand une première route est coupée entre Briollay et Soulaire-et-Bourg (au nord d’Angers). Rien d’extraordinaire jusque-là, une conséquence des fortes pluies.

Huit jours plus tard, sans vouloir « affoler la population inutilement », Christophe Béchu décidait de fermer de manière préventive plusieurs parkings et voies de circulation à Angers.

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« Je n’allais pas abandonner mon chien »

« On n’a pas, pour le moment, d’éléments qui nous conduisent à penser qu’on passera de l’orange au rouge », précisait-il. Mais l’eau déjoue souvent les pronostics et le lundi 16 février, à 16 h, le département changeait de couleur et basculait en vigilance absolue sur la carte de Météo France.

Une décision inévitable après un week-end sous haute surveillance, marqué par un ordre d’évacuation à Saint-Jean-de-la-Croix et aux Ponts-de-Cé. Dans ce secteur, l’effondrement d’une route est redouté. 900 habitants sont invités à partir, beaucoup refuseront. « Je n’allais pas abandonner mon chien », lâche l’un d’entre eux.

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Plutôt que de prendre ses jambes à son cou, on préfère anticiper, s’entraider et mettre ses biens en sécurité face à la montée des eaux. Mais les précisions météo ne sont pas bonnes. Entre le 1er et le 18 février, la station Météo France de Beaucouzé a enregistré 123,5 mm de précipitations. Le vieux record de 1937 est battu… et le mois est loin d’être terminé.

Les décisions, elles, tombent les unes après les autres. À Angers, fermeture des voies sur berges - dont une trémie sera volontairement inondée pour préserver la structure - et du pont de Verdun, retrait des horodateurs… De nombreux trains sont annulés. De plus en plus d’axes routiers inaccessibles. La course aux parpaings est lancée. Le Maine-et-Loire bascule dans une crue qui devient historique.

Des prévisions de plus en plus mauvaises

« On se rapproche des 6 m 30 (Haute-Chaîne), annonce Christophe Béchu, le 19 février, les yeux rivés sur Vigicrues. Et on se prépare à une montée constante. » « Les événements évoluent de manière plus grave », confirme Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire, qui a fait le déplacement. La veille, un homme de 53 ans a disparu à Chalonnes-sur-Loire après que son canoë a chaviré. Les recherches se sont révélées infructueuses.

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Rapidement, la préfecture interdit l’accès à tous les cours d’eau. Le tourisme de crue suscite aussi la colère. « Y en a marre, les gens se garent n’importe comment juste pour prendre une photo », s’agace Jacques Blondet, élu à Cheffes. Son village se trouve au cœur de la zone la plus frappée par les inondations. Comme en janvier 1995, il doit être évacué, le 20 février.

Une famille sauvée, des évacuations et des records battus

« Je quitte mon logement. À un moment, il faut arrêter. L’électricité sera coupée ce soir. Ce n’était plus tenable », lance un habitant, avec un canoë qui flotte dans un mètre d’eau, à l’entrée de sa maison.

À Briollay et à Chalonnes-sur-Loire, des maisons se vident également. « Une famille a été sauvée à Écouflant », raconte le maire, Denis Chimier. Sur l’île de Rochefort-sur-Loire, des chevreuils et des serpents désorientés se retrouvent aux portes des maisons.

Aux Ponts-de-Cé, la Loire est plus haute que jamais. Un niveau record depuis 1982, date de la plus grande crue connue dans la commune. Dans la ville inondée, on sonne chez les anciens pour se rassurer.

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À Angers, la Maine atteint elle 6,38 m. L’eau s’engouffre dans les rues, envahit les caves. Toute une partie basse de la ville est touchée. Les ventes de bottes explosent, la solidarité s’organise : « J’ai appelé pour que l’on m’aide à surélever du mobilier. Les agents sont venus tout de suite », confie Monique Toublanc, qui vit sur le quai des Carmes.

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« Le four et les frigos sont partis en exploration sous-marine »

Les restaurateurs font grise mine. Arnaud Menager, patron du Tam’s, a 80 cm d’eau dans son établissement, situé promenade de la Reculée. Sa perte de chiffre d’affaires pourrait s’élever à « 60 000 € ». À Chalonnes-sur-Loire, Jessy Ploneis, à la tête d’un café, a lui de l’eau au-dessus des genoux. « On a ouvert il y a 10 ans et c’est la première fois qu’on vit cette situation. J’ai 17 salariés l’été, ils m’appellent tous pour venir m’aider. » À Béhuard, la guinguette Caparica préfère en rire : « Le four et les frigos sont partis en exploration sous-marine », mais « les saucissons, qui n’avaient pas de bouées, ont été mis à l’abri. »

Partout, des habitants tentent, à leur manière, de positiver malgré les crues. « Angers devient une épreuve de Koh-Lanta », s’amuse une internaute. Des vidéos deviennent virales. Le champion du monde de la frite, Badem Tartare, propose de venir récupérer des commandes en kayak. Le barbier O’bloc, rue Baudrière, coiffe des clients avec des masques de plongée et des tubas.

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Au sud-ouest d’Angers, sur une île de la Loire, un habitant pêche depuis sa terrasse, alors que « des poissons un peu boueux passent dans la rue ». « Un permis bateau » est désormais « obligatoire en Maine-et-Loire », ironise un humoriste de l’émission Quotidien, sur TMC.

« L’après, c’est le plus dur »

Bonne nouvelle dans la nuit du 21 au 22 février, les niveaux des cours d’eau ont atteint leur maximum. La décrue peut s’amorcer. Les routes rouvrent peu à peu. Des déchetteries temporaires sont installées. L’heure est à l’évaluation des dégâts. À Cheffes, Jean-Pierre Mascaro, 62 ans, est « un peu démoralisé » en retrouvant sa maison achetée il y a cinq ans. « On avait effectué des travaux et en deux coups de cuillère à pot… Le parquet est foutu, gondolé. Les murs vont pourrir. »

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Malgré leur résilience, les habitants s’apprêtent à vivre des semaines éprouvantes. « Je me souviens de la grande crue de 1995, raconte Alain, un retraité du village. Tout avait chaviré, ça flottait. Ce n’était pas beau à voir. L’après, c’est le plus dur. »

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Comme beaucoup, il mise sur les compagnies d’assurances qui commencent à intervenir auprès des sinistrés. En Maine-et-Loire, 77 communes ont été, pour le moment, reconnues en état de catastrophe naturelle.

 
Alexis Vergereau avec nos rédactions locales.    Ouest-France  

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