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Près de Segré, la belle ambition de Cap Anjou Bleu pour l’autonomie des personnes handicapées... |
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Le projet de construction de dix-neuf logements porté par l’association Cap Anjou Bleu et Maine-et-Loire Habitat en est au stade de l’étude de faisabilité. © Ouest-France
À Noyant-la-Gravoyère, commune déléguée de Segré-en-Anjou Bleu (Maine-et-Loire), l’association d’aide à l’insertion professionnelle de personnes handicapées porte deux gros projets. D’abord, la création d’un nouvel Esat, qui devrait voir le jour fin 2026. Il pourrait être suivi d’un second chantier majeur : la création de logements tremplins, une étape supplémentaire dans le parcours vers l’autonomie.
Vendredi 20 septembre 2024, l’association Cap Anjou Bleu tenait son assemblée générale à Noyant-la-Gravoyère (Maine-et-Loire). L’occasion d’y présenter deux projets majeurs. L’un est bien enclenché, le second en est au stade de l’étude de faisabilité.
Un nouvel Esat fin 2026
Fin 2026, un nouvel Établissement ou service d’aide par le travail (Esat) devrait être inauguré. « L’ARS (Agence régionale de santé), notre financeur, nous a donné un accord, apprécie Philippe Leclerc, le directeur général de l’association. Pour les banques, c’est un atout important. »
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Pour mener ce projet, Cap Anjou Bleu s’est rapproché du cabinet A propos d’architecture « qui a une maîtrise des coûts de construction. Il travaille beaucoup en ossature bois, ce qui permet de mieux respecter les délais ».

L’association Cap Anjou Bleu de Noyant-la-Gravoyère a programmé la construction d’un nouvel Esat. Celui-ci devrait être livré au dernier trimestre 2026. Ouest-France
D’une surface de 1 500 m², ce bâtiment basse consommation abritera les différents services et activités. Le permis de construire devrait être déposé fin 2024 pour un début des travaux espéré en septembre 2025 et donc une livraison fin 2026.
Un projet de dix-neuf logements basé sur l’inclusion
De ce premier projet, en découle un second : la construction de logements. Celle-ci s’effectuerait en effet en lieu et place de l’actuel Esat (démoli une fois le nouveau opérationnel) et sur une partie du foncier restant.
Pour ce faire, l’association s’est mise en relation avec Maine-et-Loire habitat. Des discussions a jailli un projet de dix-neuf logements basé sur une volonté d’inclusion sociale : onze appartements seraient à destination de Cap Anjou Bleu et huit seraient des logements sociaux classiques que louerait le bailleur social.

Philippe Leclerc, directeur de l’association Cap Anjou Bleu depuis septembre 2023, martèle l’importance de l’inclusion. Ouest-France
« C’est très important, souligne Philippe Leclerc. On n’a pas comme objectif de maintenir isolées les personnes en situation de handicap. À l’Esat, ils font des jardins et espaces verts chez des clients ; au relais de Misengrain, ils reçoivent des clients ; à l’hygiène des locaux, ils vont dans les entreprises. On essaie à tous niveaux d’être dans l’insertion dans la vraie vie. C’est pareil pour le logement. »
Actuellement, l’association héberge 24 personnes au sein du foyer du Petit Plessis et en accompagne une douzaine d’autres dans leur logement dans différentes communes via le SAVS (service d’accompagnement à la vie sociale). Manque dans ce parcours une étape intermédiaire vers l’autonomie.
Un manque qui serait comblé par ce nouveau projet. Parmi les onze appartements de Cap Anjou Bleu, cinq sont dits passerelles, c’est-à-dire destinés à ceux voulant entrer dans un parcours d’autonomie. Les six autres logements, dits inclusifs, seraient destinés à des personnes davantage avancées dans ce schéma.
Au cœur de ces différents ensembles d’appartements, un espace partagé de 90 m² dont une salle commune de 60 m² permettra de se retrouver et d’éviter un sentiment de solitude.
« Ces logements seront proches du lotissement, c’est aussi de l’inclusion », ajoute Isabelle de Pontevès, présidente de l’association.
Reste que ce projet n’en est pour l’heure qu’au stade de « l’étude de faisabilité », comme le souligne Laurent Colobert, directeur général de Maine-et-Loire Habitat, évoquant également « une première approche financière qui reste à travailler. »
Après quelques questions, l’assemblée générale a donné son accord pour que Maine-et-Loire habitat poursuivre l’étude du projet.