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Près de Saumur. Le Bois Davy, un éco-lieu soucieux de l’environnement... |
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Dix toilettes sèches ont été installées sur les 11 hectares de terrain. © Marion DORISON
Alors que la préservation de la ressource en eau est une préoccupation majeure cet été, le gîte Bois Davy a déjà mis tout en place pour respecter l’environnement.
Titre print : Un gîte soucieux de l’eau Situé en plein milieu de la forêt, le Bois Davy à Gennes Val-de-Loire est un éco-lieu de onze hectares regroupant logements insolites, emplacements de camping et quatre bâtiments principaux. Le but de Pascale Nottaris, la propriétaire des lieux, est d’avoir le moins d’impact possible sur l’environnement.
Depuis quinze ans, elle a mis en place des installations respectueuses de la planète. Une personne de la CCI est venue voir l’éco-lieu pour essayer d’aller encore plus loin dans le projet. Elle n’a rien trouvé à redire sur l’endroit et les dispositifs d’installés
, soutient la propriétaire.
À l’année, ils sont six personnes à vivre sur place. Maëlle, l’une des habitantes, a « envie de faire bouger les choses et que les idées des gens changent sur l’écologie en particulier sur les toilettes sèches. »

Maëlle est l’une des résidentes à l’année de l’éco-lieu. Marion DORISON
Des toilettes sèches et récupérateurs d’eau
Au Bois Davy, toutes les toilettes sont des toilettes sèches depuis toujours. Il y en a deux dans la maison commune et huit en extérieur. Cela permet aux gens de comprendre que c’est possible d’en installer à l’intérieur, ce n’est pas sale et il n’y a pas d’odeur
, explique Pascale Nottaris. Elle a acheté des sacs faits avec des fécules de pommes de terre bios dégradables pour éviter d’utiliser trop d’eau pour laver les seaux des toilettes. Les toilettes sèches permettent de créer du compost. J’utilise le compost des habitants annuels pour le potager. Comme ça, je sais ce qu’il y a dedans ».
En 2021, la consommation d’eau de l’éco-lieu a été limitée à 157 m³, soit environ la même consommation d’un foyer de trois personnes. On a aussi installé des récupérateurs d’eau un peu partout
, détaille la propriétaire. À l’année, elle récupère 3 à 4 000 litres d’eau pour arroser le potager ou les plantes.
Des énergies vertes, naturelles et durables
Même pour se chauffer, Pascale favorise les énergies vertes et durables. Je me chauffe aux granulés de bois et les lieux pour les touristes sont chauffés au bois classique
. L’électricité verte a été privilégiée pour la lumière. Dans la maison des résidents à l’année, Pascale a installé des panneaux solaires qui permettent de chauffer l’eau pour la douche.

Poules, oies, canards et paons se baladent en liberté. Marion DORISON
« J’essaie de tout manger et ne pas jeter »
« On utilise un sac-poubelle de 10 litres tous les quinze jours pour les habitants annuels », poursuit Pascale. Ici, tout est question de recyclage et de limiter le gaspillage. Certaines feuilles de brouillons datent du début du siècle ! Même dans les contrats de location, tout est fait pour économiser l’encre. Au final, il y a très peu de déchets.
Pour la nourriture, c’est le même raisonnement. « J’essaie de tout manger et ne pas jeter. Les fanes de carottes, je les fais en omelettes et le pain dur, je le fais chauffer. Même les orties font partie du potager », explique l’écologiste. Elle fabrique également son propre pain, ses yaourts et ses confitures. Je n’achète jamais quoi que ce soit en termes de fruits. Je vais glaner chez les gens à qui je demande l’autorisation. Je récupère les fruits au sol.
Cependant, Pascale mange de temps en temps des produits industriels. Selon elle, « c’est comme le poison, il faut toujours en manger un peu, sinon on le supporte plus ».

La maison commune des touristes comporte deux toilettes sèches. Marion DORISON
Des touristes concernés par la problématique
Le concept touche une certaine clientèle. Au début, si le tourisme de l’éco-lieu s’est développé plutôt par le biais de box cadeaux, les gens viennent désormais de plus en plus pour des convictions écologiques. Myriam Guillemette, en séjour avec sa famille, est séduite. « On se sent concerné par l’éco-lieu et les toilettes sèches, c’est une bonne stratégie pour éviter le gaspillage d’eau. Ce n’est pas dérangeant surtout que l’eau devient une denrée rare. »

L’éco-lieu possède six hébergements insolites et plusieurs emplacements de camping. Marion DORISON