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Près d’Angers. L’humidité de leur logement leur pourrit la vie depuis quatre ans... |
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Après avoir présenté les traces d’humidité dans son logement, la locataire est dans son jardin dont le mur, menaçant de s’écrouler, est soutenu par des étais. © CO
La location de cette maison ancienne à Trélazé a viré rapidement au cauchemar. Des moisissures sont apparues quelques jours après l’installation. La famille se bat depuis quatre ans pour que le bailleur agisse. On arrive devant la justice.
En mars prochain ça fera quatre ans que nous louons cette maison et quasiment autant de temps que nous connaissons des problèmes récurrents
». Johanna et Angelo Cibert avaient rêvé cette maison, rue des Malembardières. Pour eux et leurs enfants, ça changeait de l’appartement. Ils avaient des projets d’aménagement du jardin, de rafraîchissement des pièces de vie. Ils ont déchanté très vite.
« Les meubles, les vêtements, tour prend l’humidité »
Trois jours après notre installation, nous avons signalé à Podeliha, notre bailleur, des traces d’humidité sur le mur extérieur donnant sur la salle de bains
», explique Johanna, faisant le tour de la maison. Puis, en poussant un meuble, je découvre le pied du mur, côté intérieur, laissant apparaître des moisissures
». Elle pointe du doigt des traces toujours visibles.
Ce qu’elle découvre alors dans le salon est aussi vrai ailleurs lorsqu’elle inspecte les autres pièces. Sur 20 à 30 centimètres de haut depuis les plaintes, ces moisissures sont partout présentes. Je passe le bas des murs à l’eau de Javel pour enlever ses traces noires. Les meubles, les vêtements, le linge de maison… Tout prend l’humidité
». Alors Podeliha constate, mais ne fait rien
», ajoute la locataire. On m’a même dit que si je n’étais pas contente je n’avais qu’à remplir une demande de déménagement. Mais ce n’est pas ce que nous souhaitons. Après des années en appartement, nous pensions être heureux dans cette maison
».
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Des travaux effectués, mais l’humidité persiste
La jeune femme investigue et se rend compte de deux choses : la maison – ancienne – n’est pas isolée ou pas bien isolée et, surtout, la locataire précédente a quitté les lieux car elle se plaignait déjà de cette humidité persistante. Un coup de peinture blanche avait été donné dans toutes les pièces avant notre arrivée, si bien que nous n’avons rien vu lors de la visite ni lorsque nous avons aménagé
».
Il y a deux ans, Podeliha a assuré des travaux dans la salle de bains, mais l’humidité revient
». L’an passé, des travaux ont été effectués sur le mur intérieur du salon, côté sud. Là encore, de nouvelles traces sont visibles. J’ai acheté des déshumidificateurs. Je vide les bacs remplis d’eau une fois par semaine en ce moment
».
Le mur du jardin penche dangereusement
Sans rapport avec l’humidité, le long mur de parpaings de mâchefer de 2 m de haut, qui sépare le jardin avec la propriété des voisins, penche de plus en plus. J’ai été obligé de hausser le ton pour que des techniciens se déplacent. Oui, le mur menace de tomber
». Depuis plus d’un an, des étais ont été placés en arc-boutant dans le jardin pour maintenir l’édifice bringuebalant ! Et c’est sans parler de la jonction entre la véranda et le mur de la salle à manger. Lorsqu’il pleut, l’eau s’infiltre dans la pièce
».
Audience le 14 février
La maison du bonheur pour le couple et ses deux enfants vire au cauchemar. Même le chien de la maison aurait attrapé l’aspergillose à cause de cette humidité ambiante. Rien n’avance ! Ne sachant plus quoi faire, j’ai pris conseil auprès d’un avocat il y a 18 mois environ. L’affaire est maintenant dans les mains de la Justice. La seule réaction du bailleur a été de mandater un expert
». Lors de l’audience du tribunal du 5 janvier dernier, le conseil d’Immobilière Podeliha a demandé un report. Une nouvelle audience est actée au 14 février prochain. En attendant, l’humidité persiste. Le petit paradis espéré est devenu l’enfer.
Contactée, la société Immobilière Podeliha ne souhaite pas répondre sur ce dossier puisqu’il est porté devant la Justice.