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Pourquoi les Écologistes sont-ils les perdants des élections municipales ?... |
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Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes. © MARC OLLIVIER / OUEST FRANCE
Marine Tondelier, la cheffe de file des Verts, reconnaît « une déception » après les élections municipales. Le parti ne tient, désormais, plus que « par ses groupes parlementaires. Quand l’écologie est faible dans l’opinion, les Verts se réduisent à peau de chagrin », analyse ce jeudi 26 mars le politologue Rémy Lefebvre.
Ils sont les grands perdants des élections municipales. Après avoir abandonné les clés d’Annecy, Bordeaux, Poitiers et Strasbourg dimanche, les Écologistes vivent des heures compliquées. La vague verte de 2020 est en net reflux. La cheffe du parti, Marine Tondelier, le reconnaît d’ailleurs dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Politis jeudi 26 mars 2026. « C’est une déception pour le mouvement et l’écologie ». Même si son parti conserve quelques bastions (Lyon mais sans la métropole, Grenoble, Tours…), l’ambiance est plutôt à la morosité.
« Quand l’écologie est faible… »
« Ce mouvement ne tient plus que par ses deux groupes parlementaires, analyse le politologue Rémy Lefebvre. Ce recul aux municipales peut s’expliquer de plusieurs manières : une mauvaise gestion des communes que les Verts avaient gagnées il y a six ans ; un problème de gouvernance, les Écologistes peuvent être de bons adjoints, mais pas forcément de bons maires ; et un déclin de l’écologie dans les préoccupations des Français. Quand elle est faible, les Verts se réduisent à peau de chagrin ».
Dans l’histoire du parti, cet échec électoral n’est, évidemment, pas le premier. Aux Européennes de 2024, Marie Toussaint n’avait déjà recueilli que 5, 50 % des suffrages. Les Écologistes s’en étaient, ensuite, mieux sortis aux législatives anticipées. Marine Tondelier, il est vrai, avait mobilisé toute son énergie pour donner naissance au Nouveau Front populaire et réserver à son mouvement quelques circonscriptions gagnables.
Des conflits internes à affronter ?
L’élue des Hauts-de-France misait beaucoup sur ces scrutins locaux pour enraciner son parti dans le paysage politique. Peine perdue. Avec quelles conséquences ? « Elle va devoir affronter des conflits internes, poursuit Rémy Lefebvre. Et maintenant que son mouvement est faible, il lui sera difficile de continuer à porter l’idée d’une primaire à gauche hors LFI ». D’autant que l’on ne sent pas un enthousiasme débordant au sein du Parti socialiste pour ce rendez-vous… « Par principe, je ne suis pas une fan des primaires, mais nous n’avons pas le choix », insiste quand même Marine Tondelier. Avec l’énergie du désespoir ?