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Pays de la Loire. La qualité de vie au travail, facteur de performance économique... |
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Pays de la Loire. La qualité de vie au travail, facteur de performance économique
Comme chaque année, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) organise partout en France la Semaine de la qualité de vie au travail, du 17 au 21 juin. Un sujet dont les entreprises se saisissent de plus en plus en Pays de la Loire, selon Frédéric Doreau, directeur régional.
Frédéric Doreau dirige l’Action régionale de l’amélioration des conditions de travail (Aract).
L’amélioration des conditions de travail des salariés est-elle un vrai sujet pour les employeurs ?
Frédéric Doreau : « On observe un intérêt croissant pour ces questions. Il y a dix ans, les entreprises nous contactaient pour régler des problèmes liés aux conditions de travail ; aujourd’hui elles viennent nous voir parce qu’elles ont un projet d’action. Ça s’explique assez facilement. En Pays de la Loire, nous avons le taux de chômage le plus bas de France, et de nombreuses PME ont du mal à recruter. Les employeurs ont besoin d’attirer de jeunes salariés et de garder les leurs, avec des conditions attractives. Ils ne proposent plus seulement un emploi, mais un travail où le collaborateur aura envie de s’investir. »
En quoi la qualité de vie au travail est-elle un levier de performance pour les entreprises ?
« Je prends l’exemple d’une structure de services à la personne, pour laquelle l’Aract est intervenue. Leurs aides à domicile étaient souvent sollicités par les personnes âgées pour changer une ampoule ou régler la télévision. Ils n’avaient pas le temps de répondre à ces demandes, au risque de se mettre en retard, et ne les faisaient pas forcément remonter. Avec notre aide, des temps de débriefing ont été mis en place. Ça a permis à la structure d’identifier ces besoins et de développer de nouveaux services pour y répondre. »
La start-up mettant à disposition baby-foot et salle de sieste serait donc un cliché ?
« Pourquoi pas ! Mais tout cela est périphérique au travail. À l’Aract nous préférons agir sur le travail lui-même : le dialogue, le management, l’organisation… On s’intéresse notamment à la façon dont on articule les horaires de travail en fonction des contraintes personnelles (transports, jeunes enfants, pratique sportive ou autre). Ça peut passer par la possibilité de faire du télétravail si l’activité s’y prête. D’ailleurs, cette question est parfois posée dès l’embauche. »
Vous mettez aussi l’accent sur la participation des collaborateurs à la stratégie d’entreprise…
« Il est nécessaire de favoriser l’initiative des salariés dans l’entreprise, en leur permettant de donner leur point de vue et de participer aux choix. C’est la colonne vertébrale de la qualité de vie au travail. Et ça permet à l’entreprise d’augmenter sa capacité à conduire des changements. On le sait, les salariés ont souvent tendance à résister aux transformations, numérique notamment, qui leur sont imposées. Mais si on s’en saisit pour améliorer les conditions de travail, ça change tout ! Par exemple, la numérisation des documents peut faciliter le télétravail. À l’inverse, si un collaborateur trouve son poste complètement réorganisé en revenant de vacances, avec juste un mot d’explication sur son bureau, ça ne marchera pas. »