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Nouveau retard de l’EPR de Flamanville, de la friture sur la ligne... |
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De nouvelles difficultés techniques surviennent mais sont sur le point d’être réglées, assure EDF. © AFP
Le PDG d’EDF annonçait début juillet comme « imminente » la première réaction nucléaire de l’EPR de Flamanville. De nouveaux problèmes retardent l’ « imminence ».
Luc Rémond, le PDG d’EDF, trompetait, le 6 juillet dernier, aux Rencontres économiques d’Aix en Provence, et annonçait comme « imminente »  la « divergence » de l’EPR de Flamanville. C’est-à -dire son démarrage réel : première réaction neutronique et début de la production d’électricité. Un mois et demi plus tard, l’énergéticien se tient coi, se contentant d’un laconique « pendant l’été » lorsque la question lui est posée.
Il est vrai que l’été prendra fin le 22 septembre. Mais tout de même. Les délais s’étirent à nouveau. Pourtant, le président de la République Emmanuel Macron devait assister à sa mise en service en mai et sa venue avait été officiellement reportée en raison de la crise en Nouvelle-Calédonie.
La divergence espérée pour la semaine prochaine
Ce mercredi 28 août, le bureau de la CLI (Commission locale d’information, composée d’élus, de syndicats, d’experts pro et anti, d’associations) se réunissait. Et les murs y ont quelque peu tremblé.
Son président, Benoît Fidelin a récemment déclaré dans la presse avoir « de très bonnes relations avec EDF ». Selon nos informations, les autres membres du bureau l’ont sévèrement tancé sur le mode : « N’obtenir aucune info, comme c’est le cas depuis deux mois, cela ne s’appelle pas avoir de très bonnes relations… »
Sous pression, le maire d’Héauville (Manche) a donc appelé à plusieurs reprises Alain Morvan, directeur de projet de l’EPR, pour obtenir des précisions. Alain Morvan a reconnu des soucis, notamment un gros problème sur un « doigt de gant » (un tube qui protège des capteurs thermiques) du circuit primaire. Ses ingénieurs en seraient venus à bout.
Ne resterait qu’à formaliser la demande d’autorisation de divergence auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui a reçu pendant l’été une dizaine de déclarations d’incidents. « Question de jours », a dit Alain Morvan, qui espère ladite divergence la semaine prochaine.
Cela risque de faire court pour que les commissaires de l’ASN en débattent. Et cela ne va pas calmer les membres de la CLI. Ces derniers exigent d’obtenir avant la fin de cette semaine une note technique d’explication précise des différents incidents survenus à l’EPR. L’assemblée générale de la Commission, le 25 septembre, s’annonce houleuse.