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Municipales. 300 caméras, 75 policiers municipaux… Comment la ville d’Angers est dotée en matière de sécurité... |
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À Angers, le nombre de caméras de vidéoprotection est passé de 16 en 2014 à 300 en 2026. © Ouest-France
Municipales : un jour, un enjeu. Aujourd’hui, la sécurité. À Angers comme ailleurs, elle est au cœur des programmes des candidats. Comment est dimensionnée la police municipale ? Combien y a-t-il de caméras ? Les moyens dont elle dispose ont évolué.
Quelles sont les missions de la police municipale ? Comment est-elle dimensionnée ? Comment ont évolué les moyens alloués à la sécurité ces dernières années ? Pour mieux comprendre l’un des enjeux des élections municipales, Ouest-France fait le point sur les moyens actuels dédiés à la sécurité à Angers.
La sécurité, une prérogative du maire ?
La sécurité est en premier lieu du ressort de l’État : si la municipale a bien son rôle à jouer dans les incivilités quotidiennes, c’est à la police nationale et au parquet de lutter contre le crime et la délinquance. Le policier municipal n’effectue pas d’enquêtes judiciaires et ne recueille pas de plaintes.

La police municipale mène des rondes pour rappeler la réglementation dans les bars et mener une prévention sur la consommation d’alcool. Lors du triple meurtre de l’esplanade Cœur de Maine, ils étaient les premiers sur place. Ouest-France
Tags, infractions au Code de la route, dépôts sauvages, attroupements, troubles du voisinage, nuisances sonores, établissements de nuit peu scrupuleux… Le champ d’intervention des agents de la Ville reste large.
Leur proximité avec le centre-ville les amène aussi à être confrontés à des faits d’une particulière gravité. C’était le cas, par exemple, la nuit du triple meurtre de l’esplanade Cœur de Maine en 2022, ou encore le soir du meurtre de la rue Parcheminerie. Les deux fois, ils étaient les premiers sur place et leur action avait été déterminante.

La police municipale peut aussi intervenir pour arrêter un rodéo sauvage, comme ici, place de la Fraternité dans les Hauts de Saint-Aubin à Angers, en 2024. Ouest-France
Une police municipale dans le top 100
Le nombre de policiers municipaux a augmenté depuis 2014. Il est passé de 47 à 75 agents aujourd’hui, répartis en plusieurs brigades : proximité, équestre, surveillance générale, cynophile, nuit.
À ceux-là, s’ajoutent les agents du Centre de commandement opérationnel et de supervision, chargés de prendre les appels et d’exploiter les images de vidéoprotection de la ville. Une équipe de 11 médiateurs est aussi mobilisée, pour privilégier le dialogue quand c’est possible.
En 2023, la ville d’Angers se situait en 48e position des 100 premières polices municipales de France, selon le classement de la Gazette des communes, basé sur les chiffres du ministère de l’Intérieur.

La brigade équestre aide notamment à faciliter le contact avec les habitants. Ouest-France
Avec ses 75 policiers pour 159 000 habitants, Angers est légèrement en dessous. Les villes moyennes comptent en moyenne six policiers municipaux pour 10 000 habitants en 2025, selon l’association Villes de France. On en dénombre 4,7 pour 10 000 habitants à Angers. Des villes de taille similaire, comme Dijon ou Grenoble, disposent par exemple de 100 policiers.
Des armes létales
En plus des moyens humains, la Ville a rehaussé le curseur de l’équipement de ses agents. Pour la sécurité : des gilets pare-balles, radio de communication et caméras piétons. Côté armement, ils disposent de bâtons de défense, générateurs d’aérosols incapacitants ou lacrymogènes, pistolets à impulsion électrique et lanceurs de balle de défense.

Les effectifs de police ont été renforcés pour prévenir les faits de violence à la foire Saint-Martin, après plusieurs épisodes de violence. Ouest-France
Depuis décembre 2025, les membres de la brigade de nuit sont équipés de Glock 17. Cette arme de poing létale doit être généralisée à l’ensemble des policiers dans l’année 2026.
300 caméras de vidéoprotection
Le centre de supervision urbain (CSU) est installé dans les anciens locaux de la Banque de France. Un mur de quinze écrans scrute la ville d’Angers à l’aide de 300 caméras de vidéoprotection. Ces dernières informent en direct les agents de terrain, mais nourrissent aussi les enquêtes judiciaires.
Dans la cité du roi René, le nombre de caméras a augmenté de 1 775 % lors de ces douze dernières années. De 16 caméras en 2014, on est désormais à plus de 300 en 2026. Soit bien plus que les villes de Dijon (200) et Grenoble (118) citées plus haut.

Les images de vidéoprotection sont traitées à distance et en direct par les agents de la Ville. Ouest-France
La Ville est aussi dotée d’un système de vidéoverbalisation pour le stationnement. En 2025, ce dernier a permis d’identifier 1 781 contrevenants.