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Mort de Lionel Jospin : « Son exemple devrait inspirer les dirigeants de gauche avant la présidentielle de 2027 »... |
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« Les femmes et les hommes politiques de la gauche actuelle devraient garder en mémoire vive la réussite de la “gauche plurielle”. » Ici, l’ancien Premier ministre Lionel Jospin lors d’un meeting en faveur du oui au référendum pour la Constitution européenne, en mai 2005 à Nantes (Loire-Atlantique). © archives OUEST FRANCE
Courrier des lectrices et des lecteurs. « La mort de Lionel Jospin porte en elle, selon moi, un double message. D’abord, celui d’un symbole du passé dont on ne voudrait pas qu’il soit révolu quand on place les valeurs laïques et républicaines au-dessus des intérêts personnels et des ego surdimensionnés. Et aussi, justement, celui d’une promesse d’avenir… »
Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », L. F. (Côtes-d’Armor) réagit après l’annonce de la mort de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, ce lundi 23 mars 2026 :
« Étrange signe du destin. Au lendemain de la campagne et des résultats des élections municipales, la mort de Lionel Jospin porte en elle, selon moi, un double message.
D’abord, celui d’un symbole du passé dont on ne voudrait pas qu’il soit révolu quand on place les valeurs laïques et républicaines au-dessus des intérêts personnels et des ego surdimensionnés. Et aussi, justement, celui d’une promesse d’avenir, pour peu que les femmes et les hommes politiques de la gauche actuelle gardent en mémoire vive la réussite de la « gauche plurielle ». Mais dans le tapage médiatique et le brouillage numérique ambiants, il est malheureusement permis d’en douter.
À ce propos, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon devrait se souvenir qu’après avoir été un militant socialiste dès 1976, il a ensuite appartenu au gouvernement Jospin (1997-2002), en étant un excellent ministre délégué à l’enseignement professionnel, volontariste et consensuel, entre 2000 et 2002.
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« Il lui avait manqué moins de 1 % »
Concernant 2002 et ce « fameux » mois d’avril, il est à mon sens injuste de faire porter à Lionel Jospin le poids de l’échec de sa non-qualification au deuxième tour de la Présidentielle. En effet, la gauche s’est présentée dispersée au premier tour, notamment avec les candidatures de son pourtant ancien ministre Jean-Pierre Chevènement (Mouvement des Citoyens) et de Noël Mamère pour Les Verts, chacun faisant un peu plus de 5 %. Quand on sait qu’il lui a manqué moins de 1 % pour se qualifier au second tour et se présenter face à Jacques Chirac, avec des chances réelles de l’emporter, contrairement à Jean-Marie Le Pen, ce fait politique historique devrait faire réfléchir les dirigeants de gauche, au niveau local comme au niveau national, en particulier en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Celle-ci sera cruciale car l’enjeu pour la France est plus que sensible : il est déterminant. Car le risque d’assister à l’arrivée aux plus hautes fonctions de l’État de personnalités dont les valeurs et les choix sont contraires à celles et ceux qui ont constitué et constituent encore l’histoire démocratique de notre pays, est réel.
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« Les électeurs doivent exercer leur “droit d’inventaire” »
La période politique, géopolitique et économique qui s’ouvre maintenant va donc rapidement nous renseigner sur les stratégies déployées par les partis et leurs dirigeants et, surtout, sur les valeurs qui les animent, au-delà de la « tambouille » politicienne persistante, comme on a pu le voir entre les deux tours de ces municipales.
On peut ainsi inviter urgemment les électrices et les électeurs à exercer en quelque sorte leur « droit d’inventaire ». Ce serait également une façon pertinente et respectueuse de rendre hommage à ce grand et intègre serviteur de l’État qu’a été Lionel Jospin.
Il fut, faut-il le rappeler, un grand ministre de l’Éducation nationale, entre 1988 et 1992, engagé dans l’égalité des chances. Aujourd’hui, l’école française continue de renforcer les inégalités et de décrocher dans les résultats, comme le montrent des grandes enquêtes internationales (par exemple, celle du Pisa). Voilà une problématique essentielle dont la gauche devrait s’emparer dans la future campagne présidentielle. Ce serait dans l’intérêt des classes populaires qu’elle a trop délaissées, dépassant par la même occasion les petites phrases assassines, les punchlines, les messages « TikTokés » et les règlements de comptes auxquels on assiste actuellement.