Mondial de hockey féminin à Angers : 4 interviews pour tout comprendre... |
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Mondial de hockey féminin à Angers : 4 interviews pour tout comprendre © PHOTO: X.LAINÉ/FFHG
Le Championnat du monde de hockey féminin division 1 groupe A se tient à Angers pour la toute première fois. Rendez-vous à l’Ice Parc du 24 au 30 avril.
Rencontre avec Marion Allemoz, la capitaine de l’équipe de France de Hockey sur glace, Pierre-Yves Gerbeau Président de la Fédération française de Hockey sur glace, Emmanuel Colliot, manager des équipes féminines et directeur de la performance à la Fédération française de Hockey sur glace, et Michaël Juret, président des Ducs d’Angers, afin d’évoquer cet événement.
Le mondial de hockey féminin à Angers
L’IceParc accueille pour la toute première fois le mondial de division 1 groupe A. Les équipes de France, Slovaquie, Pays- Bas, Autriche et Norvège se battront pour monter dans le classement et rejoindre les États-Unis, le Canada ou la Suède dans les Élites. Du 24 au 30 avril, c’est donc sur la glace angevine que les Françaises vont devoir tenir la distance.
L’avis du Président de la Fédération française de Hockey sur glace, Pierre-Yves Gerbeau
Pierre Yves Gerbeau, président de la Fédération depuis septembre 2021 a été joueur professionnel. Il a été contraint de quitter le hockey pro après une blessure à 25 ans mais n’a jamais laissé tomber son sport.

Pierre Yves Gerbeau, président de la Fédération française de Hockey sur glace. © PHOTO : A. RÉANT / FFHG
Pierre Yves Gerbeau, président de la Fédération française de Hockey sur glace. PHOTO : A. RÉANT / FFHG
Que représente pour la Fédération ce championnat du monde féminin ?
Déjà on est très reconnaissants à la Ville, au club et surtout à son président Michaël Juret de continuer à nous soutenir et d’organiser le championnat du monde parce que depuis plus de deux ans, il s’est fait longuement attendre. C’était assez compliqué mais bon, encore une fois grâce à la bonne volonté de la ville d’Angers et du club, ça nous permet d’enfin y arriver. Le plus bel écrin du hockey français va symboliser l’ouverture même si on est un peu en retard de ce superbe équipement pour célébrer Michaël qui a fait des exploits incroyables pour rendre ce projet un peu fou une réalité. On avait vu lors du premier Championnat du monde organisé en France, l’engouement pour nos athlètes, qu’elles puissent jouer à la maison entre guillemets, c’est un truc incroyable ! Et en plus, on a une véritable ambition pour le titre donc si on pouvait remporter ce titre à Angers, ce serait absolument superbe, extraordinaire ! Le hockey féminin non seulement est en pleine progression : on a de plus en plus de joueuses dans le monde et dans l’Hexagone et il y a de plus en plus de petites filles qui s’intéressent à notre sport, on a une équipe nationale qui est 12e mondiale et qui fait exploits sur exploits à tel point qu’elles ont failli aller aux Jeux olympiques. C’est quelque chose d’important pour la Fédération, le hockey féminin doit prendre sa place et continuer de gravir des échelons non seulement au sein de notre Fédération mais aussi dans le monde du sport en général.
Quel est l’enjeu pour l’équipe de France ?
Dans le hockey masculin, le mondial est en 16 équipes et malheureusement pour le féminin, le top groupe est en 10 équipes, on espère que cela va changer. Donc il faut absolument que l’on remonte. À savoir que du fait de l’exclusion de la Russie, la Suède a été rappelée dans le top groupe du mondial, on se retrouve dans la division 1 groupe A à cinq équipes (Ndlr : France, Norvège, Slovaquie, Pays-Bas, Autriche), on est très ambitieux et notre objectif, on ne va pas se le cacher, c’est d’être championnes du monde sur notre territoire et remonter à nouveau dans le top 10 mondial et d’y rester !
Quelles sont les équipes les plus redoutées ?
C’est assez homogène dans le top 16 hormis bien sûr les États-Unis et le Canada même si La Finlande commence à se rapprocher. Pour notre championnat, la Suède était celle qui s’y approchait le plus car elle est 5e mondial. Elle a connu une catastrophe il y a 3 ans et était redescendue. Sans manquer de respect à la Hollande qui est un peu une inconnue, mais la Slovaquie et la Norvège sont vraiment deux équipes qui sont pratiquement à notre niveau donc ça va être les deux gros matchs.
Marion Allemoz, la capitaine de l’équipe de France de Hockey sur glace

Marion Allemoz, capitaine de l'équipe de France féminine de Hockey sur glace © PHOTO : X. LAINÉ / FFHG
Marion Allemoz, capitaine de l'équipe de France féminine de Hockey sur glace PHOTO : X. LAINÉ / FFHG
Vous avez commencé avec l’équipe de Chambéry, puis avez joué avec les Carabins de Montréal et ensuite l’équipe MODO en Suède. Que représente pour vous le titre de capitaine au sein de l’équipe nationale française ?
Pour moi, c’est une grande fierté de porter le capitanat en équipe de France. Ça fait un petit moment maintenant, je l’ai eu en 2009. Et c’est toujours un rôle que j’apprécie avoir. Représenter son pays c’est une belle fierté !
Qu’est-ce qui différencie le championnat au sein de l’équipe nationale des autres compétitions que vous avez pu jouer ?
Ce sont des sentiments différents je dirai : jouer pour son club, c’est différent de représenter son pays. L’objectif n’est pas le même. On vit des émotions incroyables dans tous les cas. Pour le public et les infrastructures, cela dépend de où on joue. C’est sûr qu’au Canada ou en Suède, il y a une culture du hockey qui est différente de celle que l’on a ici. Après, c’est toujours pareil en fonction des championnats, il y a plus ou moins de médiatisation, et de développement autour aussi. Je dirai que ça dépend vraiment des championnats, des pays et après au niveau des infrastructures, de ce que j’ai connu moi au Canada ou en Suède. J’ai toujours eu de bonnes installations, de bonnes conditions d’entraînement.
Quel est l’enjeu pour votre équipe lors de ce mondial ?
L’objectif pour nous, c’est de finir premières pour remonter en Élite, le groupe d’au-dessus. C’est notre objectif numéro 1. On a le statut de favoris dû au classement mondial mais on sait que cela va être très resserré entre les équipes, tout le monde veut la même chose donc ça va être une vraie bataille !
Quelles sont les équipes que vous redoutez le plus ?
Redouter, non. Ce sont des équipes que l’on connaît très bien. L’Autriche, ça fait un petit moment qu’on ne les a pas combattues à cause du Covid, les Pays-Bas sont je pense un peu en dessous, moins homogène mais qui ont quelques bonnes individualités. Je ne dirai pas qu’il y a une équipe en particulier que l’on redoute plus qu’une autre. On les connaît, on sait à quoi s’attendre, mais on sait que cela va être très serré !
Quels sont vos meilleurs souvenirs en compétition ?
Je dirai la montée en Élite en 2018 lors du championnat du monde à Vaujany, je pense que cela reste mon plus beau souvenir. Il y a eu aussi des souvenirs d’équipe que je n’oublierai pas non plus. À chaque fois que l’on a joué un mondial à la maison, il y a toujours eu une ambiance de folie ! On espère retrouver la même chose à Angers ! Moi personnellement, je ne connais pas du tout Angers, je suis venue une fois jouer un match. On découvrira la nouvelle patinoire. On devait l’inaugurer, finalement ça a été un peu plus long que prévu puisque le mondial a été repoussé deux années de suite.
La pandémie a-t-elle compliqué vos entraînements ?
Pour ma part, en Suède, c’est sûr qu’il y a eu des périodes un peu plus difficiles mais cela a quand même été plus facile au niveau de la gestion du Covid. Après, c’est sûr qu’il y a eu des reports de matchs à cause des cas etc. Mais ça a surtout été difficile pour l’équipe de France pour organiser des regroupements, des confrontations contre d’autres pays, d’autres nations donc ça a été compliqué, on a dû s’adapter sur plusieurs aspects.
Programme des matchs
Dimanche 24 avril
- À 16h : Pays-Bas-Autriche
- À 19h30 : Slovaquie-Norvège
Lundi 25 avril
- À 16h : Norvège-Pays-Bas
- À 19h30 : France - Slovaquie
Mercredi 27 avril
- À 16h : Norvège -Autriche
- À 19h30 : France-Pays-Bas
Jeudi 28 avril
- À 16h : Slovaquie-Pays-Bas
- À 19h30 : Autriche - France
Samedi 30 avril
- À 16h : Autriche - Slovaquie
- À 19h30 : France-Norvège
IceParc Angers
5 avenue de la Constitution
Billeterie

« Il y a une réelle attente de cette compétition de notre côté ! »
Emmanuel Colliot est manager des équipes féminines et directeur de la performance à la Fédération française de Hockey sur glace depuis 2014. Il élabore la stratégie pour préparer au mieux l’équipe de France senior pour les Championnats du monde et les Jeux Olympiques.

PHOTO : MATT ZAMBONIN/HHOF-IIHF IMAGES
Comment appréhendez-vous ce Championnat ?
Ça fait longtemps qu’on l’attend après deux annulations ! La première a été très bizarre forcément puisque c’était juste avant le confine- ment. On était tous très étonnés, on a beaucoup relativisé ensuite. La deuxième annulation a créé une vraie frustration parce qu’on attendait vraiment ce Championnat. On voit qu’il y a un vrai engouement de la part du club, on espère que les spectateurs seront nombreux. Il y a une réelle attente de cette compétition de notre côté !
Selon vous quels sont les matchs à ne pas manquer ?
On est favorite, c’est-à-dire l’équipe la mieux placée au classement. C’est un statut un peu compliqué à tenir et puis, il faut bien se dire que n’importe quelle équipe peut battre une autre équipe dans cette pool. Les cinq nations sont extrêmement proches en niveau les unes des autres. Si on finit par gagner ce Championnat du monde, on aura fait une très belle prestation ! Je dirais que le dernier match avec la Norvège est sans doute un des matchs cruciaux par rapport à une médaille ou la montée. C’est celui qu’il ne faut pas rater ! Mais bien sûr, tous les autres seront intéressants puisque le niveau est intéressant.
Vous êtes originaire d’Angers. Avez-vous eu l’occasion de découvrir ce récent équipement qu’est l’IceParc ?
J’ai commencé à pratiquer le hockey en 1992, je suis un pur produit des Jeux Olympiques d’Albertville ! J’ai été formé au Haras à Angers avant de partir à Nantes au début des années 2000. Mais on a déjà fait un stage à l’IceParc avec deux matchs de l’équipe de France en avril dernier contre les juniors d’Angers. On connaît cette patinoire, c’est un très bel équipement !
Comment tend à se développer le hockey féminin ?
Comme dans tous les sports, il y a une vraie stratégie de la Fédération d’améliorer et d’augmenter le nombre de pratiquantes. Les licenciées féminines ne représentent que 10 % des licenciées de la fédération. Il y a un plan de féminisation mis en place depuis plusieurs années. Le nombre de petites filles à pratiquer la discipline tend à augmenter. Les performances de l’équipe de France régulières depuis quelques années aident à faire connaître la pratique !
« Ça va être du beau hockey, on n’a pas la chance tous les jours d’avoir ce type de Championnat organisé ici »
Entretien avec Michaël Juret, président des Ducs d’Angers.

PHOTO : K.M
Ce Championnat du monde qui devait se dérouler en 2020 est le premier événement mondial organisé à l’Iceparc. Qu’est-ce que ça représente pour Les Ducs, pour Angers ?
On a un outil incroyable, à la hauteur des ambitions du club et cet outil, quand on voit un match des Ducs, on comprend vite qu’il a une dimension qui dépasse celle des Ducs et peut accueillir des manifestations d’envergure internationale. Pendant la construction, on avait invité la Fédération à venir prendre la mesure de ce que ça allait être. Le président de la Fédération (Internationale, NDLR) Luc Tardif ainsi que Eric Ropert sont venus visiter à deux reprises les travaux. On s’est très vite portés candidats à l’organisation d’un événement international. On va réussir à donner une nouvelle dimension à l’IceParc. C’est aussi un pari que l’on fait de voir se développer la pratique du hockey féminin sur Angers. C’était compliqué avant, on n’avait pas l’infrastructure pour mais aujourd’hui, c’est plus facile. Je pense que ce Championnat du monde va nous servir à nous structurer pour mieux accueillir les licenciées féminines.
Qu’est-ce que ce Championnat implique en termes d’organisation ?
Il y a entre 50 et 100 bénévoles mobilisés sur l’ensemble de la manifestation. Ils seront en charge de l’aide au placement, de la gestion du linge sportif des équipes, du transfert entre les hôtels… Ils viennent du département principalement. On a un responsable bénévole par équipe. Au niveau de la programmation, il y aura deux matchs par jour sur une semaine. On va renouveler ce qu’on est capable de faire pour les Ducs plusieurs fois dans la journée avec en plus la gestion des arbitres, des membres de la Fédération, les entraînements des joueuses le matin… On prend en charge les cinq équipes et tout le staff.
À combien de spectateurs vous attendez-vous ?
On n’a pas fixé de jauge. La première année, quand on a lancé la billetterie, c’est parti très rapidement. Mais le Championnat a été annulé deux fois et on sent que sur cette troisième fois, ça tarde un peu. Mais la différence aussi, c’est que quand on avait lancé la billetterie au départ, les Ducs n’étaient plus en Championnat. Comme ils sont encore en course et en finale à cet instant, nos supporters sont portés sur la saison des Ducs et ne pensent pas encore à l’après.
Quels sont les matchs à ne pas manquer ?
La compétition, c’est quatre matchs pour l’équipe de France, qui fait selon moi partie des favoris, donc il ne faut en louper aucun ! Ça va être une belle épopée pour cette équipe de France. Il y aura bien sûr plein de matchs intéressants, notamment le match Autriche/ Norvège ; Slovaquie/ Pays-Bas… Ça va être du beau hockey, on n’a pas la chance tous les jours d’avoir ce type de Championnat organisé ici !
Vous avez annoncé que d’ici deux trois ans, l’Iceparc devrait accueillir l’équipe de France masculine. Quelles sont les ambitions du club sur les prochains rendez-vous ?
On a porté acte de candidature et je ne vois pas ce qui pourrait s’y opposer. On a aujourd’hui le plus bel outil de France, le meilleur équipement pour accueillir des compétitions internationales donc il n’y a pas de raison que ça nous échappe. Pour autant, on va présenter un dossier et on va travailler pour l’obtenir ! On travaille sur différentes échéances : pourquoi pas un tournoi de préparation lors d’une trêve internationale de l’équipe de France. On aimerait aussi deux matchs de préparation officiels de l’équipe de France senior. Et puis il y a d’autres Championnats du monde comme les Championnats du monde junior sur lesquels on est prêts à s’investir et aider notre Fédération dans l’organisation.
Et personnellement, quel événement aimeriez-vous voir programmé à Angers ?
Je rêve de voir un match France- Canada en dernier match de préparation des Championnats du monde masculins.
