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Mazé-Milon. « L’Homme, le plus grand des prédateurs »... |
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Christian et Agnès Breau sont piqués de hérissons. © CO
Entretien
Agnès et Christian Breau donnent de leur temps à l’association SOS Hérissons 49. Ils racontent leurs missions de soins et de sauvetage.
Pouvez-vous présenter l’association ?
Agnès Breau : « SOS Hérissons 49 existe depuis 17 ans. Nous sommes une centaine de bénévoles dans tout le Maine-et-Loire. On intervient en urgence dès que quelqu’une nous signale des hérissons blessés, malades ou orphelins. »
Ça représente beaucoup de travail ?
Christian Breau : « Oui, nous sommes en alerte tout le temps. Et même plus qu’avant : avec le changement climatique, des mamans hérissons font des bébés jusqu’en septembre ou octobre. Ces petits ne passeraient pas l’hiver si nous n’intervenions pas. On a parfois des appels de très loin, comme de Marseille. Mais là , tout ce que nous pouvons faire, c’est coacher par téléphone. »
Vous donnez donc des conseils ?
« Oh oui. Si vous trouvez un hérisson en plein jour, il faut tout de suite agir, le récupérer et le mettre dans un carton au chaud. Plus tôt on intervient, plus les chances de survie sont élevées. L’homme est le plus grand prédateur des hérissons. Les jardins sont trop fermés, ce qui les oblige à aller sur les routes pour passer de l’un à l’autre et se nourrir. Les pesticides et les tondeuses, notamment les modèles automatiques, font des ravages. On sauve près de 75 % des animaux, mais si on pouvait ne pas exister, tout irait bien ! »
Et vous agissez comment ?
A.B. : « Certains d’entre nous emmènent les animaux blessés dans les centres de soins, d’autres les prennent en charge. Nous sommes aussi présents lors de sensibilisations dans les écoles ou sur des manifestations comme ici. Pour informer, mais aussi pour gagner de quoi payer les vétérinaires, les médicaments ou les laits spécialisés pour les choupissons (les bébés hérissons). Certains bénévoles fabriquent ainsi des objets à vendre. D’ailleurs, nous sommes toujours à la recherche de polaires pour mettre les animaux au chaud, mais aussi de chutes de bois, charnières ou vis pour construire des cabanes. Cet animal existe depuis bien plus longtemps que nous, il nous appartient de le protéger ».