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Malgré le divorce, rester père à tout prix

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photo toutes les trois semaines, une douzaine de pères, de milieux sociaux et d'âges différents, se réunissent dans des locaux de la caf à angers. 1

Toutes les trois semaines, une douzaine de pères, de milieux sociaux et d'âges différents, se réunissent dans des locaux de la Caf à Angers.

La Caisse d'allocations familiales de l'Anjou propose un groupe de paroles aux pères divorcés. Là, ils se soutiennent et essayent d'avancer. Paroles mêlées de Dominique, Sylvain, Philippe et des autres.



Toujours prouver. « J'ai demandé le divorce, puis je me suis vite aperçu que la procédure judiciaire me forçait à prouver mon amour pour les enfants. Ce que j'ai refusé : l'amour que l'on porte à ses enfants, ça ne se prouve pas. Alors, j'ai renoncé à me battre. » « On doit toujours tout prouver, comme si on était coupable. Qu'on est stable dans notre emploi, qu'on a des revenus, qu'on a un appartement assez grand pour recevoir les enfants. En fait, prouver qu'on est bien père. »

Les mots qui font mal. « C'est souvent la femme qui demande le divorce. Le premier courrier que l'on reçoit parle de « droit de visite », comme pour un prisonnier. Puis, après on nous dit qu'on est « condamné » à verser une pension, comme un criminel. »

Les insinuations qui laissent des traces. « C'est très facile pour les mamans d'évincer les pères. C'est parole contre parole. Et les enfants sont manipulables. Est-ce que c'est mal de passer une nuit dans le même lit que son enfant qui n'arrive pas à dormir ? » « Certaines femmes portent des accusations terribles, d'inceste par exemple. J'en ai été victime. Dans ce cas-là, s'applique le principe de précaution. Vous, l'adulte, vous savez que vous n'avez jamais fait ça, mais ça laisse des traces sur les enfants. Pour longtemps. »

Pas un groupe anti-femme. « Nous ne participons pas à un groupe de paroles contre les femmes et les mères. Mais on aimerait faire reconnaître la position du père par rapport à ses enfants. Qu'il y ait une équité. »

S'exprimer pour prendre du recul. « Au début de la séparation, c'est conflictuel, mais on peut encore discuter. À ce moment-là, il faudrait que les deux parents puissent être écoutés par un psychologue. J'étais perdu, j'aurais aimé rencontrer quelqu'un avec qui on aurait pu comprendre ce qui nous arrivait. Le problème de l'homme, c'est qu'il ne parle pas, il est souvent plus introverti que la femme. » « Il faut réussir à prendre du recul notamment pour conserver notre rôle parental tout en sortant du rôle conjugal. »

Maintenir le lien avec les enfants. « Il faut six mois pour casser une relation avec les enfants. Et c'est très long pour la reconstruire. Surtout quand on les voit neuf heures tous les 15 jours. D'un coup, c'est comme si le père était annulé. » « Dans la tête des enfants, le papa n'est pas annulé. Même si le temps de visite et de relations est diminué, c'est du temps important. On sème. La récolte, on l'aura dans des années. » « Il faut maintenir le lien coûte que coûte, ne serait-ce qu'en les ayant au téléphone. »

Recueilli par Marie TOUMIT.



Deux heures pour se soutenir et parler

Au départ, Patrick Brisset, travailleur social à la Caisse d'allocations familiales (Caf) de l'Anjou, pensait créer un groupe de paroles dédié aux femmes et à leurs problèmes quand elles divorcent. « En fait, elles n'étaient pas trop demandeuses. Elles avaient déjà à qui parler. Les hommes, eux, avaient plus de difficultés pour trouver à s'exprimer. Ils avaient besoin d'évoquer, notamment, la perte du lien avec les enfants. »

Depuis mai 2008, ce groupe de paroles a accueilli une trentaine de pères en instance de séparation, séparés ou divorcés. Animé par Pascal Couëdel, psychothérapeute conjugal et familial, et Patrick Brisset, il se réunit toutes les trois semaines pendant deux heures pour réussir à avancer. Aussi bien pour dépasser le conflit conjugal que pour aborder leur rôle de père ou leurs relations avec les institutions (juge, services sociaux...)

Contact au relais Caf Angers Loire Sud, 9, rue Charles-Baudelaire, à Angers au 02 41 68 78 78 ou à angers-loire-sud@cafangers.cnafmail.fr


 
Ouest-France  

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