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Maine-et-Loire. Un premier arrêté antipesticides pris par le maire de Saint-Jean-de-la-Croix... |
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Maine-et-Loire. Un premier arrêté antipesticides pris par le maire de Saint-Jean-de-la-Croix
Le conseil municipal de Saint-Jean-de-la-Croix, commune ligérienne au sud-d’Angers, a pris un arrêté interdisant les pesticides à moins de 150 mètres des habitations. C’est la première commune à le faire en Maine-et-Loire.
D ans quelles conditions cet arrêté municipal a-t-il été pris ?
Hugues Vaulerin, maire de Saint-Jean-de-la-Croix : « Il y a une certaine cohérence pour notre commune, qui a voté Yannick Jadot (EELV) en tête aux Européennes. Saint-Jean-de-la-Croix a décidé, comme de nombreuses communes françaises, dont en premier la commune de Langouët en Ille-et-Vilaine (1), d’interdire l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations. Cet arrêté municipal est de la seule compétence du maire. Il a été pris fin septembre, unanimement en conseil municipal. Son but : protéger la santé des habitants quant à des produits phytopharmaceutiques dont la toxicité semble de plus en plus avérée. Notre démarche s’inscrit donc dans un double principe de précaution et d’alerte des pouvoirs publics. »
Est-ce que vous ne pensez pas que cet arrêté jette de l’huile sur le feu, notamment chez les agriculteurs ?
« Peut-être, mais en tout cas cet arrêté ne les vise pas particulièrement. Il ne s’agit, en aucune façon, d’incriminer ou de stigmatiser le monde agricole – dont nous comprenons le désarroi face aux multiples crises qui secouent nombre de filières – et dont nous ne mésestimons pas le travail au service du pays, de la population et de nos campagnes. On ne peut pas mégoter sur les questions de santé. Je crois que les agriculteurs aussi doivent en sortir. Et vite. »
Cet arrêté est-il une réponse ce qui se passe actuellement, notamment les marches pour le climat enclenchées par la jeunesse ?
« Cet arrêté va dans le même sens, oui. À l’heure, brûlante, des dérèglements climatiques, des pertes massives de biodiversité animale et végétale, l’utilisation, sans périmètre de protection, de produits phytopharmaceutiques tel le glyphosate, jugé “cancérigène probable” par l’Organisation Mondiale de la Santé et toujours autorisé, ne peut nous laisser sans réaction. Il est de notre devoir d’élus de veiller à la sécurité et à la santé des populations – dont les agriculteurs qui sont les premières victimes des effets nocifs des produits phytopharmaceutiques – et de veiller à ce que notre environnement, nos conditions de vie et d’habitat soient toujours viables pour les générations futures. Je le rappelle : lors d’une des premières marches pour le climat, la sortie du glyphosate en France a été reportée. Cela me met en colère. »
Vous êtes la première commune de Maine-et-Loire à prendre un arrêté de ce genre. Qu’espérez-vous ?
« L’arrêté a été transmis ce vendredi 25 octobre à la préfecture de Maine-et-Loire. Saint-Jean-de-la-Croix se distingue mais espère être rejoint par de nombreuses communes angevines. Sinon, je ne me fais pas d’illusion. Le préfet va retoquer cet arrêté. Enfin, on verra bien. Nous voulons être des lanceurs d’alerte. Nous sommes obligés de prendre ce genre de décision pour que ça bouge. »
(1) Hasard du calendrier : alors que Saint-Jean-de-la-Croix a communiqué ce vendredi sur son arrêté municipal, on a appris ce même jour que le premier arrêté de ce genre, pris par le maire de Langouët, a été annulé par le tribunal administratif de Rennes. La justice a retenu que le maire n’a pas le pouvoir de prendre un arrêté en matière de réglementation des pesticides. C’est le premier jugement qui est ainsi rendu sur le plan national.