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Maine-et-Loire. Le vélo, roi de la levée... |
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Maine-et-Loire. Le vélo, roi de la levée
Des milliers de cyclistes ont profité de la Fête du vélo ce dimanche pour s’offrir une balade sur la levée de la Loire, débarrassée des véhicules pour la journée.
« J’adore le vélo mais je déteste en faire ! »
Alain, la bicyclette, il préfère la regarder à la télé, depuis son canapé. Ce matin, il a pourtant accompagné Jocelyne (69 ans tous les deux) pour aller déjeuner à la nouvelle guinguette de La Daguenière. Là, ils font une pause-café à La Bohalle, « parce que sinon, c’est trop loin »
. Pas vraiment pressés de rentrer chez eux, à La Ménitré, de toute façon. « Il fait ni trop chaud, ni trop froid, c’est bien agréable »
, note Alain dont le séant s’accommode mal de ce contact prolongé avec la selle du vélo honni.
Derrière, la quinzaine de parents d’élèves de l’école Notre-Dame-du-Sacré-Cœur s’affaire autour du four à fouaces. La tablée ne désemplit pas. Géraldine, Sonia et les autres mamans virevoltent entre les rillettes et la tireuse à bière. « C’est une journée super-importante pour l’école »
. Philippe (49 ans) et Guillaume (15 ans) s’apprêtent à lever le camp. Leur tandem de compét’les attend. Un chouette moment pour le père et le fils, passionnés de vélo. « J’ai commencé à en faire avec mon propre père. Et le dernier cadeau que je lui ai fait, c’était un vélo. Il en a fait jusqu’au bout. Guillaume, je lui ai enlevé les petites roues sans lui dire. Il avait 4 ans. La boucle est bouclée »
, explique le père, militaire de carrière et qui n’hésite pas à relier l’école de cavalerie de Saumur à vélo depuis Angers pour aller travailler.
De l’autre côté de la route, Brigitte et Eric sont venus à pied avec leur panier garni. Ils ont habité 12 ans le long de la Loire avant de s’exiler à Cheffes-sur-Sarthe mais ils reviennent régulièrement à La Bohalle voir leur fille Nadège et leur petite-fille Lyla. « Ça fait du bien d’observer le fleuve et ses lumières »
, disent-ils en partageant avec de parfaits inconnus un excellent clafoutis « fait avec des cerises du jardin »
. Derrière eux, les cyclistes défilent, sportifs aguerris et charrettes d’enfants côtoient des courageux en rollers.
Gilets jaunes offerts et dépannage gratuit à La Ménitré
À Saint-Mathurin-sur-Loire, ça bouchonne. Il faut mettre pied à terre. On distribue des gilets jaunes. Une manifestation ? Non, un stand qui parle de sécurité routière. Ouf. Sur leur stand de réparation de vélo, Vincent et son apprenti Théo sont à pied d’œuvre depuis 8 h 30. Les mains noires de graisse, Vincent a à peine eu le temps d’aller soulager sa vessie. Ça n’arrête pas. Ici, un coup de pression dans un pneu, là une crevaison, un dérailleur à régler ou un patin à changer. Gratos. « On ne facture que les pièces. Ça permet de dépanner les gens et d’offrir un service gratuit, ce qui est rare aujourd’hui »
, dit le patron d’Anjou Deux-roues services, basé dans la commune.
Dans le flux, Jean-Charles Prono – juché sur son vélo – observe la foule d’un air ravi. Le maire de la commune a pressé les entreprises pour que le chantier du bourg ne compromette pas cette fête du vélo. « On a fini les trottoirs cette semaine. Ce n’est pas une inauguration mais ça y ressemble »
. Sous une grande tente blanche, des musiciens jazzy transportent les visiteurs et une fanfare attend son heure. Une mini-plage a été créée face à la Loire et les quelques transats sont tous occupés.
Le pont de fer qui enjambe la Loire est envahi de deux roues. Les uns reviennent du Thoureil, les autres repartent vers Angers via Blaison-Gohier et Juigné-sur-Loire. On perd de vue le fleuve et la succession de faux plats et de petites côtes fait mal. Mais la journée est belle et nul n’a envie de se presser. Aux Ponts-de-Cé, de petites grappes de cyclistes soufflent. Les enfants sont fatigués. À Saint-Mathurin, Alain et Jocelyne sont sans doute déjà rentrés chez eux. Alain, dans le canapé, est prêt. Le Tour de France peut démarrer.