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Maine-et-Loire. L’avenir du cirque de Courossé suspendu à des travaux de sécurisation... |
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Luc Chauvin, maire déléguée de la Chapelle-Saint-Florent, et Anne du Boucheron, propriétaire du château de la Baronnière, veulent rouvrir ce sentier fermé au public depuis avril 2022. © Ouest-France
La gestion de ce site naturel classé (30 000 visiteurs par an), fermé depuis un an à cause d’un rocher fissuré, a suscité de profonds désaccords au sein de l’association en charge de l’entretenir. Une étude approfondie des risques géologiques va prochainement être lancée.
Anne du Boucheron, la propriétaire du château de la Baronnière, emprunte prudemment le chemin escarpé du site de Courossé. « Normalement, c’est entretenu ! » prévient-elle. Les herbes hautes ont envahi l’escalier accroché à cette falaise de schiste surplombant de 60 m les boucles de la rivière de l’Evre. Cet espace unique dans les Mauges appartient depuis plusieurs générations à la famille du Boucheron. À la suite d’un important éboulement de pierre dans les années 1980, une association (Les Amis de Courossé) s’est créée pour entretenir et sécuriser le lieu.
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Au cœur des Mauges, ce cirque naturel classé depuis 1995 ne manque pas d’atouts touristiques, entre la vue panoramique, la grotte mariale et les ruines d’un ancien village de meunier. Mais une grosse roche fissurée (environ 3,5 tonnes) a contraint les gestionnaires de Courossé de fermer le sentier au public en avril 2022. « C’est un site qui mérite d’être ouvert, il y a 30 000 visiteurs par an. Il n’y a plus de vie aujourd’hui », se désole Luc Chauvin, maire déléguée de la Chapelle-Saint-Florent.

En janvier 2022, un promeneur s’est inquiété du risque d’éboulement d’un rocher. L’association en charge du lieu a aussitôt pris la décision de fermer partiellement l’escalier. Ouest-France
La gestion de ce bloc menaçant a suscité de profonds désaccords au sein de l’association. Deux membres ont démissionné en avril 2023, dont Joseph Courtais. Le président nommé en 2009 avait déjà failli jeter l’éponge l’année dernière, en 2022, après que les propriétaires du château de la Baronnière autorisent le passage du trail du Moulin de l’Epinay (300 coureurs) près de la masse rocheuse instable. Deux mois plus tard, l’association a fait intervenir un géologue pour évaluer le risque. Dans son constat, Christophe Léotot précisait que « l ’instabilité est manifestement active et peut rapidement évoluer, par lessivage des fractures lors de pénétrations pluviométriques ».
En conséquence, l’expert préconisait de maintenir la fermeture du chemin, «  tant qu’une intervention de stabilisation n’a pas été réalisée ». L’inspection des lieux a également permis de repérer, qu’en de nombreux points du site, « des risques de chutes de pierres et de blocs étaient inévitables ». Outre l’installation d’un tirant, l’expertise conseillait de photographier la paroi à l’aide d’un drone afin de repérer les zones potentiellement instables.
Un an plus tard, malgré la dangerosité du site, le feu vert est une fois de plus accordé par les châtelains pour le trail. Cette fois, c’en est trop pour Joseph Courtais qui prend la décision de quitter l’association, suivi par sa trésorière. Finalement, un arrêté municipal pris la veille de l’épreuve interdira le passage des coureurs sur les marches.

La grosse roche fissurée, source des inquiétudes?. Ouest-France
Soucieuse de rouvrir rapidement le site touristique, la commune de Mauges-sur-Loire a accordé une subvention de 8 000 € à l’association Les Amis de Courossé afin de financer les travaux de consolidation. Il était prévu que trois cordistes interviennent le long de la paroi pour maintenir le bloc fissuré à l’aide de tirants en acier et de câbles. Avant une réouverture de l’escalier espérée dans le courant de l’été.
Il y a quelques jours, Edith Tharreau, secrétaire de l’association, aurait finalement réussi à convaincre Luc Chauvin de reporter les travaux afin de réaliser une étude plus approfondie des risques potentiels de la falaise. L’édile de la Chapelle-Saint-Florent a accepté et a pris la décision de reporter les travaux. Plus d’un an après leur fermeture, les 175 marches de ce somptueux site naturel ne sont pas près de rouvrir de sitôt.