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Les trésors à découvrir dans la cathédrale Saint-Maurice, une géante au cœur d’Angers... |
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On peut rejoindre la cathédrale par les escaliers Saint-Maurice : 100 marches qui relient la bâtisse à la Maine et qui permettent aussi de s’engouffrer dans les petites rues médiévales de la cité. © Archives Ouest-France
Le Roi René y a été inhumé mais de son tombeau, détruit lors de la Révolution française, il ne reste que quelques fragments, visibles au musée des Beaux-arts. L’édifice a néanmoins traversé les époques et conserve des tas d’autres trésors.
On y entre actuellement de la place Freppel. La cathédrale Saint-Maurice d’Angers, bâtie en l’an 1032, évolue au fil des siècles ; le XXIe n’y échappe pas. Toiture, orgue, parvis, le monument vit d’importants travaux d’entretien, de restauration et s’apprête, sur sa façade occidentale, à retrouver une galerie, comme au XIIIe siècle (les arcs brisés s’aperçoivent encore). Conçue par l’architecte japonais Kengo Kuma, celle-ci sera contemporaine et protégera le portail de 1150 et ses sculptures polychromes, aujourd’hui masquées. « Ce qu’on voit de l’extérieur est provisoire », insiste Morgane Gourichon, guide-conférencière à l’office de tourisme d’Angers.
74 mètres de hauteur
Mais même pendant les travaux, le passage est obligé. D’abord parce qu’on est ici au sommet d’un rocher de schiste sur lequel la ville a été établie, c’en est le point le plus haut. La cathédrale culmine à 74 mètres de hauteur. « Plus on s’éloigne d’Angers, plus elle est visible ! » Les deux flèches qui pointent vers le ciel ont été construites au XVIe siècle, comme les huit statues qui ornent la façade de tuffeau. Sept soldats romains entourent Saint-Maurice, le martyr qui a donné son nom à l’édifice.
On le retrouve à l’intérieur : l’autel qui lui est dédié est surplombé d’une rosace signée André Robin, maître verrier reconnu de l’époque. On est en 1451. Les douze signes du zodiaque se nichent sur la partie haute de la forme géométrique qui représente aussi des anges et musiciens et la Vierge Marie à laquelle une autre rosace est dédiée à l’opposé, dans le bras nord du transept.

Le maître-autel à baldaquin date du XVIIIe siècle Émilie Weynants / Ouest-France
Voûtes Plantagenêt
Le lieu est singulier, chargé de décor, de couleurs. Cela rompt avec l’extérieur mais là encore il faut lever la tête. Cet aspect bombé, c’est le résultat de ces voûtes gothiques angevines aussi appelées voûtes Plantagenêt « que l’on retrouve également à l’église Saint-Serge, à l’Hôpital Saint-Jean ou à la Collégiale-Saint-Martin », déroule Morgane Gourichon. Ici, les styles se mélangent. De part et d’autre de la nef, des vitraux des XIIe et XIIIe siècle répondent à ceux créés dans les années 1950 pour remplacer les précédents, endommagés pendant la Seconde Guerre mondiale.
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La Vierge Marie d’un côté, les Saints du territoire et le Roi René de l’autre. Le maître-autel monumental, lui, marque le XVIIIe et l’opulence, la profusion du baroque. Se mêlent ici du marbre rouge, de la feuille d’or, du stuc. Derrière se dresse l’orgue que l’on croit supporté par quatre atlantes taillés dans le bois. Cet autre matériau est très présent dans l’édifice, notamment dans le chœur où s’étire un important décor, classé Monument historique, qui camoufle (et protège) les peintures murales de l’époque médiévale. La seule pièce extraite est posée au pied de la statue de Sainte-Cécile érigée par le sculpteur David d’Angers. Une œuvre originale aux couleurs du XIIIe siècle, dans un état « exceptionnel », comme le reste paraît-il.