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Les start-up innovantes françaises n’arrivent plus à se financer

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photo  wandercraft, qui fait partie du top 5 des levées de fonds depuis janvier 2025, propose un exosquelette personnel.  ©  ouest france 1

Wandercraft, qui fait partie du Top 5 des levées de fonds depuis janvier 2025, propose un exosquelette personnel. © OUEST FRANCE

Une étude récente met en avant la chute des levées de fonds pour le déploiement des start-up françaises depuis janvier 2025. Inquiétant pour développer l’innovation, notamment industrielle, source des futures usines.

Récemment c’est Trektor, près de Nantes, qui faisait état de sa difficulté à lever juste trois millions d’euros pour commercialiser son tracteur électrique autonome. Moins chanceux, c’est Daan tech en Vendée, avec son mini lave-vaisselle Bob, qui a été placé en redressement judiciaire le 5 mars 2025. « Symbole de la réindustrialisation française », l’entreprise espérait lever 2,7 millions d’euros pour lancer son mini-four. Et prouver « que l’industrie française a un avenir ».

Au plus bas niveau des levées de fonds

Or depuis le 1er janvier 2025, les start-up françaises n’arrivent plus à attirer des fonds. Elles sont revenues au niveau le plus bas depuis 2019 en volume et en valeur des levées de fonds. 314 sociétés de la FrenchTech ont levé 2,8 milliards d’euros, en diminution de 35 % et de 24 % en volume, selon le relevé du premier semestre du baromètre du capital-risque en France. Les opérations supérieures à 100 millions d’euros sont en baisse de 87 %. Mais autre signe inquiétant, pour la première fois, la baisse touche également les tours de table inférieurs à 10 millions d’euros, qui étaient jusqu’à présent épargnés.

Dans l’Union européenne, la France perd sa position de leader et se fait largement dépasser par l’Allemagne. « Cette dernière a enregistré 3,6 milliards d’euros de levées de fonds. Elle baisse de 2 % en valeur, mais devance la France de près de 30 % » souligne Franck Sebag, associé EY et en charge de ce baromètre. « Avec des prévisions de croissance inférieures à 1 % et des perspectives de revente à la baisse, les fonds préfèrent conserver leurs participations, restreignant mécaniquement l’accès aux capitaux pour les jeunes pousses prometteuses. L’heure est la prudence », analyse-t-il.

Groupe de travail européen

C’est aussi pourquoi, le 16 juillet 2025, le ministre français de l’Économie, Éric Lombard, et le ministre des Finances allemand, Lars Klingbeil se sont mobilisés pour que les start-up et « scale-up », entreprises en croissance, européennes puissent accéder aux financements nécessaires à leur développement et à l’innovation. « Il est crucial d’identifier et de lever les obstacles restants. À cette fin, nous avons mandaté un groupe de travail conjoint, dirigé par l’ancien ministre allemand des Finances Jörg Kukies et l’ancien gouverneur de la Banque de France Christian Noyer » ont-ils annoncé.

Les champions dans ce contexte difficile

Qui a malgré tout tiré son épingle du jeu en France au premier semestre ? Deux start-up figurent en championnes, avec 100 millions d’euros levés chacune: Knave, location toutes durées en marque blanque, qui a mené son opération auprès du fonds chinois XIFU Capital, et Alice & Bob, dans l’informatique quantique. Sans oublier 75 millions d’euros pour Pennylane dans les logiciels. Wandercraft et son exosquelette personnel a levé 66 millions d’euros, et enfin l’assistant médical Nabla avec 61 millions d’euros.

Côté secteurs, c’est ainsi celui des logiciels et de l’IA qui se hisse à la première place, avec 891 millions d’euros de montants levés. « Ces montants sont néanmoins en forte baisse de 39 %, malgré un nombre d’opérations en forte croissance à plus de 57 % ».

Les Greentech se placent en deuxième position avec 515 millions d’euros en forte baisse aussi de 54 %, mais avec une stabilité en volume. Enfin, les Fintech, avec 487 millions d’euros, sont en hausse de 53 %.

La Bretagne en tête

Au niveau des régions, l’Île-de-France caracole en tête avec 74 % des montants levés en valeur. La Bretagne arrive à afficher douze opérations pour un montant global de 86 millions d’euros. Dont la jeune PME industrielle rennaise Ostréa avec une levée de fonds de 5 millions d’euros. Elle a inventé un matériau à base de coquillages, de ciment bas carbone et de biomatériau. Les Pays de la Loire sont à neuf opérations pour 22 millions d’euros et la Normandie à deux opérations pour 9 millions d’euros.

 
Élisabeth MONTAUFRAY-BUREAU.    Ouest-France  

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