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Législatives 2024. Dans la 7e circonscription de Maine-et-Loire, cette fois, ils seront trois... |
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Trois candidats seront aux prises dimanche au second tour dans la 7e circonscription de Maine-et-Loire : Clémence Lascaud (RN), Philippe Bolo (MoDem, Ensemble !) et Guillaume Jouanneau (PS, Nouveau Front populaire). © Ouest-France
Dimanche 7 juillet, les quelque 84 500 électeurs de la 7e circonscription de Maine-et-Loire (Angers-Segré) désigneront leur nouveau député. Une fois n’est pas coutume, c’est une triangulaire qui leur est proposée. Avec, dans l’ordre d’arrivée au premier tour : le député sortant, membre de la majorité présidentielle, Philippe Bolo (MoDem), le socialiste Guillaume Jouanneau (Nouveau Front populaire), et Clémence Lascaud (Rassemblement national).
Mercredi 3 juillet, à quatre jours du second tour, les trois candidats dans la 7e circonscription de Maine-et-Loire avaient décidé de faire étape au marché de Segré. Pour Philippe Bolo (MoDem) et Guillaume Jouanneau (PS, Nouveau Front populaire), ce fut bien le cas, chacun échangeant avec des électeurs potentiels. En revanche, victime d’une « panne de voiture », Clémence Lascaud (RN) a dû renoncer.
Philippe Bolo, l’habitué
Cette campagne a beau être particulière de par sa brièveté, Philippe Bolo (57 ans) est rompu à l’exercice. Et pour cause, le candidat MoDem sollicite un troisième mandat à l’Assemblée nationale.
Alors, pour cette campagne, il ne change pas de méthode : « Aller à la rencontre des associations, des agriculteurs, des chefs d’entreprise, des élus… On échange, on leur explique ce que l’on peut apporter comme solution. »

Philippe Bolo (MoDem) était présent sur le marché de Segré, mercredi 3 avril. Il a échangé avec des habitués. Ouest-France
Interpellé par le score du RN dans la circonscription, il s’interroge : « J’entends qu’il peut y avoir des problèmes sur la mobilité, l’accès à la santé, mais on est sur un territoire où il y a un quasi-plein-emploi, où il y a de la solidarité, du partage… Je pense que cette montée du Rassemblement national est plus un rejet d’une façon de faire de la politique. » Le candidat de la majorité présidentielle prône une « nouvelle méthode, en écoutant, en appliquant de la pédagogie, afin de faire des réformes justes et adaptées ».
Fort de ses 33,86 % au premier tour et d’un potentiel report de voix émanant de Républicains, il apparaît comme le favori de ce second tour.
Guillaume Jouanneau, l’outsider
Comme en 2022, Guillaume Jouanneau (36 ans) s’est hissé au second tour. Cette fois-ci, il s’agira non pas d’un duel avec Philippe Bolo mais d’une triangulaire. Ne disposant que d’un maigre espoir de report de voix, le socialiste (29,07 % au premier tour) espère convaincre des abstentionnistes du premier scrutin et faire changer d’avis d’autres électeurs.

Dans la matinée du mercredi 3 juillet, Guillaume Jouanneau (PS) s’est rendu au marché de Segré pour échanger avec les habitants du territoire. Ouest-France
Le conseiller d’entreprises agricoles se tourne notamment vers le milieu rural qui l’a peu suivi lui au premier tour. « Pourtant, il existe de véritables solutions dans notre programme. Par exemple, en agriculture, un secteur que je connais bien, j’ai de vraies pistes de travail que je voudrais mener avec les professionnels. On veut aussi remettre des services publics dans les territoires. »
Guillaume Jouanneau en est persuadé : « C’est en étant sur le terrain que l’on peut convaincre. Lorsque l’on échange avec les électeurs, ils comprennent nos priorités. Et je rappelle que l’on n’est pas des extrémistes, je suis du Parti socialiste, Marie (Fortin, sa suppléante) d’Europe écologie-Les Verts. On ne l’a peut-être pas assez explicité dans nos documents avant le premier tour. »
Clémence Lascaud, la novice discrète
À 29 ans, Clémence Lascaud (Rassemblement national) participe à sa première élection. Bien que plutôt réservée et discrète, elle a récolté 27,38 % des suffrages exprimés au premier tour, surfant sur la vague de son parti.
Dans le contexte de cette triangulaire, est-elle en mesure de coiffer tout le monde sur le poteau, profitant d’un possible report de voix venu de la droite et de l’extrême droite ? La coordinatrice d’actions culturelles l’espère, tout en préférant « ne pas tirer de plan sur la comète ».

Venue au marché de Segré avant le premier tour, Clémence Lascaud, candidate du RN, n’a pas pu en faire de même ce 3 juillet, victime d’une « panne de voiture ». Clémence Lascaud
Pour ce second tour, cette férue des commissions des affaires culturelles et sociales à l’Assemblée nationale a choisi de marteler son « attachement à la protection de l’enfance. Ma mère a été famille d’accueil pendant vingt-quatre ans, c’est un sujet qui me tient à cœur. Si je suis élue, je lutterai pour que l’on puisse rouvrir la commission d’enquête sur les manquements des politiques de protection de l’enfance. »
Pour le reste, elle parle « pouvoir d’achat, agriculture française, etc. Je suis à l’écoute des gens, de leurs soucis ».