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«Le manque d’information autour du dossier est flagrant» : le projet minier Belenos laisse les habitants du Pin inquiets... |
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50 personnes sont venues s’informer sur le projet Belenos, au Pin, jeudi soir. © Ouest-France
Après l’obtention par Breiz ressources du permis d’exploration minière en Loire-Atlantique et Maine-et-Loire, les opposants ne baissent pas la garde et continuent d’informer avant de décider d’autres actions. 50 personnes sont venues s’informer au Pin, en Loire-Atlantique, jeudi 18 décembre.
Environ cinquante personnes ont assisté, jeudi soir 18 décembre au Pin (Loire-Atlantique), à une réunion d’information consacrée au projet de prospection minière Belenos, porté par la société Breiz ressources. Animée par Marie Husson, de Stop Belenos, la rencontre a surtout mis en évidence un déficit de communication et de nombreuses interrogations sur les risques sanitaires et environnementaux.
Habitants, quelques élus et représentants associatifs ont suivi une présentation détaillée d’un projet que beaucoup ont reconnu avoir découvert très récemment, parfois par hasard
. Dans la salle, le constat est largement partagé : le manque d’information autour du dossier est flagrant
.
Le maire du Pin, Maxime Poupart, indique que le projet avait fait l’objet d’un affichage sur le panneau municipal. Une réponse jugée insuffisante par plusieurs participants, rappelant que ce type de support est peu consulté
.
Risques sanitaires et environnementaux
Marie Husson est revenue sur les principaux enjeux du projet : exposition possible au radon, pollution des eaux, assèchement de puits, impacts sur la santé des riverains… Le permis exclusif de recherches minières (Perm), délivré pour cinq ans et renouvelable deux fois, pourrait ainsi s’étendre sur quinze ans.
Si ce permis ne vaut pas autorisation d’exploitation, celle-ci pourrait être engagée rapidement en cas de découverte de gisements prometteurs. Des repérages par drones ou hélicoptères sont évoqués. À ce stade, propriétaires et exploitants peuvent encore refuser l’accès à leurs terrains, via un formulaire transmis à l’association Eaux et rivières de France. Pour les terres agricoles louées, l’opposition du fermier prévaut sur celle du propriétaire. Environ 25 % des personnes concernées auraient déjà refusé les prélèvements.
Décisions jugées opaques
L’État peut toutefois déclarer les recherches d’intérêt public, permettant d’imposer les opérations. L’absence de Breiz ressources a été vivement regrettée. Sa présence aurait, selon les participants, permis un débat contradictoire. Les organisateurs ont toutefois assuré que les informations présentées étaient sourcées. Un communiqué conjoint de la préfecture annonce la mise en place d’une commission de suivi associant riverains, associations, services de l’État et experts. Mais la communication institutionnelle reste critiquée : les maires de Loire-Atlantique n’auraient jamais reçu le courrier du préfet
, assure Marie Husson.
Alors que plusieurs conseils municipaux du Maine-et-Loire se sont publiquement prononcés, souvent contre le projet, ceux de Loire-Atlantique n’en ont débattu qu’en séance privée.
Les propos du délégué interministériel n’ont pas convaincu
Vendredi 19 décembre, à Vritz, les opposants se sont retrouvés pour décider des actions à conduire. Parmi celles évoquées, la signature massive de refus d’accès aux terrains apparaît comme le levier principal. Si les refus sont suffisamment nombreux, le projet sera abandonné
, a-t-il été avancé.
Une récente rencontre avec le préfet et le délégué interministériel aux minerais stratégiques, Benjamin Gallezot (en visio), a toutefois laissé les élus sur leur faim. Le délégué, qui a fait le déplacement jusqu’à Vannes (Morbihan), là ou un projet similaire à Belenos existe (Taranis), n’a pas plus convaincu en Bretagne. Il a insisté sur la décorrélation entre exploration et exploitation »,
selon Thierry Brunet, membre du collectif.