|
Le collectif féministe #NousToutes arrête de relayer le décompte des féminicides... |
1
Le collectif #NousToutes organise la marche contre les violences faites aux femmes. © ARCHIVES ALAIN JOCARD/AFP
Le collectif féministe contre les violences sexistes et sexuelles a annoncé sur ses réseaux sociaux, mercredi 5 janvier 2022, arrêter le relais du décompte des féminicides réalisé par une autre association, en raison des propos transphobes qu’elle aurait tenu.
« #NousToutes a décidé d’arrêter de suspendre le relais du décompte des féminicides conjugaux », a annoncé le collectif féministe contre les violences sexistes et sexuelles sur ses réseaux sociaux, mercredi 5 janvier 2022. Le collectif ne décomptait pas directement les féminicides commis, c’est une autre association, Féminicides par conjoint ou ex, qui s’en chargeait. Mais #NousToutes relayait ce décompte depuis 2018.
« C’est un travail d’ampleur, et le seul décompte rigoureux qui est effectué depuis des années », a d’ailleurs salué le collectif.
#NousToutes a décidé de suspendre le relai du décompte des féminicides conjugaux. Nous vous expliquons pourquoi. ??
— #NousToutes (@NousToutesOrg) January 5, 2022
Des propos transphobes « oppressifs et illégaux » en cause
Or, #NousToutes accuse l’association Féminicides par conjoint ou ex, d’avoir tenu, lundi 3 janvier, des propos transphobes que le collectif féministe juge « oppressifs et illégaux ». L’association refusait notamment de décompter les meurtres de personnes transgenres considérant qu’il ne s’agit pas de féminicides puisque ceux-ci auraient été commis par des amants ou par des inconnus.
« Nous considérons que nous ne pouvons pas nous appuyer sur un collectif qui affiche des positions contraires à nos valeurs », a déclaré #NousToutes en rappelant que « la transphobie est un délit puni par la loi » et que « la lutte contre la transphobie fait partie intégrante du féminisme ».
Des moyens plus inclusifs pour décompter les féminicides
Le collectif a donc décidé de chercher des moyens plus inclusifs de décompter les féminicides, qui permettraient d’inclure les personnes transgenres assassinées afin de « visibiliser l’ensemble des féminicides ». Il s’agirait notamment de rendre visibles « les féminicides hors du couple ».
Selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, 102 femmes avaient été tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en 2020. Elles étaient 146 en 2019. #NousToutes a relayé le nombre de 113 féminicides en 2021. Depuis le 1er janvier 2022, déjà trois femmes ont été victimes de féminicides.