Accueil Info Info en continu La question du jour. Une consultation de santé menée par un infirmier ou une infirmière, est-ce une bonne idée ?

La question du jour. Une consultation de santé menée par un infirmier ou une infirmière, est-ce une bonne idée ?

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photo  une consultation de santé menée par un infirmier ou une infirmière, est-ce une bonne idée ?  ©  marie delage 1

Une consultation de santé menée par un infirmier ou une infirmière, est-ce une bonne idée ? © Marie DELAGE

À partir du mois de juin, les infirmiers et infirmières mèneront leurs propres consultations. Elles prescriront les produits nécessaires aux pansements, possiblement des antalgiques, et préviendront d’éventuelles complications. Une consultation de santé menée par un infirmier ou une infirmière, est-ce une bonne idée selon vous ?

Un temps dédié pour examiner, poser un diagnostic, prescrire, réorienter : dans quelques mois, les infirmières mèneront leurs propres consultations, compétence longtemps réclamée et désormais reconnue. Les applications possibles sont nombreuses, mais se heurtent aux réalités budgétaires.

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Cette consultation, pas médicale mais bien limitée au champ de compétences infirmier, est la grande thématique cette année du salon infirmier, ces mercredi 25 et jeudi 26 mars à Paris.

Inscrite dans la réforme du métier de juin 2025, elle deviendra réalité dès la publication de deux arrêtés listant les soins et prescriptions confiés à ces soignantes. Soit en juin, promet le gouvernement.

La consultation consistera à recueillir des données sur l’état de santé, réaliser un examen clinique, poser un diagnostic infirmier, puis à prescrire des soins, produits de santé ou examens complémentaires, a résumé en ouverture du salon le président de l’Ordre professionnel, Alain Desbouchages.

L’infirmière mènera aussi des actions de prévention, d’éducation thérapeutique, en informera toujours le médecin et saura si nécessaire lui réadresser le malade, a-t-il ajouté.

Demain, face à un patient souffrant de plaies, l’infirmière sera accessible sans prescription médicale. Elle prescrira les produits nécessaires aux pansements, possiblement des antalgiques, et préviendra d’éventuelles complications, permettant un gain de temps pour tous, explique M. Desbouchages à l’AFP.

Profession de proximité, l’infirmière est plus largement une porte d’entrée vers le soin, qui sait repérer des situations problématiques, poursuit-il.

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Une infirmière scolaire ou d’un centre de santé sexuelle par exemple, pourra identifier des comportements à risque, prescrire et réaliser une prise en sang pour dépister des maladies sexuellement transmissibles, et éduquer à la santé, poursuit-il.

Sur le terrain, la consultation existe déjà, assurent les professionnels. Mais sans cadre légal ni temps dédié, elle est incomplète, non rémunérée, diluée au fil des passages au domicile, dans les chambres d’hôpital, d’Ehpad…

En crèche ou PMI, les infirmières-puéricultrices analysent comment l’enfant s’alimente, apprend à parler, se mouvoir ; à l’hôpital, les professionnelles analysent les impacts physiques, psychosociaux de la maladie et bientôt tout cela sera valorisé, s’enthousiasme Christelle Galvez, directrice des soins dans un établissement lyonnais.

Depuis six mois, le service d’anesthésie du CHRU de Nancy l’expérimente : On va voir les patients en sortie d’opération, on évalue la prise en charge de la douleur, on réadapte les traitements, a témoigné lors d’une conférence l’infirmière-anesthésiste Céline Babel.

Elle aimerait suivre à l’avenir des patients souffrant de douleurs chroniques, les délais pour voir un spécialiste atteignant un an et demi. Mais les hôpitaux sont à l’os et dégager des moyens est difficile : On doit démontrer le gain financier, observe-t-elle.

Grâce à un entretien long au domicile d’une patiente au diabète instable, Malcolm Orozco, infirmier libéral à Avignon, s’est, lui, rendu compte qu’elle passait son insuline au micro-ondes, cause de l’échec du traitement. On est les seuls à voir ce genre de détails, mais ce travail doit être payé, plaide-t-il.

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Un contexte financier tendu

Jeudi, l’Assurance maladie et les syndicats représentatifs doivent justement conclure des mois de négociations sur l’application de la loi infirmière et des revalorisations attendues.

Dans un contexte financier tendu, le périmètre des consultations remboursées sera restreint. Les syndicats espèrent en décrocher trois types : une dédiée aux plaies, une centrée sur l’éducation à la santé après un bilan prévention, et une pour les patients diabétiques nouvellement placés sous insuline.

Les tarifs sont encore inconnus et l’entrée en vigueur n’interviendrait qu’en 2027, selon des sources syndicales.

Une partie de la profession se dit très déçue, comme Gaëlle Cannat, représentante du collectif des infirmiers libéraux en colère.

Ces trois items ne suffisent pas : tous les jours je prescris des vaccins, des substituts nicotiniques, sans être payée, dit-elle, évoquant entre autres l’accompagnement psychologique des patients, ou la prévention notamment des phlébites, lorsqu’elle injecte des anticoagulants.

Ces limitations révèlent un pilotage avant tout financier, qui risque d’étouffer l’espoir d’une profession en quête d’autonomie et contreviendrait à l’esprit de la loi , juge Grégory Caumes, juriste spécialisé en droit de la santé.

Il pointe le risque de soins à deux vitesses : en établissement les infirmiers auront le plein exercice mais en ville leur autonomie sera ultra-réduite.

 
Avec Le Courrier de l’Ouest    Courrier de l'Ouest  

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