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La question du jour. Attendez-vous les soldes pour faire de bonnes affaires ?... |
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Attendez-vous les soldes pour faire de bonnes affaires ? © Illustration CO
Les soldes d’hiver ont commencé ce mercredi 10 janvier en plein épisode de froid en France.
Les soldes ne font plus rêver les petits commerçants qui les jugent trop rapprochés du Black Friday et noyés parmi les  promotions permanentesÂ
. Le froid qui s’abat sur le pays aurait même pu pousser les consommateurs à acheter des vêtements non bradés.
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Les collections d’hiver auraient pu bénéficier de  tout le mois de janvier au moins et d’une bonne partie du mois de février pour se vendre normalement, au juste prixÂ
, se désole Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l’habillement (FNH).
Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI), estime que ces soldes sont  dénaturésÂ
et que  les commerçants (n’en) attendent plus grand-choseÂ
.
Tous deux demandent au gouvernement de reculer la date des soldes.
Ceux d’hiver, lancés dans la plupart des départements français mercredi et qui doivent s’achever le 6 février, interviennent trop rapidement après le Black Friday et les ventes privées d’après Noël, juge M. Sanchez.
Ces vagues de promotions successives bénéficient surtout  aux grandes enseignesÂ
et devraient être mieux encadrées, selon le responsable de ce syndicat qui fédère 25 000 petites entreprises.
Des  promotions permanentesÂ
qui pénalisent le commerce de proximité, rejoint Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France.
 Nous, les indépendants, on ne peut plus fonctionner comme ça car nous n’avons pas la marge bénéficiaire pour faire des promotions tout le tempsÂ
, estime-t-il.
Carole Raquin, gérante du magasin Apparence, à Lyon, abonde :  Le mois de janvier est rarement un mois très bon pour nos petites boutiques : les clientes recherchent des rabais de -50 %, -70 %, ce qu’on ne peut pas offrirÂ
.
Marie Astrid Brachet, responsable de la boutique Libertie dans la même ville, constate elle aussi qu’ il y a quand même moins de monde qu’avant (pour les soldes)Â
car  les promotions régulières des grandes chaînes nous desserventÂ
.
Maëlys Martin, cliente d’un H & M de Lyon,  ne (savait) même pas que les soldes commençaient aujourd’huiÂ
.
En 2023, les commerces indépendants de la mode ont enregistré un chiffre d’affaires en baisse de 3 % en moyenne, selon la FNH.
Débats houleux
Reculer la date des soldes d’hiver et d’été, les supprimer purement et simplement, instaurer une ou deux semaines de rabais à la fin de chacune des quatre saisons, encadrer plus drastiquement les autres évènements promotionnels…
Ces propositions agitent le Conseil national du commerce (CNC), instance créée à l’initiative de la ministre déléguée au Commerce Olivia Grégoire, et qui s’est réuni deux fois au sujet des soldes en 2023, selon son cabinet.
Un arrêté pris en application de la loi Pacte fixe les dates des soldes au deuxième mercredi du mois de janvier pour ceux d’hiver et au quatrième mercredi du mois de juin pour ceux d’été, ce qui a fait l’objet d’un  consensusÂ
, rappelle le cabinet d’Olivia Grégoire.
 On n’est pas contre le fait que le dossier soit rouvert mais il faut un minimum de propositions partagées. Et là , on ne peut pas dire que ce soit le casÂ
, souffle-t-on du côté du cabinet de la ministre.
 Divergences importantes entre petits commerçantsÂ
, mais aussi entre  des enseignes qui souhaiteraient plutôt un modèle comme à l’étranger, avec des soldes qui démarrent immédiatement, et des indépendants et multimarques qui veulent des soldes le plus tard possibleÂ
, le compromis semble loin, explique le cabinet d’Olivia Grégoire.
D’autant que certains estiment que le système  est presque le moins pire proposéÂ
et prônent  le statu quo et le maintien du calendrier habituelÂ
comme l’Alliance du Commerce, qui regroupe grands magasins et importantes enseignes de l’habillement et de la chaussure.
Moment certes  très important pour la consommation et les commerçantsÂ
, les soldes ne doivent pas devenir  l’alpha et l’oméga du commerce, il y a des enjeux qui sont beaucoup plus importants et structurantsÂ
comme l’expérience magasin et la transition écologique, estime encore le cabinet de la ministre Olivia Grégoire.
Le secteur de la mode (commerce et industrie) représente en France 150 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, 580 000 emplois et rapporte 36 milliards de TVA à l’État, selon la FNH.