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La qualité de cette eau potable du Maine-et-Loire est dégradée : les agriculteurs pointés du doigt... |
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La qualité de l’eau potable distribuée à plus de 150 000 habitants du Maine-et-Loire est dégradée du fait d’eaux brutes polluées par les pesticides, leurs métabolites et les nitrates. © Archives CO – Laurent COMBET
Le syndicat d’eau de l’Anjou distribue l’eau potable à plus de 150 000 habitants du Maine-et-Loire. Les eaux brutes qu’il prélève « sont polluées par les pesticides, leurs métabolites et les nitrates, ce qui a un impact sur la qualité de l’eau potable distribuée », révèle un rapport de la Chambre régionale des comptes des Pays de la Loire. « L’absence d’adhésion de tous les agriculteurs » est notamment pointée du doigt.
Le syndicat d’eau d’Anjou distribue l’eau potable de quatre communautés de communes du Maine-et-Loire soit à plus de 150 000 habitants : Anjou bleu communauté (11 communes dont Segré-en-Anjou-Bleu, 34 000 habitants), Vallées du Haut-Anjou (15 communes dont Le Lion-d’Angers, 37 000 habitants), Anjou Loir et Sarthe (17 communes dont Durtal, Seiches-sur-le-Loir et Tiercé, 27 000 habitants), et Loire Layon Aubance (18 communes dont Saint-Georges-sur-Loire, Chalonnes-sur-Loire, Brissac-Loire-Aubance et Val-du-Layon, 57 400 habitants)
Un rapport de la chambre régionale des comptes des Pays de la Loire, rendu public ce lundi 31 mars, souligne : Les eaux brutes prélevées par le syndicat d’eau de l’Anjou sont notamment polluées par les pesticides, leurs métabolites et les nitrates, ce qui a un impact sur la qualité de l’eau potable distribuée
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Des progrès (insuffisants) et des investissements importants
L’étude tempère toutefois : Le taux de conformité physico-chimique de cette eau, après avoir été fortement dégradé (82,2 % en 2021), se situe à un niveau moins inquiétant (90,2 % en 2022, 97,8 % en 2023)
. D’ailleurs des investissements conséquents sont lancés, notamment dans le traitement de l’eau. Pour potabiliser les eaux brutes polluées, le syndicat doit mettre en œuvre des investissements et traitements coûteux : reconstruction d’usines (coût de 4 millions d’euros pour Chazé-Henry, de 12,7 millions d’euros hors taxes prévisionnel pour Saint-Georges-sur-Loire), ajout de traitement à six usines (1,5 million d’euros prévisionnel).
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Mais la Chambre régionale des comptes signale que ça ne suffit pas. La participation du syndicat à la reconquête de la qualité des eaux brutes se limite à trois sites de captage classés prioritaires. Précisément sur les captages prioritaires du Louroux-Béconnais et des Vallons-de-l’Erdre (Vritz-Candé), les contrats qui se succèdent depuis une dizaine d’années n’atteignent pas les objectifs assignés de réduction des pesticides et nitrates. Et ce malgré l’importance des moyens humains et financiers engagés ».
La Chambre régionale des comptes n’est d’ailleurs pas tendre avec les agriculteurs. L’absence de résultats probants, en raison notamment de l’absence d’adhésion de tous les agriculteurs à des mesures volontaires, rend urgent l’aboutissement de l’arrêté préfectoral projeté, qui devrait rendre obligatoires des actions ambitieuses et contrôlées
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