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L’ex-évêque Jean-Michel di Falco condamné au civil à dédommager un homme l’accusant de viols dans les années 1970... |
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Jean-Michel di Falco (ici en 2014) a été condamné au civil à dédommager un homme l’accusant de viols dans les années 1970. © Thomas BREGARDIS / ARCHIVES OUEST-FRANCE
L’ancien évêque Jean-Michel di Falco devra indemniser au civil un homme l’accusant de viols et agressions sexuelles quand il dirigeait un établissement scolaire parisien. Les faits sont prescrits au pénal, mais l’homme d’Église devra verser 160 000 euros à son accusateur.
La cour d’appel de Paris a condamné au civil l’ex-évêque Jean-Michel di Falco à payer près de 200 000 euros de préjudice à un homme l’accusant de viols et agressions sexuelles dans les années 1970, selon une décision consultée par l’Agence France-Presse, ce jeudi 26 mars 2026.
L’ancien évêque réaffirme sa « parfaite innocence » et se pourvoit en cassation, a annoncé son avocat à l’AFP.
« Comportement fautif » qui « l’oblige à réparation »
Pierre-Jean Pagès accuse Jean-Michel di Falco, aujourd’hui âgé de 84 ans, de violences sexuelles à l’époque où celui-ci était prêtre et directeur du collège Saint-Thomas d’Aquin à Paris entre 1972 et 1975, des faits prescrits au pénal.
« Il résulte ainsi des éléments du débat qu’un comportement fautif de M. di Falco, de nature sexuelle, a causé à M. Pagès un dommage corporel, qui l’oblige à réparation », a estimé dans son arrêt la cour d’appel, au terme d’un long chemin procédural qui avait vu le demandeur jusqu’ici débouté de ses demandes.
Contrairement à de précédentes décisions de justice dans cette procédure engagée au civil en 2016, la cour d’appel a considéré que l’action civile de Pierre-Jean Pagès, aujourd’hui âgé de 65 ans, n’était pas prescrite.
« L’action civile de M. Pagès, à des fins indemnitaires, se prescrivant par vingt ans à compter de la consolidation du dommage dont il est demandé réparation, ne peut donc être empêchée par la prescription de l’action publique relative à des faits recevant une qualification pénale », selon l’arrêt.
160 000 euros à verser
La juridiction d’appel a retenu l’année 2009, au cours de laquelle le demandeur s’est engagé dans une troupe de théâtre au terme de vingt ans de thérapie, comme année de « consolidation » du dommage.
L’ancien évêque auxiliaire de Paris, désormais à la retraite, est notamment condamné à lui verser 10 000 € en réparation du préjudice sexuel, 70 000 € au titre de l’incidence professionnelle et 81 392 € au titre du déficit fonctionnel temporaire.