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L’Espagne bouleversée par l’euthanasie d’une jeune femme... |
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Noelia Castillo Ramos lors de son interview sur la chaîne espagnole Antena 3. © Photo : Antena 3
Voilà deux ans que la Catalane Noelia Castillo Ramos, paraplégique depuis une tentative de suicide, demandait à mourir. Son père s’y opposait. La jeune femme de 25 ans a été autorisée à accéder à l’euthanasie. Elle est décédée ce jeudi 26 mars, à 18 h.
Son père a tout tenté pour l’en empêcher, depuis deux ans. Mais la justice espagnole a autorisé Noelia Castillo Ramos à bénéficier d’une aide médicale à mourir comme elle l’avait souhaité : elle est décédée à 18 h ce jeudi 26 mars, dans un hôpital de Barcelone. Mercredi, dans une interview diffusée sur la chaîne espagnole Antena 3, la Catalane de 25 ans, paraplégique, expliquait vouloir voir ses proches une dernière fois avant de mourir belle et seule
, maquillée et vêtue de sa robe préférée.
Son témoignage a suscité une vague d’indignation
relayée sur les réseaux sociaux par des groupes conservateurs et d’extrême-droite, qui dénoncent une euthanasie pour dépression
, relate El Pais.
Une vision déformée d’une vie pavée de souffrances pour la jeune femme, qui a plusieurs fois conté dans les médias son adolescence tourmentée. La séparation de ses parents, ses passages en familles d’accueil, ses tentatives de suicide à répétition et ses hospitalisations en psychiatrie. J’ai consommé des drogues, avait-elle expliqué. J’ai fréquenté de mauvaises personnes ; un de mes premiers petits amis a abusé de moi pendant que je dormais.
Deux ans de bataille judiciaire
Jusqu’à ce drame de trop : son viol par trois hommes. Trois jours plus tard, le 4 octobre 2022, elle tente de mettre fin à ses jours en se jetant du cinquième étage d’un immeuble, relate le journal catalan La Vanguardia. Elle survit, mais reste paraplégique. Deux ans plus tard, elle sollicite une injection létale.
Légale depuis 2021 en Espagne, l’euthanasie n’est autorisée que pour les personnes souffrant d’un handicap lourd ou d’une maladie incurable. Formulée par le patient lui-même, la demande doit ensuite être approuvée par une équipe médicale et la Commission de garantie et d’évaluation (CGAC), chargée d’encadrer l’accès à l’euthanasie. En avril 2024, cet organisme catalan conclut que Noelia Castillo Ramos est pleinement apte
à décider : Elle présente une affection clinique irréversible, qui lui cause une forte dépendance, des douleurs et des souffrances chroniques et invalidantes.
Ce n’est pas l’avis de son père - soutenu par l’association conservatrice Abogados cristianos (Avocats chrétiens) - qui affirme qu’elle ne dispose pas des capacités mentales
nécessaires. S’ensuivent deux ans de bataille judiciaire. Le tribunal d’instruction, la Haute Cour de justice de Catalogne, la Cour suprême et la Cour constitutionnelle espagnoles puis la Cour européenne des droits de l’homme ont tour à tour donné raison à Noelia Castillo Ramos.