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L’économie sociale peut faire plus pour les communes... |
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Benoît Hamon, futur président de la CNESS (Chambre nationale de l"économie sociale et familiale) est venu rendre visite à l’équipe de la CRESS : De gauche à droite, Mahel Coppey, Antoine Detourné, Gilles Cavé et Chloé Durey. © CRESS
« L’économie sociale et solidaire n’est pas sollicitée à la hauteur des besoins des collectivités: » c’est la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire qui le regrette, et cherche aujourd’hui à développer davantage ses contacts avec les communes.
En créant un club des collectivités, la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS) a fait un pas en direction des communes. Quarante d’entre elles ont déjà rejoint ce club où siègent en moyenne une cinquantaine de personnes. Dans un contexte de ressources budgétaires rares, et face à la désertification rurale, l’économie sociale et solidaire explique qu’elle a des atouts pour aider les collectivités. « 79 % des communes ont un emploi dans l’économie sociale et solidaire. Dans les Pays de la Loire, nous sommes très loin devant la moyenne nationale. » Ouverture de commerces, recycleries, service,…Encore faut-il mieux se faire connaître et le président Gilles Cavé estime que « la reconnaissance de l’ESS est insuffisante. » Venu pour l’occasion rendre visite aux acteurs de l’ESS des Pays de la Loire, le futur président de la CNESS, l’ex-ministre Benoît Hamon a expliqué que « notre objectif au sein de l’ESS, c’est de jouer un rôle d’entraînement de toute l’économie. »
Appel à la Région
À l’occasion de l’assemblée générale de la CRESS, mardi à Angers, la Chambre a tourné son regard vers le conseil régional des Pays de la Loire. C’est le plus gros pour pourvoyeur en subventions, 150 000 €, après l’État qui subventionne la CRESS à hauteur de 153 556 €, et le conseil départemental de Loire-Atlantique (30 000 €). Mais la CRESS estime qu’il n’y a pas suffisamment d’échanges entre elle et la collectivité régionale, et le regrette. « Nous pourrions faire beaucoup. Avec 160 000 salariés, l’ESS représente 12,5 % de l’emploi dans les Pays de la Loire. Nous avons bâti tout un écosystème autour des structures du réemploi, » explique Gilles Cavé. « Nous sommes plutôt confiants dans l’avenir et le rayonnement de l’ESS. »
La preuve : cette année encore, de nouveaux adhérents ont rejoint la CRESS qui compte aujourd’hui 73 structures : Les « petits nouveaux » sont le réseau Mobilis, info jeunes Pays de la Loire, le pôle patrimoine des Pays de la Loire, les connexions, et la Koncepterie.
Projet de maison régionale
Aujourd’hui, 50 salariés travaillent au siège de la CRESS dans ses nouveau nouveaux locaux en partenariat avec La Poste, sur le site de l’escale Mabon, sur l’île de Nantes. Ils ont ouvert à l’été 2023. Ce bâtiment est voué à la destruction dans quelques années et la CRESS, qui a signé une convention d’occupation précaire jusqu’en 2026, réfléchit activement à la création d’une maison régionale de l’ESS. « Nous aurions besoin de doubler nos surfaces pour passer à 2000 m² et augmenter de 50 salariés, nous pourrions passer à 100 avec les jeunes en service civique. » Une croissance à l’image de l’essort que connaît l’économie sociale et solidaire.