|
L’avocat pénaliste parisien Jean-Pierre Versini-Campinchi est mort... |
1
L'avocat Jean-Pierre Versini-Campinchi est décédé à l'âge de 83 ans. © Jack GUEZ / AFP
Figure de la justice, l’avocat pénaliste Jean-Pierre Versini-Campinchi, qui avait notamment défendu le fils de François Mitterrand, François Fillon ou encore Bernard Laporte, est décédé à l’âge de 83 ans.
L’avocat pénaliste Jean-Pierre Versini-Campinchi, qui a défendu entre autres Jean-Christophe Mitterrand, François Fillon, Anne Lauvergeon, Bernard Laporte ou le groupe Vinci, est décédé à l’âge de 83 ans, ont annoncé jeudi 12 octobre 2023 ses associés Fanny Colin et Alexandre Merveille, confirmant une information de Marianne.
« Grâce à vous, j’aurais eu une vie exceptionnelle. J’ai pris des mandales, j’ai gagné des coups ingagnables, et le cabinet Versini-Campinchi, Merveille et Colin va continuer », écrit Me Versini-Campinchi dans une lettre posthume à ses clients, ses amis et ses confrères.
C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons appris la disparition de notre confrère Jean-Pierre Versini-Campinchi. Avocat courageux, il n’hésitait pas à prendre des risques et à défendre les causes les plus difficiles.
— Bâtonnière de Paris (@batonnierparis) October 12, 2023
Nos pensées affectueuses vont à sa famille, à ses proches,… pic.twitter.com/1CLaWHZxr6
L’avocat, qui avait prêté serment en 1965, rend hommage à ses deux associés, « non pas parce qu’ils ont eu le bonheur d’être mes collaborateurs avant d’être mes associés, mais parce qu’ils ont trois qualités qui sont à la fois très rares et absolument indispensables : le sens aigu du droit, […] la vitesse et la détermination dans l’exécution, et l’imagination ».
« Sans imagination, un avocat a beau faire des mouvements, ça reste toujours une brouette », estime le pénaliste connu pour ses noeuds-papillons et son franc-parler.
« Un dernier mot pour la route : la dérision est le seul moyen d’éviter la déraison », conclut-il dans cette lettre consultée par l’AFP.
Une clientèle très médiatisée
Après plus de vingt ans de droit des affaires et de litiges entre entreprises et commerçants, il est tombé dans la « marmite pénale » à la demande d’un de ses partenaires de poker, avait-il raconté à l’AFP lors d’un entretien en 2020.
« Je ne savais rien du pénal, j’ai découvert l’horreur », s’était-il esclaffé, « quand vous faites du droit commercial, ce qui est écrit dans les livres est à peu près appliqué, au pénal non ».
Au cours de sa longue carrière, Me Versini-Campinchi, qui travaillait beaucoup la nuit, a défendu entre autres le géant des travaux publics Vinci, un fils de président, Jean-Christophe Mitterrand, dans l’affaire de l’Angolagate, et, plus récemment, l’ancienne patronne d’Areva Anne Lauvergeon et l’ex-patron du rugby Bernard Laporte.
Il a également défendu avec Me François Saint-Pierre Maurice Agnelet, accusé d’avoir tué Agnès Leroux, la riche héritière niçoise disparue à l’automne 1977 et dont le corps n’a jamais été retrouvé.
« Avocat courageux, il n’hésitait pas à prendre des risques et à défendre les causes les plus difficiles », a écrit sur X (ex-Twitter) la bâtonnière du barreau de Paris, Me Julie Couturier.
La mémoire du pénaliste a été saluée par plusieurs avocats sur X. « Jean-Pierre Versini-Campinchi osait tout avec grande intelligence et humour ! Triste… », a estimé Me Marie-Alix Canu-Bernard.
Dans son livre « Papiers d’identités » (Éditions du Cerf) paru en 2020, il racontait en 300 pages ses origines, sa vie et sa carrière en assénant au passage quelques-unes de ses vérités sur la France du XXIe siècle et son système judiciaire.
Né le 12 novembre 1939 d’un père corse et d’une mère antillaise à Ambleny (Aisne) où il a grandi, issu d’une famille d’avocats et de magistrats, il se considérait « donc comme gaulois ».
« Je suis un vieil avocat. Mais être encore avocat à 80 piges, ça veut dire qu’on a duré. C’est déjà pas mal », avait-il confié à l’AFP en 2020.