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Jugé pour avoir perturbé le conseil municipal

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photo le leader du bloc identitaire, benoît couetoux du tertre, à la sortie de l'audience, devant les caméras. 1

Le leader du Bloc identitaire, Benoît Couetoux du Tertre, à la sortie de l'audience, devant les caméras.

Un fonctionnaire de 43 ans, leader local du Bloc identitaire, un groupuscule de droite intégriste, a comparu, hier, devant le tribunal correctionnel d'Angers. Jugement le 2 janvier.

Affublés de masques de cochons, les perturbateurs avaient fait irruption au conseil municipal d'Angers le 8 avril dernier pour marquer leur hostilité au projet de construction de la mosquée. « Dans mon esprit, ce n'était pas une action illégale mais plutôt médiatique. » Benoît Couetoux du Tertre, lunettes fines cerclées, costume cravate, ne semble pas du tout intimidé. Le fonctionnaire de la préfecture d'Angers, affecté au service de la protection du patrimoine, accompagné d'une quinzaine de membres, revendique son appartenance au mouvement identitaire français : « Nous sommes pour la défense de l'identité locale, nationale et européenne dans la défense de la civilisation. »

 

Ce soir-là, avec quatre jeunes ralliés à sa cause, il avait interrompu le conseil en jetant des tracts et en scandant : « Pas un sou pour la mosquée. Angers n'est pas une terre d'Islam ! » Choqué par cette intervention, le maire, Jean-Claude Antonini avait suspendu la séance et décidait de porter plainte. Et avec lui, l'Association des musulmans d'Angers « pour provocation publique à la discrimination et à la haine. » Mais, hier, devant le tribunal correctionnel, le perturbateur identitaire était seulement poursuivi pour entrave à un conseil municipal. Me Bertrand Salquain, avocat de l'association musulmane s'en est vite offusqué : « Les musulmans d'Angers étaient bien visés. Le tract distribué était raciste. Pourquoi le parquet d'Angers n'a pas retenu cette qualification ? »

La réponse du substitut du procureur, Lionel Ascensi, a été claire et nette : « Seul, le délit d'entrave était caractérisé, même si c'est bien la lutte contre l'islamisation de la société qui a motivé l'action. » Et de requérir de 3 à 4 mois de prison avec sursis, 105 jours de travail d'intérêt général au sein d'une collectivité comme stage de citoyenneté et interdiction du droit de vote durant un an.

« Un simple chahut ! »

Auparavant, au nom de la Ville, Me Pierre Brossard avait, lui, demandé un 1 € de dommages et intérêts. « Un euro symbole de la démocratie, de la tolérance et de la liberté. »

En défense, Me Cyrille Guillou a alors plaidé la relaxe du perturbateur : « Depuis les faits, il a été suspendu de son poste à la préfecture alors qu'il doit élever trois enfants pour avoir seulement commis un simple chahut. En aucun cas une entrave au conseil municipal. » Et de signifier : « Il n'y a eu aucune menace en direction des élus, aucun empêchement à délibérer. »

Le tribunal s'est donné un temps de réflexion jusqu'au 2 janvier pour prononcer son jugement. Les quatre autres co-auteurs de l'action groupusculaire, de jeunes étudiants, seront présentés, eux, le 19 janvier prochain en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Une juridiction beaucoup moins répressive.

Yves LAUNAY.

Lire aussi page 3.

 




   Ouest-France  

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