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Jeunes paumés condamnés pour voitures brûlées2 |
Ils comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel pour onze incendies. Tous ont le même profil : des parcours compliqués, et des soirées désoeuvrées.
Dans le box des prévenus, quatre têtes d'enfants. Tout juste 18 ans, crânes rasés, bouilles d'ados. Encadrés par des policiers. Détenus, ils sont jugés, ce jeudi, en comparution immédiate par le tribunal correctionnel d'Angers. On leur reproche onze incendies, dont neuf pour des voitures à Avrillé et Angers.
Dans la nuit du 23 au 24 juin, Avrillé, la petite bande, complétée par un jeune ado, sort d'un barbecue. Il leur reste un peu d'alcool et de quoi lancer un feu. Sans raison apparente, ils décident d'incendier une voiture. La première d'une longue série.
D'autres feux suivent, le 6 juillet, le 22 juillet, le 1er à et le 6 août, dans la nuit du 6 au 7 août, dans la nuit du 17 au 18 août à Avrillé ; dans la nuit du 31 juillet au 1er août, dans la nuit du 3 au 4 septembre à Angers. Principalement des voitures, mais aussi un bungalow.
Devant le tribunal, les jeunes font profil bas. Aucune explication tangible et le désoeuvrement au bout de chaque explication. Leurs parcours présentent une étrange similitude : même âge, tout juste adultes, et surtout une rupture profonde avec les familles. L'un a perdu son père très tôt. L'autre ne parle plus avec sa mère. Certains ont navigué de foyer en foyer.
Un couple venu pour demander réparation de l'incendie de sa camionnette se résout à abandonner sa demande. « Après avoir entendu, on renonce, on trouve ça trop triste », avoue la femme. Mais le procureur adjoint Christophe Valissant ne se laisse pas attendrir. « Moi, je représente la société toute entière. Il s'agit de onze nuits, onze expéditions, sur des motifs futiles. » Il requiert entre six et dix-huit mois de prison, selon le nombre de faits imputés. Avec mandat de dépôt à chaque fois.
Mais les deux avocates, Anne-Pascale Lamy-Rabu et Mélanie Gonzalo-Lagarde, reprennent le couplet sensible. Elles racontent cette histoire de « gamins cassés par la vie », de « jeunes livrés à eux-mêmes », des difficultés scolaires de certains qui ont quitté l'école en 5e...
Le tribunal entend ce discours. Il condamne les quatre jeunes de quatre mois à un an de prison avec sursis, avec, à chaque fois, un travail d'intérêt général. Les jeunes sont obligés de se former, de se soigner et d'indemniser les victimes. Une somme de 919 € de dommages et intérêts est allouée à une des victimes. En attendant que les autres se fassent connaître.
Patrick Mennessier.
DLR Angers.