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Jeune garde : une enquête ouverte pour des soupçons de reconstitution du groupe antifasciste... |
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Le drapeau de la Jeune Garde lors d’une manifestation contre la loi dite Sécurité globale à Lyon, le 5 décembre 2020. Photo d’illustration. © Bastien Doudaine / Hans Lucas via AFP
Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour des soupçons de reconstitution de la Jeune garde, groupe antifasciste dissous en juin 2025, à la suite d’un signalement du ministère de l’Intérieur. Des personnes proches de ce groupe sont mises en examen dans l’enquête sur la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon, mi-février.
Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour des soupçons de reconstitution de la Jeune garde, groupe antifasciste dissous, à la suite d’un signalement du ministère de l’Intérieur, rapporte l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information de franceinfo et BFMTV .
Cette enquête ouverte par le parquet de Paris pour « participation au maintien ou à la reconstitution d’association ou de groupement dissous » a été confiée à la Section de recherches de la gendarmerie de Paris.
Une réunion à l’Élysée
Mardi, Emmanuel Macron avait réuni à l’Élysée les ministres de l’Intérieur et de la Justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, ainsi que les responsables des services de renseignement pour évoquer « les groupes d’action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques ».
Le parquet a précisé avoir reçu le même jour « un signalement du ministère de l’Intérieur dénonçant la reconstitution, sous forme de structures satellites », de la Jeune garde, dissoute par décret le 12 juin 2025. Ce décret est contesté devant le Conseil d’État sans que la dissolution ne soit suspendue en attendant.
Cette réunion à l’Élysée intervenait après la mort, il y a dix jours à Lyon, de Quentin Deranque, un militant d’extrême droite radicale de 23 ans, battu à mort par des membres de l’ultragauche. Les obsèques se sont déroulées ce mercredi après-midi dans la plus stricte intimité et sans aucun incident à Cucuron, village du Lubéron.
Sept personnes mises en examen
Sept personnes ont été mises en examen pour homicide involontaire et complicité. Plusieurs d’entre elles sont proches de la Jeune garde antifasciste, fondée en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault, aujourd’hui député de La France Insoumise.
Selon un participant à la réunion élyséenne, les services de renseignement surveillaient, avant le décès de Quentin Deranque, les « velléités de reconstitution » de groupuscules liés à la Jeune garde sur « cinq territoires au moins ». « Les faits gravissimes de Lyon » sont venus « étayer » le dossier, avait ajouté ce participant.
Le chef de l’État a demandé au ministère de l’Intérieur de lancer les procédures de dissolution de ces cinq « émanations » de la Jeune garde.
Le parquet de Paris a par ailleurs rappelé qu’un « signalement similaire avait porté, en octobre 2021, sur la reconstitution de l’association Génération identitaire ». Ce groupe d’extrême droite a été dissous par décret le 3 mars 2021.
La SR de Paris « en avait également été saisie. L’enquête a été clôturée et est à l’analyse par le parquet, afin d’apprécier l’orientation pénale à y apporter », poursuit le ministère public.