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Jean-Noël Barrot attendu en Israël après une visite de solidarité au Liban... |
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Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot assiste à une réunion avec le Premier ministre libanais Nawaf Salam au palais du gouvernement à Beyrouth, au Liban, le 19 mars 2026. Jean-Noël Barrot est en visite officielle à Beyrouth pour rencontrer les dirigeants libanais. © EPA/WAEL HAMZEH
Le ministre français des Affaires étrangères se rendra vendredi 20 mars en Israël, à l’issue d’un déplacement à Beyrouth marqué par le soutien de Paris au Liban, pris dans l’engrenage de la guerre régionale. Cette visite vise à évoquer avec les autorités israéliennes la situation sécuritaire, les enjeux humanitaires et les perspectives de désescalade, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques.
Le chef de la diplomatie française se rendra vendredi 20 mars en Israël, à l’issue de son déplacement à Beyrouth où il a témoigné de la solidarité de la France avec le Liban, entraîné dans la guerre qui a embrasé la région.
« A l’issue de son déplacement au Liban, Jean-Noël Barrot se rendra en Israël ce vendredi 20 mars », a appris l’AFP auprès du ministère français des Affaires étrangères.
En Israël, « le ministre s’entretiendra avec les autorités israéliennes afin d’évoquer la situation sécuritaire, les enjeux humanitaires et les perspectives de désescalade, dans le prolongement des efforts diplomatiques menés par le président de la République », a indiqué le Quai d’Orsay.
Visite au Liban jeudi
Jean-Noël Barrot était jeudi à Beyrouth, la capitale du Liban voisin, où l’armée israélienne mène des opérations militaires d’ampleur contre le Hezbollah pro-iranien provoquant des déplacements massifs de population. La France s’est proposée comme médiatrice pour faire cesser les combats au Liban.
Le président libanais Joseph Aoun a de nouveau appelé à une trêve et à des négociations avec Israël en recevant jeudi le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, en visite de « solidarité » dans le pays.
Le mouvement chiite Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale au Moyen-Orient le 2 mars, en lançant des missiles sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.
Depuis, Paris a maintes fois appelé le Hezbollah à se désarmer tout en demandant à Israël de renoncer à une vaste offensive terrestre.
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Proposition pour mettre fin à la guerre
Samedi, Emmanuel Macron avait rappelé dans un message sur X que l’exécutif libanais avait « marqué sa disposition à des discussions directes avec Israël ». « Israël doit saisir cette opportunité pour enclencher des discussions et cesser le feu, trouver une solution durable et permettre aux autorités libanaises de mettre en œuvre leurs engagements en faveur de la souveraineté du Liban », avait-il estimé.
Il avait aussi souligné que la France, qui entretient des liens historiques forts avec le Liban, était « prête à faciliter ces discussions en les accueillant à Paris ».
Le site américain Axios, citant trois sources au fait du dossier, avait affirmé samedi que Paris avait élaboré une proposition pour mettre fin à la guerre prévoyant la reconnaissance de l’État d’Israël par le Liban.
Mais le ministère français des Affaires étrangères a démenti cette information. « Il n’y a pas de plan français. Mais il y a des initiatives, il y a des idées », a déclaré jeudi Pascal Confavreux, porte-parole du Quai d’Orsay, sans les détailler.
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Tensions entre la France et Israël
Cette visite vient par ailleurs après des mois de tensions entre la France et Israël résultant de la décision d’Emmanuel Macron de reconnaître un État palestinien. Le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou avait alors vertement critiqué la France, qui avait emmené dans son sillage nombre de pays européens notamment. Il avait en outre menacé Paris de représailles, ce qui s’était essentiellement traduit par l’impossibilité pour Emmanuel Macron et son chef de la diplomatie de se rendre en Israël.
Dans un entretien avec l’AFP lundi, le président israélien Isaac Herzog avait, lui, appelé les pays européens à « soutenir tout effort visant à éradiquer » le Hezbollah, tout en accueillant favorablement l’offre de médiation française entre son pays et le Liban.
La France, ex-puisance mandataire au Liban, et les États-Unis étaient parvenus en novembre 2025 à faire signer un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Ils étaient en outre les garants du respect de ce traité qui prévoyait le désarmement du Hezbollah.
La France, a constamment accordé « son plein soutien aux autorités libanaises », saluant leur décision le 2 mars d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.