|
Jacky Bonnevay demande des comptes au Sco... |
L'ex-entraîneur du club de football d'Angers veut démontrer que son contrat a été rompu abusivement.
Ce n'est pas le Sco d'aujourd'hui dont il a été question à l'audience de mardi. Mais celui de la saison 2003-2004. Le club jouait en Ligue 2. Il perd face à Rouen le 31 janvier. Angers devient alors 18e du classement et relégable. Jusqu'à ce dernier match, Jacky Bonnevay entraîne l'équipe professionnelle. Le président du Sco de l'époque, Patrick Norbert, décide alors de faire appel aux services d'un autre entraîneur, Noël Tosi. Un changement qui, avec le recul, s'insère dans une longue valse des dirigeants du club.
Après une demande déboutée en première instance devant le conseil des prud'hommes en juillet 2006, Jacky Bonnevay revenait en appel, hier, pour démontrer la rupture abusive de son contrat à durée déterminée (CDD). « Le 2 février, il reçoit un courrier pour le suspendre de ses fonctions », indique son avocat Me Bertrand. Oui sauf que, selon l'avocat, l'arrivée de ce nouvel entraîneur, Noël Tosi, équivaut à un remplacement « à titre définitif » de Jacky Bonnevay dès le 2 février et non à une suspension. « Le nouvel entraîneur va ainsi figurer officiellement sur les feuilles de matches, puis faire homologuer son contrat qui est forcément d'une durée minimale de deux ans. »
« Des pressions »
L'avocat du Sco, Me Pédron, met lui en avant une lettre de Jacky Bonnevay adressée Sco et datée du 18 février. « Il y écrit que le Sco a rompu unilatéralement le contrat », note l'avocat. Pour lui, ce courrier, entre autres, vaut « prise d'acte de la rupture » et il produit donc les effets d'une démission. « Entre le 2 février et le 18 février, le club n'a commis aucune faute. Par ailleurs, il n'y a aucune incompatibilité pour un club d'avoir deux entraîneurs avec les mêmes diplômes. » Pour l'avocat du club, la date de la rupture du contrat intervient ainsi avant l'exposé des fautes reprochées à Jacky Bonnevay, dans une lettre du 2 mars.
Pour autant, elles ont été évoquées à l'audience. Des fautes que conteste totalement Jacky Bonnevay. « On lui reproche d'avoir harcelé un joueur. Aujourd'hui, ce joueur reconnaît avoir subi des pressions du président du club pour témoigner contre son entraîneur. Il s'en excuse même auprès de M. Bonnevay. On reproche à l'entraîneur de ne pas avoir respecté son obligation de loyauté car ce joueur, recruté en août 2003, n'aurait pas été aussi bon que prétendu et n'avait pas le niveau de la Ligue 2 : mais le choix a été collégial. Et comment dire, plus de six mois après, que ce recrutement est une faute grave ·, interroge Me Bernard. On lui reproche aussi d'être allé à l'hôtel dire bonjour à l'entraîneur du Stade Malherbe de Caen le jour même où le Sco rencontrait cette équipe. » De là à le soupçonner d'avoir donné des bons tuyaux... « Mais non, il s'agissait d'une visite de courtoisie entre amis où, en aucun cas, le devoir de réserve n'a été violé. » A cette époque-là, l'équipe caennaise est en haut de tableau.
L'avocat du club maintient, lui, tous ces griefs et parle de « grave manquement » au devoir de confidentialité de l'entraîneur, au sujet du dernier point. Il pointe aussi le « golden platinum parachute » réclamé par l'entraîneur. L'ex-entraîneur du Sco demande 660 000€ en réparation du préjudice subi.
Le jugement a été mis en délibéré au 26 juin.
Marie TOUMIT.