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Insolite. Mais pourquoi les chats disparaissent à Angers ?9 |
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La SPA peut pratiquement localiser sur une carte les foyers des chats perdus. Michel Bernardin, Marie-Louise Triollet, Michelle et Edgar Doisneau parlent d'un « phénomène grave ». © Ouest-France
En 2011, le nombre de disparitions est passé de 200 à plus de 522 signalements. L'oeuvre d'un déséquilibré ? Des trafiquants de fourrures ? La Société protectrice des animaux s'interroge...
La polémique
« C'est la première fois que nous connaissons ce genre problème », avoue, démuni, Michel Bernardin. Le président de l'antenne angevine de la Société protectrice des animaux (SPA) et son équipe sont en émoi. Les félins disparaissent sur l'ensemble du territoire de la ville. « Les années précédentes, on dénombrait quelque 200 pertes. En 2011, 522 ont été signalées », déplore Marie-Louise Triollet, vice-présidente de l'association. « Avec quelques points sensibles, notamment aux abords de l'hôpital, la gare, le jardin de plantes, le quartier Lac de Maine et celui des Banchais, précise Michelle Doisneau, bénévole. Sans compter les cas que les propriétaires ne nous signalent pas. »
Les gens « en pleurs »
« Dans le quartier de la gare, une famille nous a signalé la perte d'un troisième chat, raconte Michelle Doisneau. Les gens arrivent en pleurs. » Avec le mince espoir de retrouver leur animal de compagnie. « Nous sommes plus que sensibles à cette situation anormale, souligne Michel Bernardin. Il s'agit d'un phénomène grave. » « Il faut prévenir les Angevins, insiste Marie-Louise Triollet. Inviter les propriétaires de chats à la plus grande vigilance. »
Le phénomène reste inexpliqué. Mais les suppositions vont bon train. « S'il s'agissait d'un déséquilibré, nous aurions des indices quant à la localisation des disparitions », suggère Edgar Doisneau. Là, l'ensemble de la ville est concerné. Et même au-delà. « Des signalements émanent d'Avrillé, de Trélazé ou des Ponts-de-Cé. »
Trafic de fourrures ?
« Qui est l'origine de ces disparitions ? Dans quel but », se demande Michel Bernardin. « Toutes les hypothèses peuvent être émises... Y compris le trafic de peaux. » « C'est arrivé dans d'autres villes, se rappelle Michelle Doisneau. À Nantes notamment, où la gendarmerie avait démantelé un réseau fournissant les pays de l'Est en fourrure de chat. »
« Si on a des pistes, on portera plainte », assure Michel Bernardin. Mais pour l'heure, la SPA manie le sujet avec précaution. « Nous engageons des démarches auprès des collectivités, explique Marie-Louise Triollet. Nous sommes en relation avec Gilles Mahé, adjoint à l'environnement. » Le but ? Relever d'éventuels pièges disséminés dans la ville. En attendant, le mystère de ces disparitions reste entier.