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Inondations en Anjou : ces six digues pourraient-elles rompre en cas de grosses crues ?... |
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À Montjean-sur-Loire, les travaux de confortement de la digue. Un chantier coûteux évalué à un million d’euros par kilomètre. © Département du Maine-et-Loire
Destinées à empêcher les débordements de la Loire, les digues du Maine-et-Loire font l’objet de toutes les attentions. Depuis 2018, ce sont les collectivités qui en assurent le suivi. Mais dans quel état sont-elles ? Et risquent-elles de rompre en cas de grosses crues ?
Destinées à empêcher les débordements de la Loire, les digues du Maine-et-Loire font l’objet de toutes les attentions.
Combien existe-t-il de digues en Anjou ?
En Anjou, on compte six digues classées pour la protection contre les inondations. La plus importante, celle du val d’Authion (80 km entre Les Ponts-de-Cé et Langeais, en Indre-et-Loire), protège environ 70 000 personnes. Les digues de Saumur (14 500) et celles des vals du Petit Louet, de Montjean-sur-Loire, de Vernusson et de Saint-Georges-sur-Loire (de 150 à 650 habitants selon les cas).
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Depuis 2019, ce sont les collectivités qui assument le suivi des digues en lien avec État public Loire. Ici, Benjamin Javaux, responsable du service Gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (Gemapi) à Angers Loire métropole. Ouest-France
À quoi servent les digues ?
À protéger les populations, mais cela n’a pas toujours été le cas. La levée de la Loire a été construite sous Napoléon « à l’origine pour soustraire des terres de bonne qualité aux inondations afin de les cultiver », explique Benjamin Javaux, responsable du service Gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (Gemapi) à Angers Loire métropole.
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Peuvent-elles protéger contre les grandes crues ?
La digue du Val d’Authion est dimensionnée pour protéger contre une crue cinquantenale (un risque sur cinquante qu’elle arrive dans l’année), comme celle de 1982 « On veut remonter le niveau de protection à 70 ans, assure Benjamin Javaux. La difficulté, c’est d’avancer rapidement pour des travaux qui restent longs, complexes et coûteux. Il faut compter un million d’euros par kilomètre. »
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Dans quel état sont-elles ?
« Le système d’endiguement tient. Le plus important est de connaître les fragilités », reprend Benjamin Javaux. D’où l’importance de la surveillance du niveau de la Loire en cas de crue. Au sein d’Angers Loire métropole, 30 salariés volontaires sont d’astreintes afin de repérer les fissures, une brèche ou un glissement de terrain.