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A la fac d’Angers, des étudiants menacés par l’extrême droite

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photo l'assemblée générale des étudiants a été interrompue par l'irruption d'une quinzaine de personnes dans le hall de la faculté de droit d'angers (photo d'archives). © jérôme fouquet 1

L'assemblée générale des étudiants a été interrompue par l'irruption d'une quinzaine de personnes dans le hall de la faculté de droit d'Angers (photo d'archives). © Jérôme Fouquet

Quarante étudiants tenaient une assemblée générale ce mardi 3 avril après-midi. Ils ont été interrompus par l’irruption d’une quinzaine de personnes dans le hall de la faculté de droit. Le Rassemblement des étudiants de droite d’Angers (mouvement d’extrême droite) a revendiqué l’action.

« Si vous bloquez la fac, on fera comme à Montpellier ! » L’allusion est claire. L'assemblée générale qui se tenait ce mardi à la faculté de droit d’Angers - sur le site de Saint-Serge - devait se dérouler dans le calme. Perturbée, elle n’aura duré qu’une demi-heure.

Les auteurs de l’agitation ne se cachent pas : « À Angers comme ailleurs, pas de provocateurs gauchistes dans les facs ! » peut-on lire sur le groupe Facebook du Rassemblement des Étudiants de Droite (RED) d’Angers.

Insultes et menaces

Estelle Barbeau, la secrétaire générale de l’Unef-Angers, présente sur les lieux, témoigne : « Ils sont arrivés cinq minutes après le début de l'AG, incognito. Comme elle est ouverte à tous, nous les avons écoutés, mais ils n’arrêtaient pas de nous couper la parole en nous traitant de gauchistes et en nous menaçant. »

Selon elle, lorsque vient le sujet des violences faites à la faculté de Montpellier, les membres du RED défendent les agresseurs : « Le blocage d’une faculté est un acte violent. C’est légitime de répondre par la violence ! »

Après plusieurs interruptions du débat, Steven, chargé d’animer la séance décide de mettre fin à l'AG. « On ne voulait pas que ça finisse dans la violence », confie Estelle Barbeau. Le Comité de mobilisation des étudiants angevins (CMEA), organisateur de la journée de mobilisation, prolongera la réunion ailleurs.

Pas de violence physique

Les membres du RED, eux, auraient applaudi la clôture de l'AG avant de sortir de la faculté. Selon la police, « la présence des vigiles a rassuré les militants. Ils n’ont pas eu à intervenir. »

« L’assemblée se serait passée sans encombre, seules des joutes verbales habituelles auraient eu lieu, affirme de son côté la communication de la faculté. La réunion s’est clôturée à la seule volonté des organisateurs, aucun perturbateur n’a été aperçu. » Le doyen, lui, ne s’est pas encore exprimé sur le sujet.

Parmi les agitateurs, des adhérents de l’Alvarium

Sur le groupe Facebook du RED, une publication a été postée deux heures plus tard. Un texte explicatif vient justifier leur intervention. « L’extrême gauche prétendait aujourd’hui tenir une AG à St Serge ; après un tractage accueilli favorablement par les étudiants, nous avons donc occupé l’amphithéâtre où ils comptaient se réunir pour éviter que la faculté de droit ne subisse leurs nuisances », peut-on y lire.

Plusieurs photos viennent compléter le texte, où les participants de la perturbation sont reconnaissables. Parmi eux, Jean-Eudes Gannat, l’un des principaux animateurs de l’Alvarium, le bar identitaire qui a ouvert fin janvier avenue Pasteur. Ce bar fait régulièrement l’objet de contestations de la part des anti-fascistes et a plusieurs fois été dégradé.

« Ce n’est pas la police qui nous fait peur. »

À l’origine, les étudiants s’étaient rassemblés sans encombre sur la place du Ralliement, le midi, à l’appel de l’Unef. La quarantaine de manifestants se mobilisaient en soutien des étudiants des autres facultés de France qui subissent des violences.

« Bien sûr, il y a ce qui s’est passé à Montpellier, mais à Lille ou à Paris, nous avons relevé plusieurs agressions de la part de groupuscules d’extrême droite », précise Estelle Barbeau. Bien que le slogan de la manifestation soit « Ni fachos, ni flics dans nos facs », la police n’est pas le danger à Angers, pour les étudiants antifascistes : « Les jeunes d’extrême-droite se sentent de plus en plus soutenus par les doyens des facultés et le gouvernement. Alors, ils osent de plus en plus, en toute impunité. »

 
Jean BLAQUIERE   Ouest-France  

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