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Guerre Israël-Hamas. Frappes préventives au Liban, état d’urgence en Israël… Les dernières infos... |
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L’armée israélienne dit avoir compté « plus de 150 projectiles » lancés depuis le Liban vers son territoire ce dimanche matin. © Jalaa MAREY / AFP
L’armée israélienne annonce avoir mené des frappes préventives au Liban. Le Hezbollah libanais a quant à lui déclaré qu’il avait lancé une attaque à large échelle contre Israël, forçant le pays à étendre l’état d’urgence sur tout le territoire. On fait le point sur les dernières actualités.
Face à la menace d’« attaques de grande envergure » de la part du Hezbollah, Israël a annoncé le déclenchement de frappes préventives au Liban. L’armée a exhorté les personnes se trouvant près « de zones où le Hezbollah opère » à fuir.
Le groupe libanais, soutien du Hamas palestinien, a effectivement lancé une attaque contre Israël, « à l’aide d’un grand nombre de drones ». Conséquences immédiates : l’état d’urgence a été décrété dans tout le pays en Israël et les vols en partance de l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv ont temporairement été reportés dimanche matin, tandis que les arrivées prévues avaient été déroutées vers d’autres destinations.
À Gaza, la Défense civile a fait état de 14 morts dont quatre enfants dans une frappe israélienne. L’armée israélienne a de son côté annoncé la mort de trois de ses soldats réservistes sur le territoire palestinien.
On fait le point sur les récentes évolutions du conflit entre Israël et le Hamas.
Israël lance des frappes préventives au Liban
L’armée israélienne a affirmé dimanche mener des frappes préventives au Liban après avoir détecté des préparatifs du Hezbollah pour déclencher « des attaques de grande envergure » contre Israël.
« Nous observons les préparatifs du Hezbollah pour des attaques de grande envergure contre le territoire israélien », a écrit l’armée israélienne dans un message en arabe sur Telegram destiné aux habitants du sud du Liban. « Toute personne se trouvant à proximité de zones où le Hezbollah opère doit quitter immédiatement les lieux pour se protéger et protéger sa famille », a-t-elle exhorté.
Dans un message vidéo sur le réseau social X, le porte-parole de l’armée israélienne Daniel Hagari a déclaré que « des avions de chasse sont actuellement en train d’attaquer des cibles du Hezbollah ». La chaîne de télévision Al-Manar, détenue par le Hezbollah, évoque une série de raids israéliens ayant visé plusieurs forêts dans le sud du Liban.
De son côté le Hezbollah a annoncé avoir lancé une attaque à large échelle contre Israël en riposte à la mort d’un haut chef militaire tué dans une frappe israélienne sur Beyrouth le 30 juillet. Dans un communiqué, la formation pro-iranienne a indiqué avoir lancé dimanche « plus de 320 » roquettes katioucha sur 11 bases militaires en Israël. Elle précise que cette « première phase » s’est « achevée avec succès », ajoutant qu’elle avait pour objectif de viser les « casernes et positions israéliennes afin de faciliter le passage des drones d’attaques » vers le territoire israélien « en profondeur ».
L’armée israélienne a dit avoir compté « plus de 150 projectiles » lancés depuis le Liban vers son territoire.
État d’urgence en Israël, les vols vers l’aéroport international déroutés
Tôt ce dimanche matin, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a étendu l’état d’urgence à l’ensemble du pays pour 48 heures. Dans son décret, le ministre écrit être « convaincu qu’il existe une forte probabilité qu’une attaque soit menée contre la population civile également dans les autres zones du pays sur lesquelles la déclaration de “situation spéciale” sur le front intérieur ne s’applique pas ».
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a également annoncé que le cabinet de sécurité allait se réunir dimanche à 7 h, heure locale.
Peu avant, les autorités de l’aéroport international de Tel Aviv-David Ben Gourion avaient décidé du report des départs prévus ce dimanche matin, tandis que les arrivées avaient été déroutées vers d’autres aéroports de la zone. Les vols vers et depuis l’aéroport ont repris quelques heures plus tard a indiqué l’aviation civile.
14 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza
La Défense civile gazaouie a fait état de 14 morts dont quatre enfants et quatre femmes dans des frappes. Parmi eux, 11 ont péri dans un bombardement qui a touché leur maison à Khan Younès (sud). Des tirs d’artillerie et des raids aériens ont visé d’autres secteurs du territoire dévasté.
Vendredi, au moins 35 Palestiniens ont péri dans les bombardements israéliens, selon la Défense civile. « Nous avons trouvé des morts dans la rue, tués par des tireurs embusqués. La situation dépasse l’imagination », témoigne pour l’AFP un habitant de Khan Younès, Hamed al-Dali, dont la maison a été « détruite ».
L’armée israélienne a fait état de « dizaines de terroristes éliminés lors de combats rapprochés et de frappes à Rafah (sud) » depuis vendredi et d’autres « terroristes » tués à Gaza-ville.
Trois soldats israéliens tués à Gaza
Trois soldats réservistes israéliens ont été tués vendredi dans le centre de la bande de Gaza a annoncé samedi l’armée israélienne. Le porte-parole de l’armée Daniel Hagari a précisé que deux d’entre eux avaient été tués dans « l’explosion d’une bombe » et le dernier dans des combats.
Depuis qu’elles sont entrées dans la bande de Gaza le 27 octobre, les troupes israéliennes ont perdu 338 hommes. Ces dernières semaines, les combats au sol entre troupes israéliennes et combattants palestiniens se sont concentrés sur le centre du petit territoire palestinien, en particulier aux abords de la ville de Deir al-Balah.
Une délégation du Hamas au Caire, les négociations continuent
Une délégation du Hamas s’est rendue au Caire pour suivre les négociations entre Israël et les pays médiateurs, l’Égypte, les États-Unis et le Qatar, mais elle ne participera pas aux discussions. Elle devait rencontrer en soirée des responsables égyptiens, a indiqué un cadre du mouvement islamiste palestinien.
Ces négociations pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu à Gaza et la libération des otages ont repris samedi au Caire sur la base de nouvelles propositions de compromis. Selon des sources égyptiennes interrogées par Reuters, les nouvelles propositions sur la table portent sur la sécurisation de zones clés et le retour des populations vers le nord de Gaza.
Lire aussi : Gaza : entre fausses rumeurs et négociations, où en sont les discussions sur une trêve ?
Mais les discussions achoppent principalement sur le contrôle du « corridor de Philadelphie », une bande de terre le long de la frontière entre Gaza et l’Égypte, que les troupes israéliennes occupent depuis mai.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, se dit déterminé à y maintenir ses troupes « afin d’empêcher un réarmement du Hamas ». Le Hamas exige, lui, un retrait israélien du secteur, et à terme de l’ensemble du territoire palestinien.
Une possible catastrophe écologique après l’attaque d’un pétrolier
Les États-Unis ont mis en garde samedi contre une possible catastrophe écologique en mer Rouge après que les rebelles houthis ont attaqué un pétrolier au large des côtes yéménites.
Le « Sounion », qui bat pavillon grec, a été touché mercredi par des projectiles au large de la ville portuaire de Hodeida, tenue par les rebelles. Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir frappé le navire avec des drones et des missiles.
Le pétrolier avait quitté l’Irak et se rendait dans un port près d’Athènes, transportant 150 000 tonnes de pétrole brut.
« Les attaques continues des Houthis menacent de déverser un million de barils de pétrole dans la mer Rouge, une quantité quatre fois supérieure à celle de la catastrophe de l’Exxon Valdez », a alerté samedi le porte-parole du département d’État Matthew Miller, dans un communiqué. Ce pétrolier s’était échoué en 1989 au large de l’Alaska, provoquant l’une des plus grandes catastrophes environnementales de l’histoire des États-Unis.
« Alors que l’équipage a été évacué, les Houthis semblent déterminés à couler le navire et sa cargaison en mer », a déclaré Matthew Miller.
L’équipage du « Sounion », composé de 23 Philippins et deux Russes, a été secouru par un navire de la mission Aspides de l’Union européenne. Celle-ci a également averti jeudi que le navire sans équipage représentait « un danger pour la navigation et l’environnement ».
La mer Rouge et le golfe d’Aden sont le théâtre depuis des mois d’attaques des rebelles yéménites disant agir en solidarité avec les Palestiniens de la bande de Gaza, plongée dans une guerre meurtrière entre Israël et le mouvement islamiste Hamas.