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Grand Frais veut reprendre une trentaine de magasins Gifi, l’opération envisagée « courant 2026 »... |
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Un magasin Grand Frais à Saint-Benoît, aux portes de Poitiers. Photo d’illustration. © Jean-Francois Fort / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Grand Frais et Gifi se sont rapprochées en vue de la cession de 25 à 30 magasins, ont expliqué les deux enseignes, ce mercredi 15 octobre. La réalisation définitive de l’opération, dont le montant n’est pas communiqué, « est envisagée courant 2026 ».
Le distributeur alimentaire Grand Frais veut racheter une trentaine de magasins Gifi, ont annoncé, ce mercredi 15 octobre 2025, les deux enseignes, la première, en développement, espérant ainsi renforcer son maillage territorial tandis que la seconde, en difficulté, cherche à assurer sa pérennité, précise l’AFP.
« Grand Frais et Gifi se sont rapprochées en vue de la cession » de 25 à 30 magasins, expliquent les enseignes dans un communiqué commun, confirmant une information du site spécialisé LSA .
Le montant de l’opération pas communiqué
La réalisation définitive de l’opération, dont le montant n’est pas communiqué, « est envisagée courant 2026 », sous réserve notamment des « autorisations réglementaires requises ». « Le nombre de magasins concernés et le calendrier détaillé seront communiqués ultérieurement », est-il ajouté.
Assurant vouloir « mettre tout en œuvre pour préserver l’emploi », Grand Frais entend par ailleurs proposer « un poste avec reprise de leur ancienneté » aux salariés de Gifi concernés.
Cette « opération de croissance externe avec plusieurs magasins à la clé » serait « une première » pour le spécialiste des produits frais, a déclaré à l’AFP le président de Grand Frais gestion, Jean-Paul Mochet, assurant ne pas « être dans une course aux mètres carrés ».
Grand Frais revendique une vingtaine d’ouvertures par an
Créé en 1997, Grand Frais revendique une vingtaine d’ouvertures par an, pour un total de 335 points de ventes, essentiellement en France. Son chiffre d’affaires, non publié, est estimé entre 4,5 et 5 milliards d’euros par Kantar, selon le dirigeant.
Les magasins Gifi qui l’intéressent sont plutôt situés en périphérie, dans des « zones commerciales denses » et ont « à peu près la même taille » qu’un Grand Frais, explique Jean-Paul Mochet.
Le dirigeant, également PDG de Prosol, le pôle fruits, légumes, poissonnerie et crémerie de Grand Frais, n’a pas souhaité commenter une information du média spécialisé La Lettre , selon qui trois fonds anglo-saxons (Clayton Dubilier & Rice, Apollo et Cinven) « peaufinent leurs offres en vue de s’offrir Prosol ».
Gifi mise sur « la valorisation des acquis »
De son côté, Gifi, spécialisé dans les articles pour la maison à petit prix, « mise sur la consolidation et la valorisation de ses acquis pour assurer sa pérennité et préserver l’emploi », selon le communiqué.
« Quand on commence à vendre les bijoux de famille, c’est que ça ne va pas », a déploré auprès de l’AFP Laurent Mardaga, délégué CFDT au siège social de Gifi, à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne).
Gifi souffre de la concurrence d’autres magasins (Action, Maxibazar) et plateformes internet comme Temu. Après un rééchelonnement de sa dette l’an dernier, l’enseigne a arraché en janvier auprès de ses banques un plan de soutien financier, moyennant une nouvelle gouvernance et la mise en retrait du fondateur de l’enseigne, Philippe Ginestet.
Apporter des liquidités au groupe
La vente de magasins doit permettre d’apporter des liquidités au groupe, qui perd un million d’euros par jour, selon une source proche du dossier. Mais cette stratégie ne portera ses fruits que si l’activité repart, ajoute-t-elle.
Un PSE (plan de sauvegarde l’emploi) prévoyant 166 suppressions de postes sur 730 au siège a été suspendu en juillet, dans l’attente de l’arrivée du nouveau président du directoire Christophe Mistou, ex-patron de Mr. Bricolage. Mais le délégué CFDT évoque « un PSE par petits bouts », car les départs volontaires s’accumulent et ne sont pas remplacés.
Jeudi, un CSE (comité social et économique) sera consacré à la nouvelle organisation de l’entreprise, que dévoilera vendredi Christophe Mistou aux salariés du siège.
Fin juillet, le groupe revendiquait 6 800 collaborateurs et 620 points de vente en France et à l’international, pour un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros en 2024. Sollicitée par l’AFP, sa direction n’a pas commenté.