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Football : Paul Alo'o Efoulou, Jean-Bouin est son jardin... |
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Paul Alo'o Efoulou vient de frapper dans un trou de souris. Le ballon est au fond, Fabre est à genoux et Miennel ne peut que constater les dégâts. C'est le huitième but en L2 du Camerounais à Jean-Bouin. Photo © Georges Mesnager
Un but, une passe décisive. Huit au total dans chaque classement. L'attaquant camerounais du Sco a encore plané sur la rencontre, vendredi. Paul le discret fait bien chanter les filets.
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Samedi matin. Centre d'entraînement de la Baumette. Il arrive sur la pointe des pieds. Presque en catimini. Ce qui serait le rêve pour tous les défenseurs de Ligue 2. Voir Paul Alo'o Efoulou effacé. Mais sur le terrain, ce n'est guère le cas. Surtout à Jean-Bouin. Son jardin. Son pré carré. Sa cour de récré. C'est là qu'il a marqué ses huit buts en championnat. Une explication ?
La voix est douce, le ton posé. Discret, très discret, monsieur Paul. « Non, je ne sais pas pourquoi. Ce n'est pas fait exprès. » Il ose une transversale. « J'ai tout de même marqué une fois à l'extérieur, cette saison. À Troyes, en Coupe de la Ligue. » Il s'en excuserait presque. Contre Clermont, vendredi, il a encore soigné ses stats. Huitième but, huitième passe décisive. Une rencontre de haute volée pour un attaquant rapide, tonique et décisif. « Il a effectué un match monstrueux, estime son entraîneur, Jean-Louis Garcia. Actuellement, il a le niveau d'un très bon attaquant de Ligue 1. Il est encore monté d'un cran. »
À 25 ans, le Camerounais trouve son plein épanouissement. Il vient d'être élu meilleur joueur de janvier. Il recevra son trophée, décerné par l'UNFP, Eurosport et RTL, avant le match contre Vannes, le 20 février. C'est le premier Angevin à l'obtenir. Et il est bien parti pour bisser.
Lui cerne tranquillement les contours de ses progrès. « Je crois que c'est dans la régularité, dans la constance, dans la concentration que je me suis amélioré. Avant, j'avais des absences durant les matches. J'en ai moins maintenant. » Il va sans aucun doute dépasser son total de l'an passé (12 réalisations). C'est son but. « J'ai un ami que je considère comme mon grand frère. Il me dit toujours : la surface c'est chez toi. Alors je m'applique. Là, contre Clermont, je marque d'un plat du pied. En angle fermé. Comme contre Strasbourg. Parce que c'est un geste sûr. »
Des gestes sûrs, Paul Alo'o Efoulou en a de plus en plus. Au point de penser à la sélection ? « Vous savez, au Cameroun, il y a beaucoup de grands attaquants. Bien sûr, j'y pense. Ce serait un rêve. Mais jouer en Ligue 2 est peut-être un handicap. En tout cas, je travaille pour ça. » Modeste en plus.
Alors le mot de la fin viendra du manager général du Sco, Olivier Pickeu. « En août dernier, car il faut resituer dans le contexte, il pouvait aller à Nancy. En L1. Et bien mieux gagner sa vie. On souhaitait, nous, qu'il ne parte pas de suite. Il m'a simplement répondu : je dois beaucoup à ce club, alors si vous avez encore besoin de moi, je reste là. C'est vraiment rare ! » Oui, Paul Alo'o Efoulou est un très bon joueur. Et aussi un homme bien.
Jean-François CHARRIER.
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