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Football : Le Sco a trébuché sur la quinzième marche... |
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Un coup dans le zig, un coup dans le zag. Les Brestois, avec ici Socrier, ont cherché avant tout à contourner une défense angevine (Couturier et Djellabi) par des transversales et des renversements. © Béatrice Le Grand
Ligue 2. Faute de réalisme aussi bien offensif que défensif, les Angevins ont baissé pavillon dans le Finistère. Un coup d'arrêt plus qu'un dérapage.
Il fallait bien un jour que cela s'arrête. C'est fait. Finie dans le Finistère. Finie, la série de 14 rencontres sans défaite. Les Angevins ont donc trébuché sur la quinzième marche. Sur le plan du résultat. Pas vraiment dans le contenu. C'est bien là le plus rageant.
Car le Sco n'a pas dérapé devant des Bretons volontaires, agressifs et revigorés par leur égalisation juste avant la pause. Non, il a simplement oublié de faire le break au cours d'une première période maîtrisée avec beaucoup de sérénité. C'est le premier enseignement. Brunel et ses partenaires avaient alors toutes les données en main. Ils ne surent pas enfoncer le clou permettant aux Bretons de garder un mince espoir qui évidemment, enfla considérablement avec le but d'El Jadeyaoui. Manque donc d'efficacité offensive.
Pas de second souffle
Le second point qui attire l'attention, ce sont les lacunes défensives. Les Brestois avaient un plan. Simple. Face à une colonne vertébrale angevine très compacte et point fort de l'équipe, ils avaient décidé de frapper en malins. Avec fixation d'un côté et renversements. Avec fixations de l'autre et transversales. Ils exécutèrent ce schéma sans réussite au départ. Puis avec, ensuite. Car leurs deux buts provinrent bien de ce genre d'exercices. Un renversement droite-gauche puis gauche-droite sur le premier, un centre au second poteau droite-gauche sur le second. Et toutes les situations dangereuses devant le but de Padovani vinrent ainsi. « Nous avions, c'est vrai, décidé d'utiliser au maximum la largeur afin d'étirer au mieux la défense angevine. » convenait un Gérald Baticle ravi de son coup. L'ex-Auxerrois ajoutait. « Angers, c'est ce que l'on a vu de mieux ici. Nous avons vraiment dû hausser notre niveau de jeu pour faire face. Nous avons souffert tout de même. »
À la pause donc tout était à faire. Mais les Angevins ne trouvèrent pas leur second souffle. Pourquoi ? Il y a plusieurs explications. Une semaine de travail tronquée avec une séance collective simplement jeudi (à cause des blessés et sélectionnés) et puis pêle-mêle, des absents, des joueurs en reprise, des éléments n'évoluant pas à leurs postes. Et donc un léger moins bien physique. « C'est vrai que tout cela a compté, note Jean-Louis Garcia. Ce ne sont pas des excuses mais des explications rationnelles. La semaine dernière a été difficile. On a laissé de l'énergie avant la pause, on a été bien moins fringants après. C'est un match qui s'est joué sur des détails, qui n'a pas tenu à grand-chose. Nous n'avons pas eu la bonne réponse tactique sur leur premier but et nous avons commis des erreurs de marquage sur le second. Dans les surfaces de vérité, nous n'avons pas été assez efficaces. »
L'entraîneur angevin reconnait aussi que sa formation a manqué de ressources pour revenir alors qu'elle était menée : « On a payé cash des petits détails. Et eux ont eu un froid réalisme. » Et il conclut : « Nous allons avoir maintenant une semaine de travail normale. Nous allons retrouver de la fraîcheur athlétique. Et cette défaite ne doit pas nous enlever de notre sérénité. Depuis début janvier nous en sommes à trois victoires un nul et une défaite avec trois matches à l'extérieur. Ce n'est pas si mal. » Beaucoup s'en contenteraient en effet !
Jean-François CHARRIER.