Éternels avec Thomas Dutronc... |
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« Allongés dans l’herbe » avec Thomas Dutronc (bah quoi, on peut rêver avec son dernier titre…), on discute de son troisième album, Éternels jusqu’à demain, avant sa venue à Angers le 9 décembre.
Vous êtes en pleine préparation de votre tournée… À quoi peut-on s’attendre sur scène ?
Thomas Dutronc : Le spectacle est mis en scène par Jérémie Lippmann qui a eu un Molière cette année pour La Vénus à la fourrure. Il y aura beaucoup de tableaux. L’idée est de faire un spectacle comme on aime mais avec un nom comme Jérémie Lippman, ça peut nous permettre d’élever le niveau de la mise en scène.
Vous êtes parti enregistrer votre 3e album à Londres. Pourquoi cet exil ?
Pour une fiancée qui habitait là-bas mais normalement je ne le dis pas (rires)… Non, je voulais rencontrer d’autres musiciens. J’avais déjà travaillé avec le réalisateur de l’album Jon Kelly lors d’un duo avec Imelda May sur le titre Clint (dans son album Silence on tourne, ndlr). J’avais aimé le son et l’efficacité que ce producteur avait amenés. C’est ce que je voulais retrouver. Et Londres, c’était vraiment le bon compromis pour pouvoir s’évader, trouver des super-musiciens et en même temps faire venir les miens.
En 2014, vous avez fait une pré-tournée avant la sortie de l’album…
Oui, on a fait une cinquantaine de dates comme ça, en acoustique où on expliquait comment on fabriquait nos nouvelles chansons. On les « testait » en quelque sorte.
Pourquoi cette méthode ?
Quand on est en studio, on est devant l’ingénieur du son, c’est bien aussi mais en tournée on s’approprie vraiment les chansons. Du coup, je trouve que dans ce disque, les airs sont beaucoup plus mûris et digérés que d’habitude.
Vous avez écrit le titre « Je n’suis personne » pour votre père, finalement on vous retrouve en duo sur votre album…
Il voulait la garder pour lui mais je le connais, il ne va pas faire d’album avant deux ou quatre ans. On m’a soufflé de la faire en duo avec lui comme ça, elle existe. On ne sait jamais de quoi la vie sera faite… Il était d’accord à condition qu’il puisse aussi la faire sur son disque.
Éternels jusqu’à demain est d’ailleurs une phrase extraite de cette chanson…
Au regard des événements, il y a des textes qui prennent un tout autre sens… Après les attentats, aller parler de bonne humeur de joie de vivre, des amours dans ce monde cinglé… Ce n’est pas évident. Au départ, le titre de l’album est en lien avec une idée de l’amour, de la fête, etc. Là, ça prend une autre couleur.
On retrouve dans cet album votre style manouche, davantage votre voix et une certaine pop londonienne. Ce résumé vous convient ?
Aller à Londres, c’était avoir un autre son, faire des expériences et se mettre en danger. C’est de la chanson d’amour et d’humour et j’ai une exigence : que le niveau de guitare dans mes disques soit fort. Là j’ai fait venir des super-guitaristes dont Matthieu Chedid que j’adore, c’est un des meilleurs que je connaisse mais aussi Angelo Debarre et Rocky Gresset, guitaristes manouches incroyables. C’était génial de voir leur impact sur les musiciens de pop anglaise qui ont travaillé avec Paul Mc Cartney, Kate Bush, Jamiroquai, Sia… De voir leur tête ! Ils étaient soufflés de voir le niveau et ça, c’est un style franco manouche que j’adore et qui nous appartient à nous !
À 20 heures, MERCREDI 9 décembre, Centre des Congrès, bd Carnot. De 33 à 45 euros