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ENTRETIEN. Mika, parrain du Téléthon 2024 : « On peut être touchant tout en ayant le sourire »... |
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Mika, parrain du Téléthon 2024, avec Sacha et Félicie. © © Nathalie Guyon - France Télévisions
Le chanteur de 41 ans sera à l’antenne de France Télévisions tout le week-end afin de lever des fonds pour le Téléthon. Mika nous parle de son rôle de parrain. Un engagement qu’il ne prend pas à la légère et qui signera peut-être sa dernière apparition à la télévision en France avant un certain moment.
Après Vianney l’an passé, c’est un autre chanteur au grand cœur qui endossera le rôle de parrain du Téléthon, qui aura lieu ces 29 et 30 novembre sur les antennes de France Télévisions. L’an passé, cette initiative solidaire avait permis de récolter 93 millions d’euros, soit le meilleur résultat depuis 2016.
Pour cette 38e édition, avancée de quelques jours pour laisser place à la cérémonie de réouverture de Notre-Dame de Paris début décembre, le coup d’envoi du Téléthon sera donné par Sophie Davant et Nagui sur France 2, ce vendredi à 18 h 45. Chanteurs, animateurs, acrobates mais aussi malades et bénévoles se relaieront à l’antenne pendant deux jours, afin de lever des fonds en faveur de la recherche contre les maladies génétiques rares.
Mika, le plus français des artistes libano-britannico-américain, a accepté de parrainer l’édition 2024 de ce qu’il voit comme une grande « fête populaire ». Pour Ouest-France, il raconte ce qui l’a motivé à accepter ce rôle mais aussi les défis qui l’attendent pour cet exercice. Entretien.
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Que représente le rôle de parrain pour vous ?
C’est accompagner et aider à raconter des histoires vraies. Je tenterai de former un lien pour que l’émotion soit transmise aux téléspectateurs afin qu’ils entendent les histoires de ces familles de malades, des chercheurs, des ambassadeurs… C’est aussi communiquer une certaine énergie. Il faut être à la hauteur.
Avez-vous hésité à accepter cette mission ?
Pas du tout. D’autant plus que c’est le timing parfait pour moi. Je m’étais toujours juré que si je faisais le Téléthon, je ne serai pas en pleine promotion. Parce que quand on l’est, d’autant plus à la période de Noël, on est exposé partout, on doit tourner en Europe ou dans le monde entier. Or, je voulais vraiment m’investir et prendre le temps d’être à l’écoute du sujet. Je ne voulais pas faire simplement deux fois deux heures de prime time. C’est un défi pas comme les autres et j’essaie de le relever du mieux possible.
À quoi peut-on s’attendre avec vous aux manettes ?
À de l’émotion. La variété, les paillettes, il y en aura, c’est sympa à la télévision. Mais ce qui marche, c’est l’émotion. Je pense aussi qu’on peut être touchant tout en ayant le sourire. Nous sommes tous des mélanges de joie, de frustration, de sérieux… Il ne faut pas avoir peur de s’ouvrir et d’accueillir les sentiments qui arrivent. C’est ma philosophie de vie et j’espère que c’est ce qu’il se passera pendant le week-end.
Ces deux jours de direct représentent aussi un gros défi technique. Redoutez-vous quelque chose avant de commencer ?
Simplement l’aspect physique. J’espère que je ne vais pas dire trop de bêtises car je pense que je vais être très fatigué. Ça se verra et je le dirai à l’antenne de toute façon (rires) ! Pour le reste, je suis certain qu’il y aura des problèmes techniques ou des choses qui ne vont pas s’enchaîner comme il faut mais ça, c’est la magie du direct. Je risque donc d’être déstabilisé mais j’ai hâte, et il n’y a que pour une cause comme celle du Téléthon que je me mettrais dans cette situation.
Pourquoi ?
Parce que c’est la cause parfaite. C’est une œuvre qui a une place particulière. Ce qui est fait avec l’argent récolté est absolument remarquable. Je trouve aussi qu’il y a une démocratie forte dans le Téléthon car c’est une œuvre commune. C’est tellement concret ! On voit le changement que cela apporte dans la vie des malades. Alors il faut rappeler qu’il n’y a pas de petits dons et tenter de convaincre tout le monde d’aider.
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La période actuelle est malgré tout difficile pour beaucoup de ménages qui ne pourront peut-être pas donner…
Oui, la vie est dure pour beaucoup de gens en ce moment. Mais le Téléthon donne de l’espoir et montre que tout est possible avec des petits gestes, tant qu’on se mobilise ensemble. Ça renforce la connexion entre les gens, ce dont on a plus que besoin à l’heure actuelle.
Vous avez déclaré lors de la conférence de presse que le Téléthon était un événement populaire, au sens noble du terme. Que voulez-vous dire ?
C’est l’exemple typique de ce que j’aime le plus en France. Vous vous dites : personne ne va nous donner de l’argent pour trouver une solution ? Et si on demandait aux Français de se mobiliser et de se débrouiller eux-mêmes ? Et vous le faites. Sans hésiter, année après année. C’est une cause populaire car elle appartient au peuple. C’est beau !
Vous êtes-vous fixé un objectif de dons, celui de faire mieux que l’an passé par exemple ?
Il faut faire tous les efforts possibles pour que ce soit le cas. On doit reconnaître que nous ne sommes pas dans le contexte le plus simple mais il faut récolter un maximum d’argent. Car les projets des chercheurs sont déjà prêts et ont besoin de ces sous. C’est ce que j’aime avec cette cause d’ailleurs : tout est très transparent sur l’utilisation des dons.
Des dons qui, rappelons-le, serviront à des milliers de personnes…
Il y a plus de 6 000 maladies rares et génétiques actuellement identifiées. Donc ces dons servent à la recherche, à trouver des traitements, à identifier de nouvelles maladies… Mais c’est aussi pour l’accompagnement physique et psychologique des familles. On parle moins de cet aspect mais il est très important.
Vous êtes également engagé contre l’homophobie ou œuvrez pour d’autres associations. Ça vous paraît impensable d’être célèbre et de ne pas vous exprimer sur des causes importantes ?
C’est gentil de votre part de penser ça, mais en réalité je ne vois pas ce que je fais comme des engagements. Pour moi, c’est simplement une conversation avec le monde autour de nous. C’est primordial pour vivre, c’est naturel. Et ça ne doit pas forcément se faire devant les caméras. Un jour, peut-être que je m’engagerai vraiment pour quelque chose…
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Le Téléthon signera-t-il vraiment votre dernière apparition à la télévision française ?
Je ne sais pas. Ce que je me lance, c’est un défi de réinvention, donc je ne veux pas refaire ce que je connais déjà. Si je peux tester des choses, ça m’intéresse. Je veux vivre de nouvelles expériences. Peut-être que ça se fera à la télévision, ou pas. Surtout, je tiens à rappeler que je ne dis pas adieu à mon public français. Cette conversation, qui dure depuis des années entre nous, est trop importante pour moi pour l’abandonner comme ça…
Pour faire un don : appeler le 36 37 ou directement sur don.telethon.fr
France 2, dès 18 h 45.