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ENTRETIEN. « Les Pays de la Loire ont de bons résultats sur tous les critères de la qualité de vie »... |
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Angers est régulièrement citée dans les classements des villes les plus attractives et agréables. © LAURENT COMBET / CO
Depuis quelques années, l’Ouest truste les meilleures places des classements. Rien d’étonnant pour Robert Reynard, qui travaille à l’Insee.
Depuis plusieurs années, les villes du Maine-et-Loire, avec en tête de cortège, Angers, mais aussi Niort, en Deux-Sèvres, apparaissent régulièrement dans les classements des villes où il fait bon vivre et gagnent des habitants. Robert Reynard est responsable du Pôle Synthèses Locales de l’Insee, qui produit les méthodes et les outils pour la réalisation de diagnostics territoriaux. Il explique ce qui pousse à changer de région, et, dans certains cas, à privilégier l’Ouest.
Depuis quelques années, l’Ouest a la cote, tandis que le Sud semble moins populaire. Comment l’expliquer ?
Robert Reynard : D’après notre étude sur la qualité de vie en France, la Bretagne, la Normandie et les Pays de la Loire enregistrent de bons résultats sur plusieurs indicateurs. Il y a notamment moins de disparités sociales et donc, de tensions sociales. Dans l’Ouest, ce sont plutôt les villes moyennes, comme Angers, et leurs périphéries, qui bénéficient d’une forte croissance démographique. Par ailleurs, le réchauffement climatique et la saturation de la Côte d’Azur reportent les mouvements de population vers la façade Atlantique.
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Pour quelles raisons change-t-on de région ?
Il y a une conjugaison de facteurs : la métropolisation s’est amplifiée ces 30 dernières années, l’héliotropisme pousse à rejoindre des régions ensoleillées, l’haliotropisme attire vers le littoral, et l’altitropisme repeuple les zones de montagne. Enfin, les zones frontalières où le différentiel de revenus est important gagnent des habitants. Parmi les motifs dits résiduels : la dimension symbolique des territoires fortement liée au marketing territorial et donc à ces classements des villes où « il fait bon vivre ». Ces facteurs pourraient être remis en question par la généralisation du télétravail.
Mais tout le monde ne cible pas la même région.
Les actifs issus de catégories socioprofessionnelles supérieures vont en effet peupler les espaces urbains et, de plus en plus, périurbains. Les étudiants contribuent à la métropolisation de villes de « second rang » qui ont misé sur leur pôle universitaire, comme Angers, mais aussi Grenoble ou Clermont-Ferrand. La difficulté ensuite réside dans la capacité à retenir les diplômés. Les retraités qui le peuvent vont privilégier des communes avec des équipements de santé, des commerces de proximité, des loisirs.