|
ENTRETIEN. Léo Cohen-Paperman : « Jouer au Festival d’Anjou, c’est un grand honneur »... |
3
Mise en scène et coécrite par Léo Cohen-Paperman, « La vie et la mort de Jacques Chirac, roi des Français » sera jouée le 17 juin. © Simon Loiseau
Léo Cohen-Paperman a mis en scène et coécrit « La vie et la mort de Jacques Chirac, roi des Français », jouée au Festival d’Anjou. Interview d’un enfant du théâtre.
Le 73e Festival d’Anjou, qui a débuté vendredi 9 juin, se tient jusqu’au 6 juillet. Une ode au théâtre, qui accueille depuis 1950 les plus grands comédiens et comédiennes français. Parmi les vingt-six représentations, la Compagnie des animaux en paradis propose une pièce très particulière… Entretien avec Léo Cohen-Paperman, auteur et metteur en scène.

Léo Cohen-Paperman Thierry CANTALUPO
Commençons par l’une de vos deux « casquettes », celle de cofondateur du Nouveau théâtre populaire, en Maine-et-Loire…
En 2009, nous avons décidé, avec un groupe d’amis âgés d’une vingtaine d’années, d’aller jouer des grandes pièces du répertoire là où il n’y avait pas de théâtre. Nous avons construit un plateau et créé un festival à Fontaine-Guérin, au cœur du Maine-et-Loire. Nous avons accueilli 700 personnes la première année, 12 000 lors de la dernière édition, pour cinq à six spectacles et une trentaine de représentations. Entre-temps, nous avons été formés dans des écoles nationales de théâtre. Et nous avons toujours continué de travailler ensemble. Aujourd’hui, beaucoup de membres de la troupe vivent en Anjou.
Comment définissez-vous le théâtre que vous aimez ?
Un théâtre populaire qui donne du plaisir aux gens, que le texte soit classique ou contemporain. Avec la part belle à une générosité dans le rapport au public. Nous voulons célébrer le plaisir d’être ensemble, en ne snobant pas le spectateur. Et rappeler que le théâtre est une fête.
Plutôt théâtre classique ou contemporain ?
Les pièces classiques sont notre matrice commune. Et c’est parce que l’on fait du classique que l’on peut faire du théâtre contemporain. Les écritures d’aujourd’hui ne naissent pas de rien. On s’inscrit dans l’histoire du théâtre pour la renouveler. Pour avancer, il faut hériter.
Comment faire pour trouver un nouveau public ?
Ça passe par le désir de s’adresser aux spectateurs, de leur faire faire du théâtre – à travers nos ateliers, par exemple. Et ne pas hésiter à proposer de longs formats – comme nos trois spectacles de Molière joués pendant sept heures de suite, en 2021, au Festival d’Avignon. C’est comme participer à un concert.

« Psyché », la troisième pièce de la trilogie Molière jouée par le Nouveau théâtre populaire au Festival d’Avignon, en 2021. Thierry Cantalupo
Avec la Compagnie des animaux en paradis, vous mettez en scène La vie et la mort de Jacques Chirac, roi des Français , jouée au Festival d’Anjou. Quelle est votre intention ?
Avec Julien Campani, nous avons lancé une « série » de huit pièces sur les huit présidents de la Ve République… Toujours avec ce désir de théâtre populaire. Parce que ce sont des figures que nous connaissons tous, qui nous relient. Mon père, aujourd’hui décédé, était journaliste politique. Écrire ces pièces, c’est aussi une façon de continuer le dialogue avec lui.
Quel est votre programme ?
On a créé La vie et la mort de Jacques Chirac en 2020, qui va être proposé pendant le festival. Puis, en 2021, Génération Mitterrand. Et nous sommes en train de répéter Le dîner chez les Français de Giscard d’Estaing.
Jouer au Festival d’Anjou, cela représente quoi pour vous ?
Quand on voit le reste de la programmation, c’est un grand honneur. Et une grande joie !