Accueil Info Info en continu ENTRETIEN. Journée internationale de la bipolarité : « La psychiatrie reste le parent pauvre de la médecine »

ENTRETIEN. Journée internationale de la bipolarité : « La psychiatrie reste le parent pauvre de la médecine »

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photo  marion tessier, responsable de l’antenne angevine d’argos 2001, une association d’aide aux personnes atteintes de troubles bipolaires et à leur entourage.  ©  co - laurent combet 3

Marion Tessier, responsable de l’antenne angevine d’Argos 2001, une association d’aide aux personnes atteintes de troubles bipolaires et à leur entourage. © CO - Laurent Combet

Le 30 mars marque la journée mondiale des troubles bipolaires, l’un des plus graves troubles psychiques. Dans le Maine-et-Loire la jeune antenne de l’association Argos 2001 organise un événement pour sensibiliser et lutter contre la stigmatisation.

La bipolarité touche 1 à 2,5 % de la population, selon les données de Santé publique France. Ce trouble psychique marqué par une alternance de phases euphoriques et dépressives est l’un des plus graves : 15 % des malades mettent fin à leurs jours.

L’antenne de l’association Argos 2001 en Maine-et-Loire, créée en septembre 2025 et comptant déjà plus de 80 adhérent(e)s, organise un événement à Angers pour la Journée internationale des troubles bipolaires fixée au 30 mars. Une date pas choisie au hasard puisqu’elle correspond à la naissance d’un bipolaire bien connu : l’artiste Vincent Van Gogh. Marion Tessier, responsable de la section angevine, retrace les difficultés et les espoirs sur le terrain de cette maladie.

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Pourquoi vous paraît-il important de dédier une journée à ce trouble ?

Marion Tessier : « Il y a bien une journée pour la santé mentale (le 10 octobre, N.D.L.R.), mais toutes les pathologies y sont diluées. Là, c’est l’occasion de sensibiliser sur la bipolarité en particulier car elle est l’un des troubles les plus stigmatisés. Encore aujourd’hui, les personnes bipolaires rencontrent de grandes difficultés administratives, sociales, judiciaires, familiales et d’accès à l’emploi. »

L’association propose une conférence à Paris sur le thème « Vivre avec un trouble bipolaire hier, aujourd’hui et demain ». Comment la prise en charge a-t-elle évolué ?

« Avant la première loi sur la santé mentale en 1838, les personnes atteintes psychologiquement étaient tout simplement enfermées dans des asiles pour, disait-on, protéger la société des aliénés. Les choses ont heureusement changé. Aujourd’hui, les thérapies se sont très largement améliorées avec un meilleur accueil de la patientèle, la limitation de l’isolement et de la contrainte, ou la création de salles d’apaisement comme au Césame à Angers. Mais si la santé mentale est officiellement une grande cause nationale pour les autorités, la psychiatrie reste le parent pauvre de la médecine avec un gros manque de moyens, et des difficultés d’approvisionnement de certains médicaments dont les bipolaires ne peuvent pas se passer. »

photo des pénuries de certains médicaments dédiés au traitement des troubles bipolaires ont mis en danger des milliers de patients.  ©  co - laurent combet

Des pénuries de certains médicaments dédiés au traitement des troubles bipolaires ont mis en danger des milliers de patients. CO - Laurent Combet

L’errance médicale est évaluée entre sept et dix ans et trouver un traitement adapté prend également beaucoup de temps. Comment l’expliquez-vous ?

« Nous avons en effet au sein de l’association des personnes qui ont dû attendre 15-20 ans pour avoir le bon diagnostic après avoir été longtemps traitées pour de la dépression. Dans les années 2000-2010, on pensait que la bipolarité ne survenait pas avant 30 ans. Donc on a toute une génération de soignants qui ne veulent pas croire au diagnostic précoce dès 15 ans qui, pourtant, permet de soigner plus tôt. Beaucoup de patients vivent aussi une longue période de déni après la pose du diagnostic. Quant au traitement, là aussi, la discipline évolue très rapidement. En école de médecine désormais, les futurs médecins apprennent que le lithium peut être prescrit en première intention. Certains anciens s’y refusent et les patients sont contraints d’expérimenter de nombreuses molécules avant de trouver la bonne. »

Il y a néanmoins des raisons d’espérer que demain, la bipolarité sera mieux soignée…

« Plusieurs pistes de recherche nous le permettent, oui. D’abord, le diagnostic différenciant de la dépression unipolaire et de la bipolarité par prise de sang. Mais aussi l’imagerie IRM du cerveau qui s’affine, une meilleure compréhension des origines génétiques et la psychiatrie de précision qui permettra de personnaliser les traitements, un autre enjeu crucial. Enfin, et c’est tout l’angle d’attaque d’Argos 2001, la pair-aidance, préconisée par l’Organisation mondiale de la santé, est une véritable solution d’avenir : rompre l’isolement représente le meilleur remède anti-suicide et le partage d’expériences peut vraiment faire gagner du temps. Quand on sait qu’on sera malade toute notre vie, c’est essentiel. Quand je confie aux adhérents que je suis asymptomatique depuis trois ans, ça leur donne beaucoup d’espoir. »

photo élodie schwab propose une conférence gesticulée intitulée \\

Élodie Schwab propose une conférence gesticulée intitulée \

Dimanche 29 mars, Élodie Schwab, qui se définit comme une artiste intermittente de la folie, en équilibre sur le fil de la vie dans un monde malade produira un spectacle intitulé To be or not to bipolaire. Diagnostiquée à 26 ans, elle ose dire ses difficultés de ce handicap invisible, parler de l’enfermement, et du parcours de soin. Cette conférence gesticulée aura lieu au sein du foyer du Césame à Sainte-Gemmes-sur-Loire, l’occasion de dédiaboliser l’hôpital psychiatrique, précise Marion Tessier. Elle sera suivie d’un échange et d’un goûter partagé. L’événement est gratuit mais soumis à réservation via ce formulaire en ligne.

En cas de crise, l’Unité psychiatrique d’accueil et d’orientation est joignable 24 heures/24 7 jours/7 au 02 41 80 75 00. La ligne nationale d’écoute d’ARGOS 2001 est disponible du lundi au vendredi de 10 heures à 13 heures au 01 46 28 01 03. Contact à Angers : Marion Tessier 06 35 88 64 15 ou maine-et-loire@argos2001.fr.

 
Camille Rivieccio    Courrier de l'Ouest  

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