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Doué-en-Anjou. « L’avenir de l’agriculture est incertain »... |
La ferme est familiale depuis 80 ans. Je suis installé depuis 2002, mais mes parents et la génération précédente travaillaient déjà sur l’exploitation. À l’origine, il y avait des vaches laitières. Aujourd’hui, nous sommes exclusivement en vaches à viande
, explique l’exploitant Laurent Chaudelet.
Il partage également ses inquiétudes concernant l’avenir : On a subi deux mauvaises années climatiques qui nous ont coûté très cher. On a du mal à s’en relever. Beaucoup d’entreprises agricoles, même solides, peuvent être mises en difficulté.
Éleveur de 400 bovins, céréalier sur 150 hectares et maraîcher sur 10 hectares, Laurent confie : Malgré cette diversification, aujourd’hui, on ne dégage plus de revenus. En trois ans, le prix des céréales est passé de 300 € la tonne à 156 €. Dans le même temps, les charges ont explosé : les engrais ont augmenté d’environ 40 %, le matériel aussi.
Et de poursuivre : Pour financer les semis ou les traitements, on emprunte de l’argent que l’on remboursera à la récolte. On emprunte même sur la PAC pour maintenir la trésorerie. Toute l’année, c’est tendu.
Les bocaux représentent, selon lui, une niche : Ce sera en tout cas un complément. Une niche. Cela ne sauvera pas l’exploitation, mais ce sont parfois les petites gouttes d’eau qui font les rivières. L’avenir de l’agriculture est incertain. Si rien ne change sur les prix d’achat, beaucoup d’exploitations comme la nôtre pourraient disparaître. On risque d’aller vers des structures toujours plus grandes. Ce n’est pas forcément le modèle que nous souhaitons, mais la pression économique nous y pousse.
Et de conclure : Mon fils veut s’installer un jour. Ça me fait peur. On espère que les choses évolueront positivement d’ici-là.