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Doué-en-Anjou. Ces témoignages du patrimoine... |
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Au jardin des Fontaines, les deux constructions en tuffeau ont été restaurées. © CO
La requalification urbaine peut aller de pair avec la préservation de l’héritage local. En témoigne la rénovation de la place des Fontaines.
À Doué-la-Fontaine, la rénovation de la place des Fontaines s’inscrit dans un projet global engagé dès 2014 pour requalifier l’entrée de l’avenue Saint-Exupéry. Pensée dans une approche d’ensemble, elle intègre le parc des Fontaines (ancien jardin de la MSA), le bâtiment Chasles démoli en 2020 et le parking attenant. Ce chantier marque le début d’une transformation progressive du quartier, appelée à se poursuivre jusqu’en 2027.
Pour Michel Delphin, ancien adjoint, cette opération répond à une double exigence : On a travaillé sur cet espace avec l’opération Petite ville de demain. Auparavant, c’était déjà engagé avec Cœur de ville. Ce sont des opérations pour restructurer les espaces, mais on a aussi la mission de garder des témoignages de notre patrimoine. On aurait pu le détruire sans opposition, mais on l’a conservé plutôt que travailler dans une restructuration à bas coût.
Ces constructions traversent les styles
Ce choix se traduit notamment par la restauration de deux édicules en tuffeau, pour un montant de 40 000 €. Il a fallu refaire toute la partie pierre en tuffeau et les toitures, avec charpente et ardoise. La toiture a été reprise de A à Z
, précise-t-il.
Souvent perçues comme de petites chapelles, ces constructions ont pourtant une autre vocation. Laurent Aubineau, service animation du patrimoine de Doué-en-Anjou, rappelle qu’ il ne s’agit ni de lieux de culte ni de monuments funéraires mais d’abris de jardin de luxe.
Autrefois reliés par une serre, ces pavillons étaient encore utilisés par les services municipaux à la fin des années 1980.
Les archives indiquent qu’en 1856, le notaire Louis-Philippe Lamarque fit bâtir une maison sur cette parcelle. Le style des édicules laisse penser qu’ils datent de la même époque. La serre, orientée au sud, pouvait même servir d’orangerie.
Ces pavillons s’inscrivent dans une tradition ancienne. Apparues dès le XVIIe siècle dans les jardins de la Renaissance, ces constructions d’agrément ont traversé les styles, des jardins baroques aux parcs romantiques à l’anglaise. Tantôt orangeries, tantôt pavillons d’ornement, elles témoignent d’un art de vivre où architecture et paysage dialoguent.
Avec cette rénovation, la place des Fontaines redevient un lieu emblématique, à la croisée de l’histoire et du cadre de vie contemporain.