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Découvrez la face cachée de la cité... |
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Muni de son inséparable classeur bleu, Jürgen Bartelheimer ne peut s'empêcher de ponctuer sa visite d'Angers de citations de célèbres auteurs qui y ont séjourné.
Angers. Jürgen Bartelheimer est guide conférencier pour l'office de tourisme. L'été, il fait la lumière sur les trésors d'une ville quelque peu complexée.
Le château d'Angers est ce que la Tour Eiffel est à Paris. Le patrimoine de référence de la ville. Le monument incontournable pour le simple automobiliste de la voie rapide. Le passage obligé pour le touriste lambda. Mais résumer la préfecture de Maine-et-Loire à cet héritage du roi René serait mésestimer la richesse angevine.
Jürgen Bartelheimer et son inséparable classeur bleu vous invitent à ouvrir vos yeux. À lever la tête. A prendre le temps de (re)découvrir des traces du passé que l'on a trop tendance à occulter.
A commencer par ce mur d'enceinte de la rue Toussaint. « On le remarque plus en hiver, quand les arbres ne sont pas en fleurs, nuance-t-il comme pour dédouaner les passants indifférents.
Avant de s'enthousiasmer : « Regardez la facture de ce mur romain ! Quatre rangées de pierres grossièrement taillées, puis deux de briques. Cet alliage de solidité et d'esthétique qui a traversé les siècles, ce n'est quand même pas rien ! »
La balade se poursuit, ensuite, dans le quartier ecclésiastique. L'heure est venue de gratter un peu derrière les façades en tuffeau et de crépi de la rue du Musée.
« Difficile à croire, mais Angers a longtemps été surnommée la « ville noire », lance-t-il en citant Henry James, écrivain anglo-saxon du XIXe siècle. La faute à l'omniprésence du schiste sur les toits des maisons et dans les murs. »
La Tour Saint-Aubin sauvée par le plomb
Matériau noble utilisé pour bâtir les palais et les églises, le schiste a été recouvert, depuis, par la pierre blanche extraite des carrières des bords de Loire. Un camouflage en règle, pour une ville qui souhaitait se départir de sa sombre réputation. Au risque de perdre tout ce qui en faisait sa spécificité.
La tour Saint-Aubin a, elle aussi, failli disparaître. Vouée à être rasée par le préfet de l'époque, elle n'a dû son salut qu'à un entrepreneur de plombs de chasse ! « Celui-ci avait besoin d'un bâtiment d'une hauteur d'une trentaine de mètres pour faire fondre, arrondir et durcir son plomb, explique Jürgen. Grâce à lui, la tour a eu un sursis. » Juste ce qu'il a fallu pour qu'elle soit ensuite classée monument historique.
Après la ville religieuse, les artères commerçantes et les boulevards haussmanniens s'offrent à vous. Impossible de ne pas finir par une halte devant la maison d'Adam, qui date du XVe siècle. Pour ses colombages. Ou, peut-être, comme l'a écrit Anatole France, « pour les armes parlantes du père Tricouillard ». A vous de voir.
Julien RENON.
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• Tous les lundis, jusqu'au 25 août. Tous les samedis, jusqu'au 30 août. Départ à 16 h 30, de l'office de tourisme, 7, place Kennedy à Angers (durée de la visite : 1 h 30).
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Tarifs. Plein tarif : 7 € ; tarif réduit : 5,50 € (étudiants, juniors de 12 à 18 ans, demandeurs d'emploi, personnes handicapées, détenteurs des cartes Cezam et Partenaires) ; gratuit pour les moins de 12 ans et possesseurs du City Pass. Possibilité d'accueil de personnes à mobilité réduite sur inscription.